Gorillaz : Damon Albarn prêt pour un grand bain de foule

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Damon Albarn est reparti en tournée cette année avec Gorillaz après un hiatus de sept ans.

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Festival d'été

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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 6 au 16 juillet 2017. »

(Québec) Damon Albarn lançait en 1998 le plus improbable des projets : Gorillaz, une formation virtuelle s'animant grâce à la griffe du dessinateur Jamie Hewlett. Près de 20 ans plus tard, la popularité de Murdoc, Russell, 2D et Noodle est au beau fixe. Mieux, les personnages s'apprêtent à donner leur plus gros concert à vie le 15 juillet, sur les plaines d'Abraham.

Au bout des ondes cellulaires, c'est un Damon Albarn d'excellente humeur que l'on rejoint, encore impressionné de la performance de son groupe, à Toronto, le 10 juillet : «c'était épique, l'un des meilleurs concerts que j'ai jamais donnés». Voilà qui vient conforter son souhait de remettre Gorillaz sur les rails, après un hiatus de 7 ans. Des différends avec Hewlett avaient mené les deux hommes à prendre une pause. Puis, finalement, ils se sont rapprochés et ont décidé de plonger dans Humanz, un album festif, mais campé dans une sombre époque, au plan politique.

Comme c'est le cas pour chacun des albums du groupe, Albarn y a donné forme avec une liste impressionnante d'invités, dont Vince Staples, De La Soul, Grace Jones, Mavis Staples, Popcaan, Benjamin Clementine ou, encore, Jean-Michel Jarre. Une portion des artistes accompagne Albarn en tournée, y compris à Québec, mais là-dessus, Albarn lui-même a du mal à savoir qui sera précisément avec lui, tellement les soirs se suivent et ne se ressemblent pas...

Q Ça vous surprend de voir à quel point Gorillaz, en dépit de son côté expérimental ou audacieux a rejoint et continue de rejoindre autant de monde?

R J'en suis particulièrement heureux. Ce sera un très grand public à Québec et ce sera un véritable test pour moi de voir si je peux communiquer tout ça à une foule aussi imposante. J'ai joué devant de grandes foules auparavant, mais ce sera la plus grosse pour nous à ce jour. J'espère qu'on sera à la hauteur. On succède à de grands musiciens comme les Who - c'est un honneur parce qu'ils m'ont fortement inspiré quand j'étais enfant - et Kendrick [Lamar], qui est assurément ce qu'il y a de plus hot sur la planète. Mais on sera prêt!

Cette première visite à Québec est d'autant plus attendue qu'à un certain point, c'était terminé pour Gorillaz. Qu'est-ce qui vous a ramené, au-delà du fait que vous vous êtes réconciliés avec Jamie Hewlett?

R Je voulais faire un autre album, avec d'autres jeunes chanteurs et musiciens et je souhaitais que ce soit un peu plus up tempo. Vous comprenez ce que je veux dire? De ne pas être trop sérieux à mon âge [il a 49 ans], être un peu frivole!

Q Au départ, les personnages de Gorillaz avaient un rôle si important, que vous jouiez derrière un écran pour leur laisser toute la place. Pour cette tournée, vous êtes davantage à l'avant-scène. Est-ce lié à la thématique du nouvel album, Humanz?

R Il est vrai que l'album se nomme Humanz, mais c'est plus ou moins un débat, parce que c'est un groupe de bande dessinée. En même temps, cette formation n'est pas figée, elle peut se transformer de toutes les manières, à tout moment. Et cette fois, je voulais avoir un band funky et c'est sans doute le groupe le plus funky que j'ai eu.

Quand vous avez commencé à travailler sur Humanz, vous vouliez être branché sur ce qui se passerait lorsque l'album paraîtrait. Vous avez alors demandé à vos collaborateurs d'imaginer un univers avec Trump au pouvoir avant même qu'il ne soit élu...

R Oui et c'est ce que c'est maintenant. L'idée était d'imaginer un monde qui s'était transformé, où la perspective serait autre. On est dedans maintenant.

Ça vous effraie d'avoir été juste à ce point?

R Non, car je crois que l'inverse se passe. C'est une expérience enrichissante, en fait, ce n'est pas un concert déprimant!

Cela dit, vous avez gommé les noms des politiciens dans les chansons de l'album. Est-ce parce que vous ne vouliez pas que Humanz soit daté ou figé dans le temps?

R Oui, certainement. Il n'y a rien d'amusant à propos des politiciens. Ils ne sont pas le fun, ce n'est pas le party - en ce moment à tout le moins. C'est sacrément déprimant. Vous avez Trudeau, vous êtes bien, vous êtes dans une bien meilleure position que nous [au Royaume-Uni]...

L'un des traits distinctifs de Gorillaz est bien sûr la quantité d'invités qui gravitent autour de chaque album et de chaque spectacle. Vous ne les payez pas, toutefois, pour qu'ils enregistrent avec vous. Ça vous rend la tâche plus difficile?

R Je les paie dans le sens qu'ils ont les droits d'auteur avec moi sur les chansons, donc ce sont leurs chansons aussi. Mais je ne paie pas les gens pour jouer avec moi. Pourquoi je voudrais faire ça? Ou bien ils veulent jouer avec moi ou ils ne veulent pas. Et s'ils ne veulent pas, ce n'est pas un problème, quelqu'un d'autre voudra. Je ne demande pas de l'argent aux autres pour jouer avec eux. Je crois que c'est la façon civilisée de le faire : pour l'amour de la musique en premier lieu. Et ensuite, si ça fonctionne, tout le monde sourit!

Vous avez essuyé des refus à cause de ça?

R Certainement! Mais je ne sortirai pas de noms publiquement...

We Got The Power est une pièce spéciale, notamment parce que vous vous retrouvez avec Noel Gallagher, qui a déjà été votre rival, à l'époque où vous étiez dans Blur et lui dans Oasis. Comment ça s'est passé?

R On est amis maintenant et il m'avait signifié son souhait d'être sur un album de Gorillaz. Je sentais que c'était la seule pièce qui serait appropriée pour lui, puis j'ai invité D.R.A.M. dessus aussi et finalement Jehnny Beth (The Savages) est venue mettre son «soupçon» [en français dans l'entrevue]. Vous savez, c'est à propos des gens, à propos des humains et quand on la joue en spectacle, c'est vraiment bien pour la foule, qui participe. C'est un message simple [«on a le pouvoir de s'aimer»].

Russel, Noodle, 2D et Murdoc sont le fruit de la... (image fournie par Gorillaz) - image 2.0

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Russel, Noodle, 2D et Murdoc sont le fruit de la collaboration entre l'ex-Blur Damon Albarn et du dessinateur James Hewlett.

image fournie par Gorillaz

Au milieu des chansons festives s'insère la très belle Busted and Blue, qui vient apporter une autre teinte à cette sombre fête, autant sur l'album qu'en spectacle et qui traite des liens entre l'humain et la technologie...

R Oui, je fais un peu de crooning! J'aime ça. C'est le moment où je chante une simple chanson, sans être entouré de quoi que ce soit d'autre. C'est un bon moment où ça respire et où l'on reprend notre souffle. [...] C'est une chanson où l'on se calme. En fait, c'est la chanson d'après la fête, ou de la journée après la journée d'après! Une journée très sombre!

Certains invités vous suivent d'un concert à l'autre. Leur demandez-vous de vous garder du temps pour les concerts, à partir du moment où vous collaborez en studio?

R Non, non, je ne fais jamais ça. S'ils sont disponibles lors des tournées et s'ils veulent venir, ils y sont!

Ça implique donc passablement d'organisation et de flexibilité pour que la magie fonctionne à chaque fois...

R Oui, mais c'est mieux ainsi, autrement ça devient ennuyant après un certain temps. J'aime mieux que ce soit comme ça.

Les pièces de Humanz occupent bien sûr une place importante dans ce concert, mais d'autres titres de Gorillaz y sont aussi. Quelle forme prennent les plus vieilles chansons?

R Je crois [qu'elles ont continué d'évoluer] avec la nouvelle formation. L'ADN de chaque groupe est ce qui leur donne un caractère unique. C'est probablement plus funky présentement, mais je dirais que chaque chanson est aussi bonne, sinon meilleure, dans plusieurs cas meilleurs [que ce qu'elles étaient à l'origine] alors c'est bien.

Vous avez déjà dit qu'un jour vous pourriez passer le flambeau de Gorillaz à de plus jeunes musiciens et artistes visuels...

R Oui, ce serait bien.

Mais comment être sûr que votre bébé poursuivra son évolution selon votre souhait?

R Je crois qu'il faudra donner des instructions claires. Un manuel, je suppose, à moment donné! Ha! Ha!

***

Il était une fois Gorillaz...

Pendant que Damon Albarn se fait architecte des chansons de Gorillaz, Jamie Hewlett, se charge de développer les personnages présents dans les vidéoclips, ainsi que sur scène. C'est ainsi que, lorsque le groupe foulera les Plaines d'Abraham, on pourra voir Murdoc Niccals (basse), Russel Hobbs (batterie), 2D (voix, mélodica, claviers) et Noodle (guitares) évoluer sur les écrans.

La formation virtuelle a sa propre histoire. Tout part de la rencontre impromptue entre Murdoc et Stuart Pot, alias 2D, le chanteur aux cheveux bleus. Le premier est littéralement entré en collision avec le second, ce qui a donné à 2D (pour two dents ou deux bosses en français) ses yeux vidés de leurs globes oculaires. Sentant qu'il tenait quelque chose de potentiellement intéressant avec 2D, Murdoc a par la suite enlevé le batteur de Brooklyn Russel Hobbs. Le trio a commencé des répétitions, puis a passé une petite annonce pour recruter un guitariste. C'est Noodle, une jeune prodige de la six cordes, qui a répondu à l'appel.

Gorillaz lors de leur spectacle au Centre Bell... (Archives La Presse, François Roy) - image 4.0

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Gorillaz lors de leur spectacle au Centre Bell en 2010

Archives La Presse, François Roy

Un contrat a été obtenu avec l'étiquette Parlophone, qui a mené à un premier album, éponyme, signé avec le réalisateur Dan the Automator et des invités comme Ibrahim Ferrer, Chris Franz et Del the Funky Homosapien. Le simple Clint Eastwood a rapidement assuré l'ascension du quatuor et reste, encore aujourd'hui, un classique dans les concerts.

Maintes aventures rocambolesques ont eu lieu jusqu'à aujourd'hui, présidant à la naissance de chacun des albums et expliquant, entre autres, la longue pause qui a précédé le récent Humanz, lancé en avril.

***

The Good, The Bad & The Queen avec Tony Visconti

Parallèlement à Gorillaz, où il crée davantage à partir de son iPad, Damon Albarn continue d'être actif avec The Good, The Bad & The Queen, un quatuor avec une approche davantage classique au plan de l'écriture, où il évolue avec l'ex-Clash Paul Simonon, l'ex-Verve -Simon Tong et le batteur Tony Allen. «Je ne fais pas vraiment la distinction entre la manière de faire d'un côté ou de l'autre, soutient Albarn. J'aime les deux, je suis très flexible en ce sens». Le supergroupe entrera en studio au début septembre avec le réalisateur Tony Visconti, qu'on connaît pour son travail avec David Bowie, notamment.

***

Un nouveau projet pour Paris

Damon Albarn aime varier les plaisirs et se tenir occupé. Il révèle travailler sur un projet pour le théâtre du Châtelet, à Paris, «un truc vraiment intéressant», s'enthousiasme-t-il, sans donner trop de détails et qui serait pour 2019. Albarn avait déjà présenté l'opéra pop Monkey, Journey to the West (2007) en ces lieux, ainsi que wonder.land (2016) une comédie musicale nouveau genre, inspirée d'Alice au pays des merveilles.

***

Vous voulez y aller?

  • Qui : Gorillaz
  • Quand : 15 juillet, à 21h30
  • Où : Plaines d'Abraham
  • Accès : laissez-passer
  • Info : infofestival.com




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