Bill Vincent: parabole d'alchimiste

  • <em>Sink</em> (1972), gravure sur liinoléum (Le Soleil, Erick Labbé)

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    Sink (1972), gravure sur liinoléum

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • La plaque de linoléum qui a servi à imprimer <em>Sink</em> (Le Soleil, Erick Labbé)

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    La plaque de linoléum qui a servi à imprimer Sink

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • <em>La grange</em> (1972), gravure sur bois (Le Soleil, Erick Labbé)

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    La grange (1972), gravure sur bois

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • <em>Porte condamnée</em> (1987), acrylique et crayon sur toile (Le Soleil, Erick Labbé)

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    Porte condamnée (1987), acrylique et crayon sur toile

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • De la série <em>Danseurs</em> (1996), gravure sur bois imprimée sur papier goudron (Le Soleil, Erick Labbé)

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    De la série Danseurs (1996), gravure sur bois imprimée sur papier goudron

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • <em>Giant's Leap</em> (1989), acrulique sur bois gravé (Le Soleil, Erick Labbé)

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    Giant's Leap (1989), acrulique sur bois gravé

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • <em>Crackflowers</em> (2006), collagraphie et album des matrices (Le Soleil, Erick Labbé)

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    Crackflowers (2006), collagraphie et album des matrices

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • Détail de <em>Lord of the Oysters</em> (1990), acrylique sur bois gravé et brûlé (Le Soleil, Erick Labbé)

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    Détail de Lord of the Oysters (1990), acrylique sur bois gravé et brûlé

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • À gauche:<em> Lord of the Oysters</em> (1990), acrylique sur bois gravé et brûlé (Le Soleil, Erick Labbé)

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    À gauche: Lord of the Oysters (1990), acrylique sur bois gravé et brûlé

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • <em>Vanitas: memento mori</em> (2001), acrylique, crayon, goudron et papier goudron sur bois gravé (Le Soleil, Erick Labbé)

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    Vanitas: memento mori (2001), acrylique, crayon, goudron et papier goudron sur bois gravé

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • Bill Vincent devant son oeuvre <em>Blue Seed</em> (2004), acrylique sur bois, vernis, acier, néon (Le Soleil, Erick Labbé)

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    Bill Vincent devant son oeuvre Blue Seed (2004), acrylique sur bois, vernis, acier, néon

    Le Soleil, Erick Labbé

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  • <em>De Consciencia</em> (2013), gravure sur plexiglas, acier, DEL (Le Soleil, Erick Labbé)

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    De Consciencia (2013), gravure sur plexiglas, acier, DEL

    Le Soleil, Erick Labbé

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Bill Vincent crée des oeuvres organiques, qui s'enracinent dans des notions d'architecture, d'anatomie, de botanique, d'anthropologie et de spiritualité. Depuis 40 ans, il multiplie les mélanges alchimiques, les collages et les techniques mixtes, dans une perpétuelle quête de sens et de sensations.

L'exposition Enracinements/Grounding, la rétrospective qui lui est consacrée à la Maison Hamel-Bruneau, comprend une soigneuse sélection d'oeuvres représentatives des principales phases du travail de l'artiste ontarien, qui a passé les deux tiers de sa vie à Québec. L'amour (bien sûr) l'y a attiré, mais ce sont la vitalité artistique et la ville elle-même qui l'ont retenu.

Dès son arrivée au début des années 70, Bill Vincent s'implique activement à l'Atelier de réalisations graphiques, aujourd'hui Engramme. La gravure, qui lui permet d'affiner son dessin et ses clairs-obscurs, influencera toute sa production, autant en peinture que dans ses projets d'intégration des arts à l'architecture, dont ceux de la bibliothèque Paul-Aimé Paiement et de la caserne de pompiers de Lebourgneuf.

Ses premières gravures, sur bois ou sur linoléum, montrent des scènes du quartier Saint-Jean-Baptiste, où étaient rassemblés les artistes bohèmes, et des paysages de l'Ouest canadien, où il allait renflouer ses coffres en travaillant sur des bateaux ou des fermes pendant l'été afin de pouvoir consacrer ses hivers à l'art.

Il retourne à la peinture dans les années 80, lorsqu'il obtient un petit atelier dans le Vieux-Port. Ses oeuvres sont alors remplies de portes et d'escaliers, à l'image de son parcours journalier entre la haute et la basse ville. «Je fonctionnais comme en gravure, couche sur couche», note le peintre, qui s'est plongé dans ses recherches sur l'architecture et sur ses origines irlandaises. Il leur rend toujours hommage, d'ailleurs, en chantant dans le groupe Matching Keys. Bien sûr, James Joyce est son auteur de prédilection.

Sa Suite mégalithique est inspirée de photos prises en Irlande, lors d'un voyage presque initiatique pour documenter les dolmens. «Ils fonctionnent tous comme une horloge solaire, ils sont alignés sur les astres. C'était probablement une manière pour les peuples agricoles d'avoir un calendrier permanent», indique Bill Vincent.

Lui-même semble avoir cherché à créer sa propre synthèse du temps et de l'espace dans les oeuvres qui conjuguent ces formes néolithiques et des reliques trouvées dans les murs de son atelier, comme des feuilles de temps remplies par les couturières pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Beauté brute

Qu'il peigne à partir de négatifs ou qu'il retravaille les plaques qui servaient à faire ses gravures, Bill Vincent aime révéler l'envers des choses, leur squelette, leurs racines, leur essence primitive. Au fil du temps, ses architectures sont devenues organiques, végétales puis animales, inspirées des formes d'un verger familial décrépi et rongé par les vers ou de carcasses photographiées dans un abattoir. Les images qu'il a tirées d'inspirations aussi brutes sont d'une beauté saisissante.

Ses gravures, faites sur de vieux morceaux de bois avec une scie à chaîne et imprimées sur papier goudron, deviennent complètement hybrides. «La cire, le goudron, ce sont des matières qui ont connu beaucoup de transformations dans leur histoire et dans la nature. Elles ont un côté alchimique», explique l'artiste.

Lui-même joue à superposer des matières plus délicates, comme le poème Le bateau ivre de Rimbaud ou des échantillons de sa propre écriture, devenue texture illisible, dans ses constructions qui palpitent et attirent.

Le titre de sa série Castel Caro, présentée au centre de l'espace d'exposition, fait référence à un poème médiéval anglais. On peut traduire la formule par «château de chair». «Comme si le corps était juste une prison pour l'âme qui va un jour s'en libérer», explique-t-il.

On retrace l'évolution des obsessions artistiques de cet artiste si posé avec fascination. Les racines et tubercules deviennent veines et organes, et glissent vers des matériaux plus industriels (néon, métal, plexiglas gravé) qui rappellent directement ses créations intégrées à l'architecture.

Le dernier espace, consacré à sa série Bifurcation, nous ramène au bois, aux embranchements. «J'aime comment ça peut symboliser plein de choses, comme la manière dont notre pensée se déploie, ou comme une carte du destin.» Entre les mains de Bill Vincent, la condition humaine est un rhizome.

L'exposition Bill Vincent - Enracinements se poursuit jusqu'au 14 décembre du mercredi au dimanche de 13h à 17h à la Maison Hamel-Bruneau, au 2608, chemin Saint-Louis.

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