Bas les masques, BGL

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Sébastien Giguère (G), Jasmin Bilodeau (B) et Nicolas Laverdière (L) forment le trio BGL.

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(Québec) Depuis son passage à l'École des arts visuels de l'Université Laval, BGL a développé une aura presque légendaire pour beaucoup d'amateurs d'art actuel. Si ses installations et ses performances ont une saveur d'irrévérence, d'ironie et d'humour facilement reconnaissable, le trio formé de Jasmin Bilodeau, de Sébastien Giguère et de Nicolas Laverdière ne cesse toutefois de surprendre en repoussant sans cesse les limites du possible.

En épluchant leur site Web, contenant peu de textes, mais beaucoup de visuel qui fait sourire et laisse place à l'interprétation (à leur image, quoi), on tombe sur des merveilles. Comme des photos du Manège, une délirante bascule tournoyante échafaudée à l'îlot Fleurie, parmi une montagne de détritus.

BGL joue avec les camions, les VTT, les flèches d'Indien, les jouets pour adulte et, parfois, les magazines Playboy. Ils jouent à refaire, mieux, leurs projets préférés. «Toutes nos premières années d'expérimentations nous servent. C'est comme si on s'était écrit un livre de recettes», illustre Sébastien G.

Ils jouent aussi avec les conventions. Lancer 20 000 $ en coupures de 20 $ dans la baie vitrée du Musée des beaux-arts du Canada? Pourquoi pas! À partir d'une fascination esthétique pour le miroitant papier qui tombe, BGL pose un questionnement sur l'argent comme fondement économique de notre civilisation.

L'environnement et la sauvegarde des ressources naturelles a souvent été au coeur de leur démarche. Ils ont fait pousser leur lot de végétation dans les galeries et les musées québécois plus souvent qu'à leur tour. Bois, eau, terre, feu ont maintes fois été au coeur de leurs oeuvres. Le discours, toutefois, est toujours subtil, jamais criard, mais après l'effet de surprise et de francs éclats de rire, le visiteur observe et réfléchit.

Costumes flamboyants

Les costumes flamboyants et pleinement assumés ont longtemps été leur marque de commerce. On les a vus en coureurs automobiles, habitants aux dents noircies, cerbères en poncho, voire serveurs incognito à leur propre vernissage... Mais on ne les verra plus, ou très peu, sur des photos portraits. «Nous serons les Réjean Ducharme de l'art actuel», annonce Jasmin B.

«On s'est souvent fait mettre en boîte», explique-t-il. Ou mal cités, ou récupérés politiquement sans leur consentement. Ils mettent les freins sur la parade (et sur les demandes de bourses) et plus d'énergie sur leurs multiples projets. Pour leurs 20 ans, qui approchent à grands pas, ils nous promettent quelque chose à leur image au Musée national des beaux-arts du Québec, en 2017.

La vélocité des lieux, BGL... (Photo fournie par BGL) - image 2.0

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La vélocité des lieux, BGL

Photo fournie par BGL

Le dernier étage... (Photo Ivan Binet) - image 2.1

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Le dernier étage

Photo Ivan Binet

Le trio en cinq oeuvres

1. La vélocité des lieux

Le réaménagement du carrefour Henri-Bourassa-Pie-IX à Montréal-Nord permettra bientôt à BGL de signer l'un des projets d'art public les plus visibles - et le plus coûteux, à 1,1 million $ - au Québec. La vélocité des lieux, une immense grande roue colorée faite de formes d'autobus courbés, sera à la fois un point de convergence du réseau de transport en commun et la marque d'une «entrée de ville distinctive», indique-t-on sur le site Web de Montréal-Nord 2020. Le trio a également signé des projets d'intégration des arts à l'architecture à la Maison symphonique, au parc Ferland dans Limoilou et à la Cité de la santé de Laval, entre autres.

2. Le dernier étage

On se souviendra longtemps de la toute dernière station du spectacle déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant... 2 au Carrefour international de théâtre de Québec. Juchée au dernier étage d'un stationnement du quartier Saint-Roch, l'installation de BGL, agrémentée de fanions rappelant les concessionnaires automobiles, était en quelque sorte une nouvelle mouture de Taxi Chicha Muffler, créé au Cultural Hijack, à Londres en 2013. Les spectateurs étaient invités à aspirer des vapeurs de fruits dans des chichas de fortune activées par des moteurs de voitures renversées sur le côté. De quoi donner une aura illicite au parcours sous les étoiles.

Jouet d'adulte, BGL... (Photo BGL) - image 3.0

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Jouet d'adulte, BGL

Photo BGL

Le club, BGL... (Photo Natalie Jean) - image 3.1

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Le club, BGL

Photo Natalie Jean

3. Jouet d'adulte

Le véhicule tout-terrain abattu par les flèches et se vidant au bout de son huile est une des oeuvres les plus connues et les plus exposées du trio de Québec. Entre 2003 et 2010, elle a été exposée (sous différentes moutures) à Saint-Sylvestre, à Québec (galerie Lacerte), à Montréal (galerie Art Mûr), à Edmonton et à New York, tant à l'extérieur qu'en galerie. En plaçant le véhicule polluant dans la position d'une proie et en faisant référence à la chasse comme activité traditionnelle, BGL aborde la question de l'environnement, avec le mélange d'ironie et de ludisme qui le caractérise.

4. Le club

En 2008, pour le 400e anniversaire de la Ville de Québec, BGL installe sur les quais du bassin Louise de luxueux fauteuils à pédaliers, une longue table sertie de pyramides de coupes à champagne et des milliers de petits fanions bleus qui oscillent au-dessus de l'eau. Le club a des allures de fête. Lorsque les visiteurs pédalent, de l'eau du fleuve gicle et transforme les pyramides en fontaines qui s'illuminent le soir venu, produisant un magnifique effet. Ici, c'est l'immobilisme du Québec en matière de préservation de l'eau qui agit comme sous-texte.

Canada de fantaisie, BGL... (Photo MASS MoCA) - image 4.0

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Canada de fantaisie, BGL

Photo MASS MoCA

5. Carrousel

Vous l'aurez remarqué, BGL recycle ses bonnes idées. Carrousel, un manège tournant fait à partir des clôtures de métal qu'on utilise pour contenir les foules et de paniers d'épicerie (Nuit blanche Calgary en 2012 et Festival FASS à Sudbury en 2014), est une variation de Canada de fantaisie, présenté au MASS MoCA à North Adams en 2012. Les sièges étaient alors faits de clôtures incurvées, tandis qu'une couche de rouille semblait coiffer le haut du manège entouré de drapeaux multicolores. Mais la vraie source de l'oeuvre remonterait à 2002 avec Le manège, à l'îlot Fleurie, un carrousel précaire sis au milieu des ordures.

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