Myriam Laplante au Lieu: basculer et bousculer le monde

Pour Myriam Laplante, la performance, c'est un peu... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Pour Myriam Laplante, la performance, c'est un peu comme jouer à Tetris. On renverse, on construit et on transforme.

Le Soleil, Erick Labbé

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Josianne Desloges
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Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Myriam Laplante présente au Lieu une installation mixte, posée comme une énigme, qui est en fait le résultat de la performance qui a inauguré l'exposition. La performeuse a pris la fuite, ne reste que son image vidéo, une photographie penchée, une tour de bois et un tas, balayé sous un tapis.

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Myriam Laplante

Le Soleil, Erick Labbé

Le tout s'intitule En cas de doute, et invite justement à se poser des questions, sans nous donner de réponses toutes faites.

Lorsque nous avons rencontré l'artiste avant sa performance, nous nous trouvions devant un coquet petit salon, avec un fauteuil de velours rouge, une table d'appoint, des fleurs, un livre et des pantoufles usées avec amour. Le mur et le plancher étaient inversés, si bien que les chaussons se trouvaient fixés au mur, ce qui n'a pas manqué de nous faire sourire.

Tout comme le titre du livre que tenait Myriam Laplante lors de sa performance: L'étude de la phénoménologie du doute dans l'univers post-matériel de la performance contemporaine à travers l'étude de... La formule trace un cercle, si bien qu'elle tourne en rond et qu'on peut la lire à l'infini. Absurde et critique, bien sûr, de l'art de ceux qui conceptualisent plus qu'ils ne créent et de ceux qui en parlent pour ne rien dire.

Pendant la performance, l'artiste lisait tranquillement, dans une position «très Pilates», sans soutien pour le dos. Graduellement, elle disparaissait dans le fauteuil, avalée, pour en ressortir en posant mille questions tout en déconstruisant son décor penché pour mieux reconstruire autre chose, avec les débris. Du moins, selon le plan...

Pour Myriam Laplante, la performance, c'est un peu comme jouer à Tetris ou à La matrice. On renverse, on construit, on transforme. «Quand je me réveille le matin, j'ai toutes sortes d'idées, mais la plupart meurent avant 10h. Quand une idée persiste, j'ai envie de la concrétiser», résume-t-elle. «J'aime beaucoup jouer avec les dimensions spatiotemporelles, je suis devenue plus psychédélique. Avant, mon travail était plus politique.»

Après des études en art, linguistique et physique mathématique à l'Université d'Ottawa dans les années 70, Myriam Laplante a migré vers Montréal, puis New York, avant d'aller réfléchir à la suite en Italie, où elle demeure toujours - «ça fait 30 ans», précise-t-elle. Pourquoi délaisser le politique pour le psychédélique?

«C'est peut-être la prise de conscience que c'est toujours la même chose. Et la politique en Italie, c'est tellement insoutenable, qu'on a envie de s'évader ailleurs, dans la science-fiction», répond-elle.

Au sein du Black Market

À 60 ans, elle déborde d'énergie, et fait toujours partie du collectif du Black Market, qui n'existe qu'au gré des invitations des diffuseurs. Les 11 membres actifs viennent des quatre coins du monde. «C'est très anarchique, indique Mme Laplante avec un grand sourire. On ne se parle jamais de la performance, personne ne sait que ce que les autres vont faire.»

La performance naît donc dans l'instant, et des correspondances inattendues se tissent. Black Market est une société en miniature, qui se construit au fil des échanges.

Tout comme, finalement, sa performance En cas de doute, où elle pose près de 150 questions, de la plus triviale à la plus existentielle, au public. «Est-ce qu'Elvis est vraiment mort? Est-ce que j'ai fermé le gaz avant de partir? Où sont mes clés? Quelle heure est-il en Thaïlande? Est-ce que ça fait partie d'une conspiration cosmique ce qui se fait ici ce soir? Si Pinocchio dit que son nez va grandir, est-ce qu'il va s'allonger? Combien d'heures faut-il dormir la nuit?» énumère la performeuse. Dans une autre performance, Ce n'est que ceci et rien de plus (un clin d'oeil à Edgar Allan Poe), elle lançait ses questions à un corbeau. Ici, elle construit du doute et matérialise un flux de pensées, un amas d'angoisses ou de brèches dans l'opacité de l'univers.

Jusqu'au 7 décembre au 345, rue du Pont, Québec. Inf: inter-lelieu.org

Sympathiques Zoonies

Depuis dimanche, on peut voir une singulière série de dessins de créatures fantastiques de Grant Mathieu au Bal du lézard. L'artiste, mort en 2007, a surtout créé des oeuvres versant dans l'abstraction lyrique et faisant appel à diverses techniques. Il a laissé deux séries inachevées: The Pendergast Travelog, une suite de peintures abstraites en noir et blanc, et Les Zoonies, ces dessins d'êtres hybrides loufoques ou inquiétants. Ceux-ci se démarquent du reste de la production de Mathieu, qui a passé la plus grande partie de sa vie à Québec. L'exposition, ainsi que le recueil qui l'accompagne, est le fruit du travail de trois amies de l'artiste, Hélène Foley, Nicole Mc Clure et Valérie Henaire. On y trouve la quarantaine de dessins, des notes biographiques et de courts poèmes composés par l'artiste pour présenter ses créatures. Les sommes amassées avec la vente des oeuvres et du recueil seront versées au Fonds Grant-Mathieu, qui encourage les artistes émergents.

À voir au 1049, 3e Avenue, Québec. Info: 418 529-7473

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Les chorégraphies de Bougie

Alors que le Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul consacre une exposition à Louis-Pierre Bougie, la galerie Lacerte rend elle aussi hommage à l'artiste qu'elle représente depuis 1994, année où celui-ci a participé au Symposium de Baie-Saint-Paul. Dans ses compositions, les corps flottants, souvent estompés, semblent plonger dans des dimensions intemporelles et oniriques. Ils évoquent le côté intangible de l'existence, les voyages poétiques, les pensées qui valsent, et nous entraînent dans une chorégraphie hors du temps. La galerie présente une sélection de ses oeuvres couvrant près de 20 ans de création, dessinant ainsi un portrait pluriel de la production de Bougie, pionnier de l'estampe contemporaine québécoise, peintre et dessinateur, et fondateur de l'atelier circulaire à Montréal.

Jusqu'au 30 novembre au 1, côte Dinan, Québec. Info: 418 692-156

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