Marc Séguin: les heures rouges

  • Côté art actuel, on peut dire que l’été 2013 fut l’été Marc Séguin, avec la présentation d’une exposition rétrospective en deux volets des œuvres de l’artiste à la Maison Hamel-Bruneau et au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. Ici, on voit l'artiste entre «Deux têtes» et «Autoportrait no 18. (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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    Côté art actuel, on peut dire que l’été 2013 fut l’été Marc Séguin, avec la présentation d’une exposition rétrospective en deux volets des œuvres de l’artiste à la Maison Hamel-Bruneau et au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. Ici, on voit l'artiste entre «Deux têtes» et «Autoportrait no 18.

    Le Soleil, Pascal Ratthé

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  • À droite de l'image, on voit les deux petits formats «Bonhomme» et «Maison», réalisés en 2001. À L'origine, ces pièces étaient des toiles sur lesquelles Marc Séguin essuyait ses pinceaux. (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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    À droite de l'image, on voit les deux petits formats «Bonhomme» et «Maison», réalisés en 2001. À L'origine, ces pièces étaient des toiles sur lesquelles Marc Séguin essuyait ses pinceaux.

    Le Soleil, Pascal Ratthé

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  • Ruine 2, huile, fusain et cendre sur toile (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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    Ruine 2, huile, fusain et cendre sur toile

    Le Soleil, Pascal Ratthé

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  • Portrait of Roman Abramovich, huile, fusain et goudron sur toile (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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    Portrait of Roman Abramovich, huile, fusain et goudron sur toile

    Le Soleil, Pascal Ratthé

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  • Forêt numéro  6, huile sur toile (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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    Forêt numéro 6, huile sur toile

    Le Soleil, Pascal Ratthé

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  • Fahid Mohammed Ally  Msalam, huile et fusain sur toile (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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    Fahid Mohammed Ally Msalam, huile et fusain sur toile

    Le Soleil, Pascal Ratthé

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  • Paysage près de Essex - Royaume-Uni, huile sur toile (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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    Paysage près de Essex - Royaume-Uni, huile sur toile

    Le Soleil, Pascal Ratthé

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  • L'inspiration est une lampe à l'huile, huile et fusain sur toile (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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    L'inspiration est une lampe à l'huile, huile et fusain sur toile

    Le Soleil, Pascal Ratthé

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  • f.b. 2, huile sur toile (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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    f.b. 2, huile sur toile

    Le Soleil, Pascal Ratthé

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  • Autoportrait sans titre 1947, (en hommage à Paul-Émile Borduas) (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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    Autoportrait sans titre 1947, (en hommage à Paul-Émile Borduas)

    Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Marc Séguin a à la fois l'humilité du peintre renommé qui n'a pas fini de chercher des manières de dire le monde dans lequel il vit et la simplicité du gars de bois, éleveur, père de famille, qui respire la solidité. Il est venu raconter son travail et ses oeuvres lors d'une soirée organisée par le Club des collectionneurs qui a rapidement pris des allures de pèlerinage.

Côté art actuel, on peut dire que l'été 2013 fut l'été Marc Séguin, avec la présentation d'une exposition rétrospective en deux volets des oeuvres de l'artiste à la Maison Hamel-Bruneau et au Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul.

Mais ceux qui ont attendu que l'automne s'invite pour s'imprégner de l'oeuvre de Séguin n'ont pas perdu au change. Les heures rouges conviennent parfaitement à ses oeuvres percutantes, chargées d'émotion, politiques, immenses, brutales ou d'une extrême douceur. Sa signature est forte, unique, inspirée entre autres de Jean-Paul Riopelle, dont il a réalisé un portrait saisissant qui trône toujours dans le manoir de L'Isle-aux-Grues, et de Pierre Perrault, dont Séguin a illustré les poèmes dans le livre d'art Le bestiaire, qui fait partie de l'exposition.

«Le soleil vient à peine de se pointer au loin. Il fait toujours mauve à la chasse. Le jour va prendre», écrivait Séguin dans son roman La foi du braconnier. Car le peintre est aussi auteur, et chasseur, et ça se sent.

Ça fait 12 ou 13 ans que Marc Séguin vit de son art. Et quelque temps qu'il partage sa vie entre son rôle de père et de fermier au Québec et son travail d'atelier à Brooklyn, New York. «Ces tiraillements et ces contrastes-là me conviennent et me font du bien», indique-t-il. Lorsqu'il vend une toile, il transpose encore le montant amassé en heures d'atelier pour créer de nouveau, avec la confiance de quelqu'un pour qui le plus beau reste à faire.

Lorsque des étudiants le contactent pour réaliser des travaux sur son oeuvre, il est aussi flatté que déboussolé, puisqu'il a encore le nez collé sur la création et aucune prétention de marquer l'histoire de l'art. «C'est difficile d'être pertinent pendant 50 ou 60 ans. Mais j'ai envie de m'entraîner au marathon plutôt qu'au sprint», lance-t-il comme un souhait.

Lorsqu'on commence sa carrière en baladant un tableau d'un cours de peinture de Guido Molinari à un cours de dessin d'Yves Gaucher, on peut dire qu'on part du bon pied. Malgré tout, il a visiblement mis toute sa foi dans le travail, et non dans ses maîtres.

En atelier, de son propre aveu, il n'a rien d'un Pollock. «Je suis un tâcheron, je cumule les petits gestes appliqués. Je travaille lentement, dans les odeurs de peinture. Pour moi, c'est la liberté.» Il travaille encore et encore, mixant les pigments sur la toile, dans un geste archaïque qui trouve tout de même une résonance dans le monde d'aujourd'hui.

Il dépose, par exemple, les visages des terroristes les plus recherchés par le FBI au-dessus de robes soleil bouffantes et joyeuses. «Sur le site du FBI, on les arabise, on leur fait de gros sourcils, des traits menaçants, une image de méchants. Je me suis demandé quel serait le meilleur déguisement pour eux», explique Séguin. Mais on ne badine pas avec le terrorisme aux États-Unis. L'article sur cette série qui devait paraître dans le New York Times a été censuré par la direction du quotidien, qui craignait de s'attirer les foudres des poseurs de bombes.

Il peint aussi des avions pulvérisés, mais avec un souci formel qui va au-delà du sujet. «L'organisation aléatoire de la couleur [fidèle aux documents d'archives] me faisait penser à comment on devrait faire de la peinture abstraite», analyse Séguin, qui voit dans la représentation de ces drames de ferrailles une façon de regarder la mort en face, avant l'heure.

Dans une autre pièce de la Maison Hamel-Bruneau, une forêt brûle, et la silhouette des épinettes calcinées est tracée au fusain. L'oeuvre rougeoie et fume, et fait écho aux ruines d'église peintes avec des cendres humaines. L'artiste a pris six mois à décider de ce qu'il allait faire de l'étrange don d'un ami, qui lui a confié les cendres de sa mère pour qu'il crée, en teintes de gris, quelque chose... En deux ans et demi, il passera les cendres de neuf urnes dans ces toiles chargées de sacré, de nostalgie, de silence clair.

«L'art implique une certaine forme de chaos», déclare Marc Séguin. De recueillement aussi, a-t-on envie d'ajouter. De travail et, comme le dit le titre de l'exposition, de foi de la part des collectionneurs. Ce sont d'ailleurs des oeuvres de collections privées qui constituent le corpus organisé par la commissaire Andréanne Roy.

L'exposition Marc Séguin. La foi du collectionneur est présentée jusqu'au 14 octobre à la Maison Hamel-Bruneau, sur le chemin Saint-Louis à Québec, et au Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul.

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