BITUMES ET HERBES FOLLES - 8e de 10

Fabriquer l'improbable à Est-Nord-Est: inventions parallèles

Dave Ball explore l'idée de l'absurde et du... (Collaboration spéciale Josianne Desloges)

Agrandir

Dave Ball explore l'idée de l'absurde et du banal avec des objets trouvés ou des reliques de la vie quotidienne comme des factures d'épicerie ou les mots tirés d'un livre de Philippe Aubert de Gaspé.

Collaboration spéciale Josianne Desloges

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) La série estivale Bitume et herbes folles vise à vous faire découvrir, en alternance, des projets d'art urbain qui façonnent le visage de Québec et des rendez-vous d'art actuel dans les villages bucoliques de Charlevoix, de Portneuf, de la Chaudière-Appalaches et au-delà.

Visiter le centre d'artistes Est-Nord-Est ces jours-ci équivaut à entrer dans un repère d'inventeurs, où biologie, arboriculture, physique, ingénierie et philosophie sont les pierres d'assise des démarches artistiques de 10 artistes. Ils posent des hypothèses comme on pose de petites sondes, pour altérer le réel et s'inscrire dans le paysage de la petite ville de Saint-Jean-Port-Joli.

L'invitation a été lancée sous le titre Fabriquer l'improbable par les commissaires Dominique Allard et Véronique Leblanc. «Les artistes peuvent subtilement altérer un objet matériel ou conceptuel dans le but de montrer le monde différemment», résume Mme Allard. L'«improbable» implique de remettre en question ce qui est familier alors que «fabriquer» amène l'idée de construire, d'inventer, d'être dans l'action. Les oeuvres s'y construisent justement comme des projets scientifiques, à partir d'hypothèses, d'essais et d'erreurs.

Tous sont affairés dans leurs quartiers lorsqu'on entre au centre, installé dans l'ancienne école de sculpture Bourgault, dimanche après-midi. L'ambiance est studieuse, mais sitôt quelques questions lancées, les artistes sortent de leur transe et partagent leurs découvertes et leurs projets avec animation.

Mathieu Valade est le premier à se lancer, en nous montrant ses lettres géantes recouvertes de motifs de camouflage. On y lit «Ceci n'est pas», le début de la célèbre phrase de Magritte. L'oeuvre, baptisée La trahison du réel, aura 45 pieds de long. L'an dernier, c'est Times New Roman qu'il camouflait dans le paysage rural de Saint-Casimir. Cette nouvelle inscription devrait susciter autant d'étonnement, mais multiplier les questionnements.

Mathieu Valade s'inspire de Magritte avec ses lettres... (Collaboration spéciale Josianne Desloges) - image 2.0

Agrandir

Mathieu Valade s'inspire de Magritte avec ses lettres géantes  recouvertes de motifs de camouflage.

Collaboration spéciale Josianne Desloges

Lorsqu'on demande à Dave Ball ce qu'il fait ces jours-ci, il répond en souriant : «Je marche.» En fait, il a tellement marché au village qu'il repasse sur ses traces, inlassablement, depuis des semaines. L'artiste du Royaume-Uni, maintenant établi à Berlin, explore l'idée de l'absurde et du banal avec une collection d'objets trouvés, de reliques de vie quotidienne (factures d'épicerie, etc.) et de mots tirés de The Canadians of Old: an Historical Romance de Philippe Aubert de Gaspé. Il a ensuite le projet de constituer un petit musée, à l'image et en hommage aux boutiques d'artisans que l'on trouve à profusion à Saint-Jean-Port-Joli.

À l'arrière du centre, Emi Honda et Jordan McKenzie font pousser des plantes sauvages pour les intégrer à des paysages miniatures qui seront montés sur des plates-formes mécanisées. Leur décor en mouvement et en constante mutation sera installé dans une vieille grange rouge, devant l'usine des plastiques Gagnon. Un lieu abandonné et chargé de poésie. L'installation du duo, qui fait partie du groupe de musique Elfin Saddle, aura certainement une dimension sonore.

Le discours artistique de Paul Wiersbinski (Frankfurt, Allemagne) puise aux théories de l'évolution et à la biologie. Fasciné par les moeurs et des formes associées aux abeilles et aux fourmis, il prépare un scénario de fiction, qui se traduira sûrement par une performance imprégnée d'étrangeté. La résidence en milieu francophone l'oblige à trouver d'autres moyens d'établir un dialogue avec le public. «Contrer la frontière du langage est devenu un point d'intérêt pour les artistes anglophones, qui versent vers des propositions axées sur l'expérience et la sensation», indique la commissaire.

Steve Topping explique quant à lui qu'il a l'ambitieux et symbolique projet de déplacer délicatement l'immense conteneur rempli d'oeuvres qui appartient à la municipalité, connue pour sa tradition de sculpture sur bois. Des cônes de toile orange gonflés d'air comprimé donneront l'impression que la cargaison décolle, mais le mouvement sera minime (un pied vers le haut et un pied vers le côté) et soigneusement calculé par l'artiste, qui s'y connaît très bien en ingénierie et en menuiserie.

Thomas Bégin projette de fabriquer un Spoutnik terrestre.... (Josianne Desloges, collaboration spéciale) - image 3.0

Agrandir

Thomas Bégin projette de fabriquer un Spoutnik terrestre.

Josianne Desloges, collaboration spéciale

Thomas Bégin fabrique un Spout­nik terrestre, «une grille qui évoque l'idée d'une maison, à laquelle on peut attacher des fonctions. Un habitacle pour s'ancrer dans le paysage», décrit-il. Jonathan Villeneuve adaptera quant à lui une de ses machines sonores, qui sera activée lors d'une performance de Thierry Marceau, qui incarnera une icône du rock'n'roll. Karina Pawlikowski, finalement, en faisant de la taxidermie revisitée, portera une réflexion sur le passage de l'état animé à l'état inanimé.

Les expériences s'annoncent riches et pleines de réactions en chaîne. À découvrir fin août.

>> Herbes folles

Itinéraire

De Québec, prendre le pont ou le traversier, puis suivre l'autoroute 20 Est jusqu'à la sortie 414. Suivre les indications pour Saint-Jean-Port-Joli. Au village, tourner à gauche sur l'avenue De Gaspé. Le centre d'artistes est au 335, et le quartier général de l'événement au 117.

Plaisirs bucoliques

Visiter les boutiques d'artisans de l'avenue De Gaspé et le Musée des Anciens Canadiens, face au centre d'artistes, est à la fois pittoresque et surprenant.

Un arrêt à l'église pour voir les sculptures de bois et les bancs sculptés s'impose également.

Au parc des Trois-Bérets, plusieurs oeuvres sont installées en permanence. Le vent du fleuve et la vue magnifique invitent à la flânerie.

À l'agenda

Fabriquer l'improbable se déroule les 30, 31 août et 1er septembre. Vernissage, performances sonores, expériences, oeuvres à découvrir et artistes à rencontrer.

Info : http://estnordest.org/wp2009/

À une vingtaine de minutes de Saint-Jean-Port-Joli, le centre d'artistes La Tortue bleue de La Pocatière présente l'événement Ancrage, avec les artistes Sévryna Lupien, José Luis Torres et Jean-Yves Vigneau. Le vernissage a lieu aujourd'hui à 14h à la Maison régionale touristique du Bas-Saint-Laurent.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer