Julie Picard: symboles pliables

Grand déploiement, 2008... (Martin Côté)

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Grand déploiement, 2008

Martin Côté

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Julie Picard crée des objets géants en alvéoles de papier qui, au-delà de leur aspect festif, parlent d'enjeux sociaux et écologiques. Il y a déjà un moment que l'artiste a exposé dans la région de Québec, mais c'est à la Chambre blanche qu'elle a décidé de confier la réalisation de sa monographie, Mettre sur papier.

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Guillaume D. Cyr

La publication, sobre et aérée, est plus près du livre d'art artisanal que du lourd catalogue de musée. On y découvre, au fil des images et à la lumière des textes Figures et sens du déploiement de Jacqueline Bouchard et L'âge du papier d'Anne-Marie Bouchard des pistes de réflexion intéressantes sur l'oeuvre de cette artiste engagée. Le design graphique est signé par Marie-Ève Tourigny.

Étudiante, Julie Picard plaçait déjà le papier au coeur de sa pratique en performance. Lorsque la sculpteure a obtenu son diplôme de l'Université, sa matière de prédilection était toujours au coeur de sa démarche. Le matériau maniable et pauvre, qui lui permet de réaliser des formes légères qui se déploient en multitudes d'alvéoles, contribue à la fois au fond et à la forme des oeuvres. «Le papier contient tout ce que je veux dire : le côté éphémère de l'existence, le recyclage, le fait main, le déploiement des possibles», indique Julie Picard.

Ses créations s'accordent au temps présent et utilisent des symboles reconnaissables de la culture populaire : cornet de crème glacée à l'américaine, trophées, papier journal, roue de fortune, images clinquantes de circulaires.

Lorsque ses oeuvres de papier font partie d'interventions brèves dans l'espace urbain, elles ne durent parfois que le temps d'un orage. Comme une volée de pigeons de papier journal, déployée dans Pigeon Park, à Vancouver, un lieu que les autorités ont voulu «nettoyer» des junkies avant la tenue des Jeux olympiques. L'artiste s'y est rendue après avoir remporté un prix Videre et une médaille d'or aux Jeux de la francophonie à Beyrouth.

Un de ses cornets de crème glacée en papier journal est présentement à la Triennale internationale de papier Global Paper Stadtmuseum and Handwerksmuseum, en Allemagne.

La jeune femme, qui a été directrice de l'organisme communautaire L'îlot Fleurie avant de s'impliquer à Est-Nord-Est à Saint-Jean-Port-Joli, a étudié en métiers d'art, après ses études en arts visuels, pour apprendre le tissage. «La manière dont je travaillais le papier, par couches et par strates, appelait la fibre. Je n'étais pas très loin d'une construction textile, alors je suis allée au bout de l'idée», explique l'artiste, qui s'est approprié la technique industrielle qui permet de faire des décorations pliables pour la ramener au niveau artisanal.

«Il y a pour moi dans la décoration, la fête, une image de l'éphémère. Comme la crème glacée qui fond», illustre-t-elle. À cette idée, elle conjugue une volonté de laisser sa trace.

«Son art est rempli d'antithèses. Il est éphémère sans l'être, profane tout en voulant sacraliser des décorations de camelote», souligne Jacqueline Bouchard, qui pose un regard anthropologique et poétique sur la pratique de Picard.

Quant à Anne-Marie Bouchard, conservatrice de l'art moderne au Musée national des beaux-arts du Québec, qui s'est intéressée dans ses propres recherches aux journaux anarchistes, elle y pose un regard critique et politisé.

Info : www.juliepicard.net

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Fins déracinements

Fanny H-Levy expose d'émouvants dessins empreints de finesse regroupés sous l'appellation Corps étranger à la bibliothèque Gabrielle-Roy. Des visages et des lignes organiques, entre fleurs, arbres et champignons, s'y agglomèrent. Nourrie par ses réflexions sur son statut d'immigrante et son identité en mutation, «à la fois déracinée et renaissante», la diplômée de l'Université Paris-Sorbonne signe des oeuvres composites, qui naviguent entre nature et inconscient. En 2011, l'artiste signait la très belle installation Au bout du fil au Cercle, faite de portraits de femmes, qu'on pouvait libérer en coupant les fils qui les retenaient au plafond. L'exposition se poursuit jusqu'au 16 juin.

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Dehors/Dedans nouvelle mouture

La très chouette exposition pour la famille Dehors/Dedans, créée par Les Incomplètes, renaît et se morcelle dans les bibliothèques Gabrielle-Roy, Monique-Corriveau et Félix-Leclerc cet été, avant de s'installer dans la future galerie famille du Musée national de beaux-arts en 2016. En 2013, Marie-Pier Lebeau et Pierre Brassard avaient imaginé des maisonnettes de paille, de nuages, d'eau et de bois où les tout-petits pouvaient entrer en contact intime avec des oeuvres choisies de la collection Prêts d'oeuvres d'art. Cette fois, un espace de lecture jouxte de nouvelles maisonnettes baptisées Archipel, Jardin et Fleuve. On y trouve de nouvelles oeuvres, enveloppées par les ambiances sonores de Fred Lebrasseur. Jusqu'au 16 juillet.

Info : www.mnbaq.org et www.lesincompletes.com 

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