Daniel Gélinas quitte le Festival d'été

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Daniel Gélinas était tout sourire au moment de dresser le bilan du 50e Festival d'été de Québec.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 6 au 16 juillet 2017. »

(Québec) «La marque Festival d'été de Québec est maintenant plus forte que moi ou que les artistes que l'on invite chez nous.» Près de 16 ans après avoir pris la barre du Festival d'été de Québec (FEQ), Daniel Gélinas tire sa révérence comme directeur général de l'organisation.

C'est un Daniel Gélinas serein qui s'est présenté devant les médias, mercredi après-midi, pour annoncer son départ de l'organisation du FEQ et de sa filiale événementielle 3E. Celui qui s'était également porté à la rescousse des festivités du 400e de Québec, en 2008, était à la barre du Festival depuis novembre 2001.

Le gestionnaire de 57 ans a tenu à rassurer sur l'avenir du Festival sans lui. Disant vouloir prendre une pause dans sa carrière après plus de 15 ans de «rythme pas mal effréné», il restera néanmoins en poste jusqu'à ce que son successeur soit trouvé. 

Il y a longtemps que l'organisation se prépare à son départ, a d'emblée précisé Daniel Gélinas. «La décision a été prise il y a déjà quelques années. J'en avais discuté avec le conseil d'administration. Ce qu'on avait convenu, c'était que je me rende au 50e

La venue des grands voiliers pour le Rendez-vous 2017, un évènement sur lequel 3E a travaillé pendant des années, a aussi motivé le directeur général à rester. C'est qu'après une année 2013 «plus difficile que les autres» avec le FEQ, le père de famille avait pensé quitter sur-le-champ.

Presque parti en 2013

«Je n'étais jamais resté plus que 10 ans au même endroit, et je me disais que j'avais peut-être fait le tour, mais ce n'était pas une bonne idée. Je n'avais pas vraiment fait le tour. Les trois dernières années ont été trois belles années d'évolution pour l'évènement, même si les gens disaient que ça ne pouvait pas aller plus loin après chaque édition», a raconté celui qui avait notamment passé neuf ans à la direction de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières, avant de s'amener à Québec.

Après une 50e édition acclamée du Festival, Daniel Gélinas estime maintenant avoir «réalisé plus de choses que j'aurais pu souhaiter». Selon lui, il ne pourrait partir «dans de meilleures conditions pour l'organisation». De sept employés et un budget de 6,5 millions $, à son arrivée, le FEQ et ses filiales gèrent désormais un chiffre d'affaire de 45 millions $ et emploient 60 personnes à temps plein. 

«Pour moi, ma plus grande réalisation, c'est d'avoir réussi à avoir une organisation qui a de bons outils de travail, qui est capable de livrer dans les meilleures conditions possible et qui ne fait pas de déficit», a assuré le directeur général sortant. 

Pas encore de potentiels successeurs

Parlant d'une «page importante qui se tourne dans l'histoire du Festival», le président du conseil d'administration du FEQ, Alain-Jacques Simard, est certain que l'évènement survivra au départ de Daniel Gélinas ainsi qu'à celui de la directrice des communications de longue date Luci Tremblay, nommée déléguée du Québec à Tokyo il y a quelques semaines. 

Selon M. Simard, l'organisation a mis en place depuis déjà quelques années un plan d'action pour la succession du directeur général. Sans contacter ou même identifier de candidats précis, pour ne pas ébruiter la nouvelle du départ de Daniel Gélinas, «on a travaillé sur quel genre de profil on souhaitait avoir», a affirmé, mercredi, le président du CA. 

Une chose est sûre, le prochain dg n'aura pas le mandat de transformer l'organisation «extrêmement robuste» déjà en place. Un visage connu du public serait un atout, mais le principal critère est de trouver «quelqu'un qui va perpétrer la vision 2025 qu'on a mise en place», affirme Alain-Jacques Simard. Sans être pressé, le CA semble espérer trouver un successeur pour Daniel Gélinas avant l'hiver. 

«La culture de l'organisation est très forte et des outils ont été développés par Daniel et ses équipes. On a atteint un sommet, mais pas encore le sommet. On pense qu'on peut encore innover et créer des choses.»

Je ne suis pas à l'heure de la retraite, évidemment

«Je ne suis pas à l'heure de la retraite, évidemment», lance Daniel Gélinas sur son avenir. Pour le reste, le gestionnaire assure n'avoir rien prévu.  

Ses 15 ans à la barre du FEQ lui ont donné des cheveux blancs, souligne-t-il. Ce cauchemar, qu'il a souvent fait, d'organiser un spectacle et à peine 100 personnes se présentent pour y assister: «Ça m'angoisse tellement que je prends tous les moyens pour ne pas que ça arrive. Et ce n'est jamais arrivé.» 

C'est pourquoi pour le moment, il ne pense qu'à prendre du recul et à s'occuper de lui. Son seul projet concret est un voyage de ski. «J'ai hâte que la neige arrive», lance le skieur aguerri. Il veut également passer plus de temps «à jaser» avec son père de 85 ans. 

Prochain défi

Le prochain défi professionnel arrivera comme la direction du FEQ, qu'il a saisi au passage quand l'opportunité s'est présentée. «Je l'ai pris et je l'ai travaillé dans une optique de gagner. C'est mon leitmotiv à moi: le succès, gagner, que ça marche.»

Avec sa feuille de route, nul doute qu'il aura plusieurs offres. Il fera un choix en temps et lieu, précise-t-il, sans se donner d'échéancier. «Je n'ai jamais eu de plan de carrière de toute ma vie. Je regarde par-dessus mon épaule et je vois un petit gars énervé qui n'était pas bon à l'école. Des plans de carrière, ça n'a jamais existé dans ma vie.»

S'il ne ferme pas la porte à refaire de l'évènementiel, Daniel Gélinas ne se voit toujours pas faire le saut en politique. «C'est des opportunités qui m'ont été offertes, évidemment, dans les dernières années. Mais ça a été non tout le temps. Travailler dans des organisations comme le FEQ, c'est la capacité d'avoir de la marge de manoeuvre, de pouvoir prendre des décisions rapidement. Tout cet environnement-là dans lequel j'ai travaillé dans les 30 dernières années, c'est quelque chose qui n'existe pas en politique.» 

«Je reste à Québec»

Daniel Gélinas n'a pas l'intention de quitter Québec pour relever son prochain défi professionnel. «Je reste à Québec. C'est la plus belle ville où habiter, et je ne le dis pas pour faire plaisir à M. le maire», a lancé le gestionnaire avec un sourire lorsque questionné sur sa ville d'adoption et la possibilité de déménager. «Je n'irais pas habiter à Montréal, si c'est ça la question.»

Au moment de tourner la page sur son aventure au FEQ, Daniel Gélinas a également salué le public «extraordinaire» de Québec. «Autant on peut les considérer un peu chialeux, autant ils ont tellement un préjugé favorable quand ils arrivent sur le terrain. Ils aiment déjà l'artiste. Pour que la connexion ne se fasse pas entre l'artiste et le public, il faut vraiment que ce soit une mauvaise prestation. Le public de Québec est ouvert. Les gens aiment ça et sont fiers quand c'est de nouvelles affaires qui sont différentes et qui leur appartiennent.»

Quatre moments marquants pour Gélinas

Daniel Gélinas n'a pas eu de spectacle préféré durant son règne au FEQ. «Je n'appréciais pas vraiment un show d'un bout à l'autre comme je le fais quand je paye pour aller voir un spectacle. Les spectacles marquants dans l'histoire de l'évènement, c'est des soirées où l'on était en situation d'action et de gestion de foule, en arrière-scène. L'objectif, c'était que les gens sortent en ayant trouvé ça le fun. Ça, c'était la démonstration d'un bon show.» N'empêche, le directeur général sortant a mentionné, mercredi, quelques spectacles et évènements marquants, pour le meilleur ou pour le pire, des 15 dernières années. 

Bérurier Noir (2004)

En 2004, alors que le groupe punk Bérurier Noir... (Patrice Laroche, Archives Le soleil ) - image 7.0

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En 2004, alors que le groupe punk Bérurier Noir était sur scène, les plaines d'Abraham se sont transformées en bain de boue en raison d'une météo capricieuse.

Patrice Laroche, Archives Le soleil 

«La crise d'une heure avec la grêle, les écrans à terre, la bouette, tous ceux qui étaient là vont s'en rappeler. Je n'ai presque pas dormi cette nuit-là. Tout avait cédé, le peu de tourbe qu'il y avait, donc il y avait un pied d'épais de boue sur une très grande surface. À 6h le lendemain matin, on était sur la scène et l'on regardait ça. Tout était noir, les tentes étaient beurrées, ça sentait la pourriture. Le soir même, on avait Wyclef Jean, qui était pour nous un gros nom à l'époque. À 7h le matin, on a pris la décision d'appeler des pépines pour enlever toute la boue et amener des camions de gravier. On a réussi à le faire.»

Les festivités du 400e (2008)

Appelé à la dernière minute, en décembre 2007, Daniel Gélinas avait notamment accepté de prendre la direction des Fêtes du 400e parce qu'il craignait qu'un flop total de ce côté tue du même coup la réputation du FEQ. Le succès qui a suivi demeure un évènement marquant de la carrière du quinquagénaire. «Le 400e a été pour moi un aboutissement pour raffiner ma carrière de gestionnaire en évènement.»

Plácido Domingo (2009) 

«Une incroyable personne, vraiment. Il avait un spectacle le lendemain en Italie et partait en jet privé. Il avait quand même tenu à rester avec nous autres une heure et demie après le spectacle. Il demandait c'était quoi les lumières rouges qui clignotaient dans la foule et voulait en avoir. C'est sûr que j'ai été dans le monde de la musique classique pendant neuf ans, mais pour moi, ça a été un grand moment d'avoir Plácido Domingo.»

Foo Fighters (2015)

«Ça s'est fait tellement vite que je n'ai même pas eu le temps d'être stressé. Il y a eu beaucoup de va-et-vient en arrière, assez rapidement. Le radar montrait vraiment qu'il s'était constitué une masse de nuages qui allait continuer jusqu'à 23h30. Il n'y avait rien à faire. Quand la décision a été prise d'arrêter, je suis tout de suite parti au micro. Je savais que quelqu'un devait se présenter au micro le dire aux gens et qu'il fallait le faire là. Une voix off, ça n'aurait pas fait. On ne voulait pas qu'il y ait une émeute. Je pense que le fait que ce soit quelqu'un qu'ils connaissaient, aussi déçu qu'eux autres, qui l'annonce, ça a bien passé.» 




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