Sous la pluie

Vincent Vallières s'était vu confier une soirée carte... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Vincent Vallières s'était vu confier une soirée carte blanche pour son spectacle sur les Plaines en 2012.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

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Festival d'été

Arts

Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 7 et 17 juillet 2016. »

(Québec) Il fallait bien y arriver. Quelques spectacles ayant tourné court à cause des orages ont tout de même conservé une aura de magie. Les Foo Fighters, Johnny Clegg, Vincent Vallières... Y étiez-vous?

«Ça peut pas finir de même...»

15 juillet 2012 / «Ça peut pas finir de même...» Vincent Vallières se souvient d'avoir entendu ce constat - suivi d'un sacre bien senti - de la bouche d'un technicien de scène, quand un orage violent est venu interrompre à mi-parcours le spectacle exclusif qu'il avait mis sur pied pour les plaines d'Abraham. Effectivement, le musicien et ses complices n'avaient pas dit leur dernier mot...

En clôture du Festival d'été (FEQ) 2012, le Sherbrookois s'était vu confier une soirée carte blanche à laquelle il avait convié Marie-Pierre Arthur, Yann Perreau, Olivier Langevin, Richard Séguin et Louis-Jean Cormier. Ce dernier venait de livrer L'ascenseur, premier extrait d'un album solo à paraître quelques mois plus tard, quand les conditions météo ont forcé l'arrêt du spectacle. 

«Mon directeur de tournée m'a tapé sur l'épaule et m'a dit: "tu sors de scène maintenant"», relate Vallières. Après une bonne demi-heure de flottement, l'idée de retourner sur les planches est abandonnée et l'annulation du concert est confirmée à la foule, qui quittera les Plaines au son de la version enregistrée de l'hymne On va s'aimer encore. «C'était l'idée de mon sonorisateur», ajoute le chanteur, ne cachant pas la consternation qu'il vivait à ce moment. 

«J'étais tellement triste! avoue-t-il. Ça avait été un travail de longue haleine. C'était un spectacle unique et la plupart des choses qu'on avait créées pour l'occasion sur le plan visuel ou par rapport à certaines chansons, on n'a pas pu les montrer.» Sans oublier le vétéran Richard Séguin, attendu vers la fin du programme, qui n'a pas eu l'occasion de poser le pied sur scène... 

Quelques coups de fil passés en coulisse ont ouvert la porte à une certaine consolation: le bar La Ninkasi, sur la rue Saint-Jean, avait ce qu'il fallait pour accueillir Vallières et ses invités. Le concert entamé devant des milliers de spectateurs en soirée s'est donc terminé au petit matin, en compagnie de quelque 200 festivaliers couche-tard. 

«Ça m'a permis de faire la paix avec la déception, confie l'auteur-compositeur-interprète. Aujourd'hui, je ne changerais rien à ce qui s'est passé. Dans mon cheminement musical, c'est une affaire qu'on se raconte encore souvent. Ça impliquait tellement de musiciens et de techniciens... Et c'est sûr que pour un artiste, ça n'arrive pas tous les jours de se retrouver en tête d'affiche sur les Plaines. C'est un moment et il est précieux. À l'âge que j'avais, je savais que je ne rejouerais pas sur les Plaines l'année d'après. C'était ma fenêtre...»

De cette soirée où il a dû faire contre mauvaise fortune bon coeur, Vincent Vallières retiendra l'engagement et la générosité dont ont fait preuve ses confrères musiciens. 

«C'est sûr qu'avec les années, ça devient des amis, note-t-il. Mais ce n'était pas leur spectacle. D'entendre dire: "on ne te laisse pas tomber, on va aller au bout de ça...", c'était émouvant. Ç'a vraiment été un beau moment et des années plus tard, ça reste un super beau souvenir.»

***

Les Foo Fighters en un éclair

11 juillet 2015 / Vingt minutes et quatre chansons catapultées dans l'orage. La visite tant attendue des Foo Fighters au Festival d'été peut être qualifiée de passage éclair. Littéralement. 

En 2015, Dave Grohl et ses complices ont fait vivre une montagne russe d'émotions à leurs fans de Québec: joie de les voir enfin programmés au FEQ; crainte que le concert soit annulé quand, quelques semaines avant le grand rendez-vous, le chanteur s'est cassé une jambe en chutant de scène en Suède; soulagement (et amusement!) de savoir que l'ex-Nirvana débarquerait en ville muni d'un trône rock'n'roll qui lui permettrait de livrer sa prestation avec panache, même assis... Puis, au terme d'une magnifique journée, un orage monstrueux a éclaté juste au moment où le groupe était attendu sur les plaines d'Abraham. 

Il y avait de l'électricité dans l'air quand les Américains sont arrivés sur scène alors que les éléments se déchaînaient. Fouettés par la pluie et malmenés par le vent, ils ont tenu bon le temps de balancer les hits Everlong, Monkey Wrench, Learn to Fly, Something From Nothing. Dame Nature a eu le dernier mot... Mais c'est au directeur général du FEQ, Daniel Gélinas, qu'est revenu l'odieux d'annoncer la nouvelle aux festivaliers. 

«Ce n'était plus possible, le band est sorti de scène, relate-t-il. Et les discussions ont commencé avec le directeur de tournée. C'est un gars qu'on connaissait, assez carré. Il y avait leur avocate qui voulait notre plan de mesures d'urgence. Il y avait beaucoup de brouhaha autour de tout ça. On a regardé ça sur tous nos radars et on a vu que la pluie n'arrêterait pas avant 23h-23h30. Il nous a dit que de toute façon, l'eau était entrée dans le plâtre de Grohl. C'était une fin de non-retour d'une manière ou d'une autre.»

Alors que les fans trempés jusqu'aux os rêvaient toujours à une reprise du concert, M. Gélinas est monté sur scène pour éteindre les derniers espoirs sous les huées. «On ne pouvait pas faire une voix off, il fallait que quelqu'un aille parler au monde. Je l'ai fait vraiment un peu mécaniquement, comme si j'étais en mission...» relate le dg. Le public n'a eu d'autre choix que de repartir avec sa déception. «Tout le monde est sorti somme toute paisiblement, ajoute M. Gélinas. Il n'y a pas eu d'incident. Ça donne une idée des gens de Québec. Dans une situation comme ça, il y aurait pu avoir de la casse...»

Un passage marqué au crayon

Les Foo Fighters lors de leur passage à... (Illustration Francis Desharnais) - image 3.0

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Les Foo Fighters lors de leur passage à Québec en 2015

Illustration Francis Desharnais

Les restrictions imposées aux photographes sont monnaie courante au Festival d'été. Mais certains artistes poussent loin leurs exigences, allant jusqu'à interdire leur présence - comme Lady Gaga ou Bruno Mars - ou en leur faisant céder leurs droits «à travers l'univers et à perpétuité» sur les images captées pendant les concerts, comme l'ont fait les Foo Fighters en 2015.

Refusant de se plier aux règles du groupe, Le Soleil a fait appel au crayon du bédéiste Francis Desharnais pour immortaliser le passage de Dave Grohl et sa bande sur les Plaines. L'initiative a fait jaser: plusieurs médias internationaux en ont fait état et ont repris les illustrations du dessinateur québécois.

***

Le mauvais sort de Keïta, l'annulation de Clegg

Salif Keïta en juillet 1988... (Archives Le Soleil) - image 5.0

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Salif Keïta en juillet 1988

Archives Le Soleil

10 juillet 1988 / La pluie a souvent joué les trouble-fêtes au Festival d'été, mais même si Salif Keïta a mis du sien pour que le concert de Johnny Clegg soit annulé, en 1988, le zoulou blanc est parvenu à donner son spectacle - avec quelques semaines de retard...

C'était un programme double des plus prometteurs. Le FEQ, qui s'était fait un point d'honneur de suivre de près la vague de musique world durant les années 80, avait réuni le Malien Salif Keïta et le Sud-Africain Johnny Clegg à la place D'Youville. Le musicien albinos avait pu donner son concert sans mal, mais le second avait dû y renoncer... sous le sourire du premier!

Johnny Clegg à l'Agora du Vieux-Port, en août... (Archives Le Soleil) - image 6.0

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Johnny Clegg à l'Agora du Vieux-Port, en août 1988

Archives Le Soleil

«[En raison de l'apartheid], il y a eu un interdit pendant 25 ans sur toute forme de coopération culturelle entre les membres des Nations unies et l'Afrique du Sud, rappelle Jean Beauchesne, qui était derrière la venue des deux hommes. Donc Clegg, jouant à Québec, c'était un peu comme braver cet interdit-là. Salif faisait des blagues là-dessus et il s'est amusé à jeter un sort: il a dit "ce spectacle-là ne se rendra pas jusqu'au bout, il va être annulé."»

Rien n'indiquait que la température, radieuse, allait changer du tout au tout, or un important orage a déferlé sur la place D'Youville. Bien que la chaleur était demeurée, tout comme le public, il était impossible pour Clegg de se produire: l'équipement était détrempé et, comme il y avait des danses traditionnelles dans le concert, il y avait danger de blessures.

«Salif était toujours en arrière-scène et il rigolait, mais Clegg a dit à tout le monde que ce n'était qu'un au revoir», ajoute Beauchesne.

Clegg a tenu parole. Le FEQ, par l'entremise de son ancienne branche Inter-Nation-Art avait reprogrammé l'artiste et sa formation Savuka en billetterie le 24 août. Malgré le ciel menaçant, il avait joué à l'Agora devant ce qui avait été, selon Michel Bilodeau, sur les lieux pour Le Soleil, l'une des foules les importantes de la scène extérieure cet été-là: 5000 personnes.  Nicolas Houle




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