Les promesses de la nouvelle figuration

Les grands tableaux de Ianick Raymond tentent, à...

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Les grands tableaux de Ianick Raymond tentent, à l'aide de multiples juxtapositions graphiques, de surprendre l'envers des apparences

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David Cantin
Le Soleil

(Québec) Pour ceux qui souhaitent avoir un aperçu de ce que l'on qualifie de «nouvelle figuration» en peinture, on recommande vivement un détour à la galerie Lacerte où l'on présente une vingtaine de tableaux récents de six artistes québécois de moins de 40 ans. Jusqu'au 12 janvier, ce collectif Hiver 2008 s'organise autour d'un certain équilibre entre des noms connus, tels Martin Bureau et Rafael Sottolichio, d'autres à découvrir, comme Pierre Durette et Alexis Lavoie, mais surtout à partir d'un besoin nécessaire de transmettre une relecture critique de l'état du monde actuel.

Qu'on parle ici de commentaire social (Durette), politique (Bureau) ou existentiel (Sottolichio), on retrouve énormément de contenu dans cette exposition collective où les contrastes, de même que les affinités esthétiques, se rejoignent. Une forme de narration picturale s'impose d'ailleurs, d'un mur à l'autre, ce qui permet de mieux saisir les forces de ce trajet de groupe. À l'entrée, deux nouvelles toiles de Martin Bureau donnent un avant-goût d'un solo à venir en avril 2009, toujours chez Lacerte. Cette série promet de s'inspirer, comme le signale l'artiste de l'île d'Orléans, de «ce fleuve majestueux [qui] devient dans ce projet le théâtre d'une peinture d'anticipation». Biohazard's Fishing et Dimanche après-midi sur le fleuve commentent subtilement les paradoxes de la beauté devant de potentiels désastres environnementaux.

Prise de position

De biais, l'univers de Ianick Raymond, le plus jeune des six, puise dans la banalité du quotidien afin de brouiller davantage les pistes. Ces grands tableaux tentent, à l'aide de multiples juxtapositions graphiques, de surprendre l'envers des apparences. On préfère nettement les petits formats d'Alexis Lavoie, où les portraits anonymes se confrontent à un malaise intérieur, une troublante solitude, jusqu'à l'éventuelle exclusion sociale. Cette prise de position, abstraite et évocatrice, communique plutôt bien avec la méticuleuse mise en scène des tableaux de Pierre Durette. Sur fond blanc, on cherche à comprendre ce qui se trame derrière ces fascinantes «fictions visuelles» miniatures.

La dernière partie met judicieusement en parallèle des oeuvres fortes de la série Fear the Doily d'Alain Bonder et quelques exemples du cycle des Engloutis de Rafael Sottolichio. C'est peut-être même ce peintre d'origine chilienne qui désormais approfondit le mieux sa recherche picturale, grâce à des toiles aussi obsédantes que Les autres et Les sages. Ces visions d'un futur potentiellement tragique, entre catastrophes et sérénités, comptent parmi les temps forts de ce parcours. On constate aussi l'influence positive d'un Marc Séguin, dans le traitement de l'image et du sujet, chez ces nouveaux peintres figuratifs qui affrontent le réel avec une franche détermination.

Dès le 15 janvier, un deuxième collectif à la galerie Lacerte se concentrera, cette fois, sur la photographie avec, entre autres, des oeuvres présentées à la foire Photo Miami 2008.

Collectif Hiver 2008. Galerie Lacerte, 1, côte Dinan, Québec. Jusqu'au 12 janvier

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