Le pigeonnier dans tous ses états

Le groupe Corbeau en 1983... (Archives Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le groupe Corbeau en 1983

Archives Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Festival d'été

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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 7 et 17 juillet 2016. »

(Québec) Le parc de la Francophonie - qui demeure le «Pigeonnier» dans le coeur de plusieurs - a été le lieu de toutes les émotions musicales. Des airs planants de Patrick Watson à la folie des Rita Mitsouko en passant par le rock déchaîné de Corbeau. Un amphithéâtre naturel qui s'est prêté à toutes les modes.

Foule monstre pour Corbeau

Il y avait des festivaliers jusque sur les... (Archives Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Il y avait des festivaliers jusque sur les toits des édifices, les pieds pendants, pour écouter Corbeau...

Archives Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

17 juillet 1983 / Les artistes programmés au parc de la Francophonie ont souvent fait courir les foules, mais jamais de façon aussi impressionnante que le 17 juillet 1983.  Ce soir-là, profitant de l'absence des policiers, en grève, il y avait des festivaliers partout pour écouter Corbeau: sur les toits des édifices, les pieds pendants, sur les feux de circulation, debout sur les voitures ou devant le Manège militaire...

«Personne ne voyait rien, mais c'était plein, s'esclaffe le guitariste Jean Millaire. Ç'a été une des plus grosses foules qu'on a eues.»

Avec des succès comme J'lâche pas ou Illégal en poche, le groupe qui avait pour chanteuse la charismatique Marjo, attirait les fans partout où il passait. D'ailleurs, quand les musiciens sont arrivés à Québec, par une journée radieuse, ils ont tout de suite compris qu'ils auraient droit à une foule exceptionnelle. Les amateurs étaient en effet déjà au rendez-vous lorsque Corbeau a effectué son test de son, au milieu de l'après-midi. Et ils étaient tellement nombreux, que le band avait décidé de jouer une demi-douzaine de chansons pour les distraire. L'atmosphère était bon enfant: Marjo se lançait même le ballon avec des fans!

Après être allés prendre un repas, les artistes sont revenus pour le concert. Ils ont alors constaté que la foule n'avait pas cessé de croître... 

«Quand il y a plein de monde comme ça, c'est magique, commente Jean Millaire. On avait un show bien rodé, une suite de tounes qui marchaient très bien. [...] Ç'a été une super soirée!»

S'il était magique de voir autant de visages, il y avait tout de même des soucis de sécurité devant l'imprudence ou l'audace de certains individus, qui ne craignaient pas de prendre des risques pour voir les musiciens à l'oeuvre.

«De temps en temps on disait aux gens de faire attention, de ne pas trop faire les fous, parce qu'ils étaient vraiment les pieds pendants sur le bord des édifices tout autour. C'est surprenant que personne ne soit tombé...»

Corbeau avait passé la nuit à Québec, puis, curieux de lire les journaux le lendemain, les rockers avaient constaté que le maire Jean Pelletier n'était pas parmi ceux qui avaient vécu une communion musicale...

«"Corbeau, une verrue dans un beau visage!", c'était le titre en grosses lettres le lendemain, raconte Jean Millaire. Mais il n'y avait pas de police, la police était en grève, c'est la faute du maire! Ce n'est pas la faute de Corbeau si on est populaire! On en riait quand même un peu...»

***

Malin Leloup

La première visite de Jean Leloup au FEQ... (Archives Le Soleil, Patrice Laroche) - image 4.0

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La première visite de Jean Leloup au FEQ a eu l'effet d'une petite bombe. Ci-dessus, l'artiste photographié en septembre 1989.

Archives Le Soleil, Patrice Laroche

10 juillet 1989 / À l'été 1989, l'album Menteur est encore tout chaud lorsque Jean Leloup débarque au FEQ. Une première visite qui a eu l'effet d'une petite bombe festive... et irrévérencieuse!

La «défonce sauvage d'un Jean Leloup». C'est, selon l'ancien journaliste du Soleil Régis Tremblay, ce qu'il a fallu pour que les «badauds épars sur le gazon du Pigeonnier» sortent de leur torpeur le 10 juillet 1989. Ce qu'il fallait pour «resserrer les rangs et desserrer les dents» après deux premières parties de spectacles moins rassembleuses. 

Et l'effet a semble-t-il été immédiat : des barrières de sécurité tombent sous l'enthousiasme des fans qui souhaitent rejoindre l'avant-scène, un spectacle survolté et un Leloup qui prend un malin plaisir à mettre le feu aux poudres, comme le relatait Régis Tremblay dans sa critique : «Un peu vicieux, Leloup a crié à maintes reprises à la foule : "Pas de violence, pas de bagarre!" C'est ce qui s'appelle inciter et suggérer fortement... tout en prenant un petit air innocent. Malin, et peut-être même un peu dangereux, ce loup!»

Cette première visite, couronnée d'un prix Miroir, sera au fil des ans suivie de quatre autres au FEQ. À son dernier passage, en 2012, Leloup s'est offert un triomphe sur les plaines d'Abraham en présentant ce qu'il a qualifié de «récital classique», soit un survol des succès qui ont jalonné sa carrière. Généralement peu porté sur les cadres, le singulier musicien y a pris son pied. 

«Ça faisait plusieurs années que je n'avais pas fait ça, a-t-il confié en entrevue au Soleil en 2015. Le faire tout le temps, non, mais [à l'occasion] un récital de toutes les tounes qui sont les meilleures, ça me plaît. Dans le fond, tu composes environ une toune qui a de l'allure par année. Tu as beau en composer autant que tu veux, t'es chanceux d'en avoir une [bonne] par année. Et encore... Ça fait 30 ans que je fais ça, je peux dire que j'ai peut-être 20 chansons que je vais avoir du fun à refaire.»  Geneviève Bouchard

***

Quand la lune sourit aux Rita Mitsouko

Les Rita Mitsouko ont littéralement enflammé le parc... (Photothèque Le Soleil) - image 6.0

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Les Rita Mitsouko ont littéralement enflammé le parc de la Francophonie avec leur énergie contagieuse.

Photothèque Le Soleil

6 juillet 2003 / Le parc de la Francophonie porte bien son nom. Une foule d'artistes québécois, mais aussi français, belges, africains ou autres, s'exprimant dans la langue de Molière, s'y sont illustrés. Dans le lot, impossible de passer sous silence les Rita Mitsouko, qui ont littéralement enflammé les lieux avec leur énergie contagieuse.

Le 6 juillet 2003, le duo de Catherine Ringer et Fred Chichin revenait en ville après une absence de près de 10 ans. Visiblement, le public s'était ennuyé: le parc de la Francophonie était tellement rempli qu'on avait dû le fermer, si bien que la fête s'était étendue aux rues avoisinantes. Les Rita avaient navigué dans leur répertoire avec la fougue légendaire de sa leader aux «expressions faciales déjantées», comme l'écrivait la collègue Kathleen Lavoie, et la discrétion du non moins efficace Chichin, faisant culminer le programme sur l'incontournable Andy.

«C'était tellement agréable tout ça, affirmait Catherine Ringer au Soleil, au lendemain du concert. J'adore chanter dehors. En plus, il y avait une telle ambiance! Je voyais la lune me faire des sourires... Il y avait ce côté mystique avec les arbres qui se balançaient et tout! [...] Nous étions très contents. C'est agréable quand on a le sentiment que le public reçoit. Pour qu'il y ait communication, ça prend un émetteur et un récepteur...»

***

Patrick Watson dans «l'intimité» du Pigeonnier

Watson s'est produit à trois reprises sur la... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 8.0

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Watson s'est produit à trois reprises sur la scène du Pigeonnier.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

10 juillet 2012 / Chaque scène du Festival d'été a ses particularités et ses attraits, mais le parc de la Francophonie, qu'on continue d'appeler le Pigeonnier - ou même le Pigeon - demeure la favorite de bon nombre d'artistes. Parlez-en à Patrick Watson!

Assez grand pour accueillir un nombre important de festivaliers, mais assez chaleureux pour créer l'intimité d'une salle où le plafond serait étoilé, le parc de la Francophonie a été propice à plus d'une rencontre magique avec Patrick Watson. Il s'y est produit pour un programme double on ne peut plus approprié avec le Cinematic Orchestra, en 2007, puis est revenu lors de la tournée Wooden Arms, en 2009. À cette époque il avait d'ailleurs pris le micro pour confier au public à quel point il aimait le Pigeonnier. Jamais deux sans trois: à son retour sur ces mêmes planches, en 2012, il démontrait qu'il vieillissait comme le bon vin, grâce à un concert d'exception avec des sections de cuivres et de cordes. La performance avait été appréciée par une foule qui s'étendait bien au-delà du site, dans les rues avoisinantes, mais que Watson n'avait pas moins dans le creux de sa main.

«On a tellement eu de belles expériences au Festival, nous disait Watson, en 2012. Trouver une place en extérieur qui est aussi intime que [le parc de la Francophonie], c'est rare. Et Québec, pour moi, c'est comme un home show. Y donner un bon spectacle, c'est important!»




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