Josée Landry-Sirois: les turbulences humaines

Le temps et le coeur se déploient à... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le temps et le coeur se déploient à l'unisson dans une logique alchimique et les humains réagissent selon leur vraie nature devant les catastrophes inéluctables dans l'univers de Josée Landry-Sirois.

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(Québec) Pour Josée Landry-Sirois, l'intime est une contrée balayée par de fulgurants vertiges et secouée par de magnifiques et terrifiants séismes.

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Celle qui a signé les fabuleux  décors de papier de la pièce Scalpée, d'Anne-Marie Olivier, expose ses cartographies de l'invisible et artefacts du quotidien à la galerie Michel Guimont dans un solo d'une cohérence et d'une beauté renouvelées. Quelque chose s'est affiné dans sa démarche dont les grandes lignes étaient déjà tracées : du papier, des rognures, des ratures, un sens prononcé du trait et des couleurs, et surtout une volonté de mettre de l'ordre dans le chaos de la condition humaine, en puisant aux outils scientifiques et aux idées mystiques.

Elle a abordé sa résidence dans la métropole, au studio du Conseil des arts et des lettres du Québec, comme une retraite intérieure, un nécessaire retour sur soi. «J'ai commencé à lire beaucoup d'articles et d'ouvrages sur le ciel, le tonnerre, les phénomènes de prismes, plein de trucs autour de la physique. Je ne comprenais pas tous les détails, mais ça me permettait de poser un regard poétique sur ces phénomènes», raconte-t-elle. 

Elle y fait une rencontre déterminante avec Carlos, aveugle de naissance, avec qui elle multiplie les conversations sur l'invisible et les forces plus grandes que soi. «C'est devenu ma muse et mon meilleur ami», affirme l'artiste de Québec. La démarche lui inspire l'exposition Les lignes de vie à la Maison de la culture Mont-Royal, puis Volcans, chez Michel Guimont.

Traçant un parallèle entre les moments où la nature se révolte et ses propres tumultes d'émotions, elle parle avec animation de ces menaces qu'on regarde de loin, parce qu'elles sont belles et impressionnantes, mais qui peuvent devenir terribles et destructrices. «Notre coeur et notre corps portent des turbulences, et lorsqu'elles s'activent, on est vivants, survivants, en parallèle avec toutes les forces de la nature», synthétise-t-elle.

L'influence de Von Trier

Bien ancrés dans ce déferlement continuel, quelques fondements s'imposent : la vie, la foi, l'amour, la volonté, mots dont on peut parfois lire la trace au travers des dessins. Et presque toujours, une légende, une échelle, un barème, qui incite à lire l'oeuvre comme une carte topographique.

«Imaginons un axe vertical traversé par un axe horizontal où il y a le tragique et le sublime et à travers ça, il y a des deuils qui passent», propose l'artiste, marquée par le film Melancholia de Lars Von Trier, où un hypnotisant météore s'apprête à détruire la Terre. Dans l'univers de Josée Landry-Sirois, le temps et le coeur s'arrêtent et se déploient à l'unisson dans une logique alchimique et les humains réagissent selon leur vraie nature devant les catastrophes inéluctables.

Au corpus de dessins, elle ajoute quelques photographies, dont des pièces de la série La tribu, qui montre des guêpes déposées sur des pièces de céramique cendrées au pinceau. «Pour moi, c'est hypersensuel. Est-ce qu'elles sont en train de faire l'amour ou en train de mourir? C'est un recueillement», indique-t-elle. Les tueuses graciles sont recroquevillées, emportées par une danse de somnambules.

Ces images captées marquent un retour aux sources pour celle qui scanne et inventorie depuis l'enfance la moindre parcelle de vie. La collectionneuse de larmes, de gommes, de scories a fait flotter ses artefacts du quotidien dans des boules transparentes, des presse-papiers pour aller avec ses collages et des dessins. «Oui, c'est ludique, c'est bonbon, mais ce sont de petites morts qu'on met sous verre», observe-t-elle.

Ces petits objets attirent l'oeil, émerveillent et nous touchent d'une étrange manière. Les retailles de crayons n'ont rien à envier, finalement, aux ailes de papillon.

L'exposition se poursuit jusqu'à demain au 273, rue Saint-Paul.

P.K.P. Hockey P.Q., au Lieu... (Photo Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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P.K.P. Hockey P.Q., au Lieu

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En bref

Ça sent la coupe!

Sous le regard de Régis Labeaume lançant «Patinage libre!», de Pierre Karl Péladeau s'écriant «On va l'avoir notre permis de bière!», de Gary Bettman qui lance «Deal with it» et de Marcel Aubut enlaçant Vladimir Poutine se dressent 24 coupes Stanley en papier d'aluminium. Dans la vitrine du Lieu, une 25e fait de l'oeil aux passants et au plafond pendent des fanions des numéros de chandail retirés des Glorieux. L'installation, baptisée P.K.P. Hockey P.Q., est une fabulation de Marc-Antoine K. Phaneuf. «L'idée, ce n'est pas tant de donner une vérité que de semer des réflexions», indique-t-il. Le petit musée d'objets factices à la gloire du Canadien, encerclé par le dialogue de sourd des hommes politiques ayant le pouvoir de ramener les Nordiques, engendre effectivement questionnements et sourires. Au 345, rue du Pont, Québec, jusqu'à demain.

Une oeuvre d'Antoine Lortie Laporte... - image 3.0

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Une oeuvre d'Antoine Lortie Laporte

Le maître et l'apprenti

Antoine Lortie Laporte a travaillé dans l'atelier du renommé Paul Béliveau en tant qu'apprenti avant d'exposer à ses côtés à la galerie Louise-Carrier. Le maître présente quatre retables (des panneaux montrant deux oeuvres et s'ouvrant pour en révéler trois autres) sur le thème des éléments et des pièces de la série Capture, où des images tirées du Web ont été coulées dans le béton. L'élève, quant à lui, signe des natures mortes sur objets trouvés et des acryliques sur bois très colorées. La démarche de Béliveau, plus réfléchie, référentielle et figurative, fait contrepoids à l'imagination libre et sautillante de Lortie Laporte. Les deux énergies se répondent et se dosent et l'alternance des oeuvres offre de riches allers-retours mentaux et sensoriels au visiteur. Au 33, rue Wolfe, Lévis, jusqu'au 10 mai.

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