Flume: l'électro du pays d'en bas

Flume sera en concert sur les plaines d'Abraham... (Archives AP, Amy Harris)

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Flume sera en concert sur les plaines d'Abraham le 12 juillet.

Archives AP, Amy Harris

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Festival d'été

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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 6 au 16 juillet 2017. »

(Québec) L'ascension d'Harley Streten tient presque du conte de fée. Le bidouilleur australien venait tout juste de franchir le cap de la vingtaine lorsqu'il a lancé le premier album de son projet Flume, il y a cinq ans. Le temps de le dire, il est devenu un incontournable de la musique électronique, qui a réuni les Tove Lo, Beck et autres Vince Staples sur son acclamé album Skin.

Au bout d'un fil, un long silence suit chacune de nos questions, comme si Harley Streten était à l'autre bout du monde, voire sur une autre planète ou qu'il mûrissait chacune de ses réponses. Il ne s'agit en fait que d'un petit caprice de la technologie, mais qui colle bien à cet artiste, qui s'est développé en marge de la grande scène américaine et dont l'ascension a été telle qu'il est la tête d'affiche de l'ElectroFEQ cette année, sur les plaines d'Abraham.

Q L'expérience scénique est quelque chose d'important pour vous. Qu'avez-vous préparé pour ce concert sur la grande scène du Festival d'été?

R C'est plutôt excitant, parce que je ne me suis jamais produit là, ce qui veut dire que personne ou à peu près personne n'a vu le spectacle. Il se passe beaucoup de choses. C'est un concert qui a évolué d'une tournée à l'autre et qui a grandi. J'ai travaillé avec un concepteur australien, Jonathan Zawada, tout le visuel vient de lui et on a travaillé là-dessus ensemble. Il y a de la nouvelle musique, on devrait bien s'amuser! [...] J'essaie d'interagir avec la foule autant que je performe, je pense que c'est important. Ça fait un bon moment que je tourne - déjà cinq ans-, ça m'a pris un certain temps, mais je me sens plutôt confortable sur scène. J'ai aussi des caméras I-Mag sur ma table...

Q Jusqu'à quel point vous permettez-vous de transformer vos chansons en spectacle? Il y a place à l'improvisation?

R Oui, j'ai un grand nombre d'effets, de sons, de l'échantillonnage, des claviers, mais j'ai fait aussi différentes versions des chansons que je combine ensemble pour créer quelque chose de neuf.

Q Venir d'Australie, c'est quelque chose de positif, à tout le moins pour arriver avec quelque chose d'original? Physiquement, vous étiez loin de ces grosses scènes électroniques des États-Unis et vous pouviez arriver avec quelque chose de différent...

R Je crois que peut-être que ç'a aidé, oui. Être éloigné ainsi m'a permis de forger mon propre son. Je passe de plus en plus de temps aux États-Unis maintenant, à Los Angeles. Je crois que c'est important, à tout le moins pour moi, d'avoir mon propre espace créatif. C'est bien de faire partie d'une scène, mais je ne faisais pas vraiment partie d'une scène en Australie. Il n'y avait pas tellement de musique et de clubs, d'où je viens -j'étais un peu éloigné de la ville- et je crois que ça m'a forcé à arriver avec ma propre vision de ce qui pouvait se passer, plutôt que d'essayer de cadrer dans un son particulier.

Q C'est impressionnant comment, avec Skin qui n'était que votre deuxième album, vous avez eu accès à une foule d'artistes de renom. Comment avez-vous fait pour les recruter?

R C'était un processus, pour sûr! J'ai écrit plein de démos, d'idées et je n'avais pas travaillé avec autant de gens auparavant. J'ai fait un voyage à Los Angeles et je cherchais des artistes avec lesquels collaborer et auxquels je pourrais montrer mes idées. Quand j'ai fait ce voyage, c'était pour une durée de trois à mois à L.A.. C'est à ce moment que j'ai rencontré Beck, Vince Staples, Tove Lo, Kai. Je  me suis présenté, j'ai rencontré ces gens, on est allé en studio et voilà comment ça s'est produit!

Q Durant la création, vous avez senti la pression du deuxième album, que vous avez combattu par la méditation. Voilà quelque chose qu'on entendrait plus de la part d'un artiste new age que d'un artiste électro! Vous pouvez m'en dire davantage?

R Oui, je crois que je me suis mis beaucoup de pression après le permier album. J'ai pris un temps d'arrêt et je m'y suis plongé ensuite. C'était un peu épeurant d'écrire tout ça... Je crois que le truc avec la créativité, c'est que vous montez toujours la barre à la hauteur de la dernière chose que vous avez faite. Et c'est difficle de toujours écrire des choses qui sont bonnes. Parfois, ce n'est pas accessible et ça ne fonctionne pas. Je pense que parfois, quand j'essayais d'écrire et que ça ne sortait pas de manière formidable, ça me déprimait. Alors pour vivre avec ça, j'ai commencé à méditer et j'ai découvert que c'était une manière vraiment utile de sortir de ma propre tête. Ça m'a vraiment aidé et je continue de le faire.

Q Par le passé vous avez remixé plein d'artistes, de Arcade Fire à Lorde. C'est quelque chose qui vous intéresse toujours?

R Un peu moins. Les remix que j'ai faits, j'y ai mis beaucoup de temps, pour me les approprier, mais si je refais des remix, je refais comme 90 pourcent des pistes, donc c'est près d'un original. Je préfère mettre mon attention sur des pistes originales et collaborer avec d'autres invités.

Q Skin est un album complexe et varié, qui alterne entre l'expérimentation et la pop. Depuis, vous avez fait paraître deux mini-albums. Pour la suite, vous feriez un album de nouveau ou vous préférez les EP et les simples?

R À court terme, je préférerais des simples et des EP, que la musique continue de sortir de manière régulière et à plus petites doses. Un album? Sûrement un jour ou l'autre, mais pas pour l'instant.

Q On vous associe à la scène Electronic Dance Music (EDM), ce à quoi vous vous êtes déjà opposé. Diplo a même utilisé votre nom pour insulter Zedd dans Twitter. Avez-vous des amis dans la scène EDM ou y êtes-vous vraiment étranger?

R Oh, ça va, c'était plus au départ quand on me comparait à la scène EDM que ça me dérangeait, mais j'ai l'impression que tout est de l'EDM maintenant. Donc je n'ai plus de problème avec ça, j'ai même joué ans les festivals EDM les plus spécialisés, alors j'imagine que je suis EDM!

Q Quel est l'avenir de l'EDM? IL semble que tout est mélangé désormais: la pop, le hip hop, l'électro...

R Je pense que c'est le rap qui frappe vraiment fort, avec des réalisations EDM. C'est ce qui semble sortir très fort en ce moment.

Q Et ça vous intéresse?

R Pour le projet Flume, je veux garder une identité forte et explorer des territoires davantage inconnus. Mais je pense aussi que le rap peut permettre des pistes vraiment intéressantes. Je veux rester ouvert.

Q Vous avez pris le nom de Flume en vous inspirant d'une chanson de Bon Iver, ce qui est particulier parce qu'il verse surtout dans la folk. Pourquoi ce choix?

R Ça cadrait avec la musique que je crée et ça paraît bien d'un point de vue graphique. J'imaginais comment ce serait imprimé!

Q Même si, à la base, Bon Iver est associé à la folk, son plus récent album est truffé d'effets et de traitements électroniques. Vous avez apprécié? 

R Oui, il est passé à l'EDM! Bon, ok, pas vraiment, mais vous comprenez ce que je veux dire!

Vous voulez y aller? 

QUI : Flume

QUAND : 12 juillet, 22h15

OÙ : Plaines d'Abraham

ACCÈS : laissez-passer

INFO : infofestival.com




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