Eveline Boulva: territoires en transit

Eveline Boulva recompose des prises de vue feuillues,... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche)

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Eveline Boulva recompose des prises de vue feuillues, ponctuées d'un vert tendre qui a un je-ne-sais-quoi d'idyllique et de surréel.

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Eveline Boulva nous offre une exposition binaire à la galerie Lacerte. D'un côté, une nature dense et verte à l'aura mythique; de l'autre, l'urbanité poétisée et cartographiée au graphite. Entre les deux, la campagne, marquée au fer rouge de l'industrialisation.

Errance VII, d'Eveline Boulva... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche) - image 1.0

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Errance VII, d'Eveline Boulva

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Les urbanités, scène 1, d'Éveline Boulva ... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche) - image 1.1

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Les urbanités, scène 1, d'Éveline Boulva 

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

L'axe nature-culture se déploie tout en délicatesse et en nuances sous les doigts de l'artiste, qui documente autant qu'elle poétise, esquisse et dévoile ces paysages en transit.

Des prises de vue feuillues, ponctuées d'un vert tendre qui a un je-ne-sais-quoi d'idyllique et de surréel, sont regroupées dans une des ailes de la galerie. «C'est une nature très dense, fantasmée», souligne Eveline Boulva. Ces paradis perdus ont toutefois des balises bien établies. L'humain n'est pas loin, comme le rappelle un panneau signalétique posé dans l'une des toiles. Dans l'oeil de l'artiste, «la nature sauvage en tant que telle devient presque un mythe», ou un idéal de beauté touristique...

Celle-ci documente des lieux réels en photographie et en vidéo, qui serviront de référence et d'inspiration pour ses oeuvres composites, faites de graphite, d'encre, d'acrylique et d'aquarelle. Pour les toiles «vertes», elle a fait sa collecte dans les forêts des Tropiques, en Indonésie et en Équateur.

Points rouges

Les paysages ruraux marqués par des signes d'industrialisation ont été placés au centre de la galerie en L. Derrière une fermette hantée par un âne décharné se dresse un champ de pylônes transportant des lignes électriques à haute tension. Les points rouges flottent dans le ciel, comme un avertissement. «En zone de guerre, des ballons rouges sont une des manières de signaler les fils électriques aux avions», explique Boulva.

Les images de références ont cette fois été prises en Israël et en Palestine, «mais le lieu spécifique n'a pas vraiment d'importance», indique l'artiste, qui crée des territoires comme on matérialise des idées.

«Je conjugue deux axes, celui du poétique et celui du rationnel», illustre-t-elle. Ses toiles urbaines, dont plusieurs vues d'une zone industrielle de Philadelphie prises lors d'un atterrissage, évoquent les dessins d'architecte et les cartes géographiques. «Dans le quadrillé, il y a un rapport à la perspective, à une vision très rationnelle du territoire plutôt qu'à une vision plus imaginée», explique-t-elle.

L'équilibre des compositions est soigneusement calibré entre les blancs et les dessins, denses et précis. Des touches de couleurs soigneusement choisies et des surfaces de peinture découpées au pochoir donnent un léger relief aux oeuvres.

Eveline Boulva, qui multiplie les voyages avec son conjoint géographe et documentariste, a exposé récemment à la Foire d'art contemporain de Paris et à la galerie Matignon, aussi dans la Ville lumière.

L'exposition Errances se poursuit jusqu'au 27 avril au 1, côte Dinan. Info : 418 692-1566

Jonathan Villeneuve dans Life Saver... (Photo Le Soleil, Patrice Laoche) - image 2.0

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Jonathan Villeneuve dans Life Saver

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Gabriel Morest, devant La butte de l'idolâtrie... (Photo Le Soleil, Patrice Laoche) - image 2.1

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Gabriel Morest, devant La butte de l'idolâtrie

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Jonathan Villeneuve: après le déluge et avant l'amphithéâtre

Avant de plonger dans la création de l'oeuvre Le grand bleu du Nord, qui a été choisie pour le nouvel amphithéâtre, le Montréalais Jonathan Villeneuve présente deux machines poétiques dans l'exposition Après moi le déluge à la grande galerie de l'OEil de Poisson.

La première, Sérénade, est un hybride entre une tondeuse, une boîte à musique et un jukebox. Lorsqu'on y insère une pièce, ou lorsqu'on la promène, elle joue la chanson Are You Lonesome Tonight. Une vidéo, tournée lors d'une résidence au centre Est-Nord-Est à Saint-Jean-Port-Joli, nous montre justement Thierry Marceau incarnant Elvis et promenant ladite machine à travers le village et les environs.

«C'est une critique de la société post-industrielle de l'après-guerre, de l'apologie de la nostalgie», explique Villeneuve. «Elvis est un mythe qui persiste, la machine est un loop sans fin.»

Life Saver est quant à elle née d'une résidence au National Music Centre, à Calgary, lors de laquelle l'artiste a pu puiser dans les instruments endommagés par des inondations. Le récit du déluge «presque biblique», du sauvetage de la collection et le spectacle des plaisanciers descendant la rivière redevenue calme à bord de bateaux pneumatiques ont inspiré une fusion entre deux harmoniums et un canot de sauvetage. Le tout a été garni d'un parasol et de skis et joue la pièce d'ouverture du Fantôme de l'opéra.

Chaque construction requiert un montage et un démontage organisé qui, une fois dessiné, ressemble un peu à des plans Lego. «C'est de l'artisanat industriel», note-t-il.

Les blocs seront aussi présents dans Le grand bleu du Nord, un bas-relief numérique, un écran-mosaïque, montrant un paysage d'hiver construit dans un environnement de jeu vidéo. L'oeuvre, installée en juillet, sera branchée sur les caméras de surveillance de l'amphithéâtre, ce qui lui permettra de s'animer en même temps que lui, selon l'achalandage. Organicus, la couronne lumineuse qui coiffe l'École de cirque dans Limoilou, est aussi signée Villeneuve.

Gabriel Morest

Dans la petite galerie, Gabriel Morest présente La butte de l'idolâtrie, une série de sculptures hétéroclites, ludiques et vaguement inquiétantes montées sur des piédestaux. Ces silhouettes, qui rappellent à la fois les sculptures antiques et les toiles de Dalí, se veulent une réflexion sur la notion d'icône, qui fait un intéressant écho à l'exposition de Charles Fleury présentée à VU, juste à côté.

Les deux expositions sont présentées jusqu'au 26 avril, au 580, côte d'Abraham.

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