Un baptême sous la flotte

Louis Ricard, Michel Viel, Hélène Trépanier, Hélène Savoie,... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Louis Ricard, Michel Viel, Hélène Trépanier, Hélène Savoie, Bernard Pelchat et Diane Lavoie ont fondé avec Constance Paré le Festival d'été en 1968.

Le Soleil, Erick Labbé

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Festival d'été

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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 7 et 17 juillet 2016. »

(Québec) 28 juin 1968 / C'était écrit dans le ciel... En 50 ans de spectacles extérieurs, Dame Nature allait souvent jouer les trouble-fêtes au Festival d'été de Québec (FEQ). Et elle n'a pas tardé à donner le ton: les prestations prévues en ouverture du tout premier rendez-vous ont été déplacées pour cause de pluie.

«Le découragement total!» Bernard Pelchat, l'un des sept cofondateurs du FEQ, résume ainsi le sentiment qui l'habitait en ce 28 juin 1968, sous des nuages qui ne semblaient pas vouloir se dissiper. Avec ses complices Louis Ricard, Diane Lavoie, Hélène Savoie, Hélène Trépanier, Michel Viel et Constance Paré, il avait trimé dur dans les derniers mois pour mettre sur pied ce premier festival... Leur financement confirmé moins de deux semaines avant le jour J, les organisateurs ont mis les bouchées doubles pour terminer de ficeler la programmation. Et ils ont dû se retourner rapidement pour trouver un plan B devant les caprices du ciel.

«Juste d'avoir de l'info, ce n'était pas comme aujourd'hui, rappelle M. Pelchat. Il fallait appeler à l'aéroport pour avoir des détails sur la météo. Ce n'était pas une grosse pluie, mais c'était constant. Et ils nous ont dit que ça n'arrêterait pas.»

«Prendre d'assaut» le Vieux-Québec

Les fondateurs du FEQ souhaitaient «prendre d'assaut» le Vieux-Québec. Le 28 juin 1968, des prestations de chorales (dont la troupe V'là l'bon vent) et de chansonniers devaient se déployer simultanément à la place D'Youville, au monument Mgr Taschereau, au parc des Gouverneurs, à la place d'Armes, et aux jardins de l'Hôtel de Ville. En après-midi, la décision de déplacer artistes et spectateurs au sec - plus précisément au Palais Montcalm et à l'Institut canadien - s'est imposée et les organisateurs se sont tournés vers les stations de radio pour annoncer la nouvelle. 

«Théo Genest, qui était directeur du Palais Montcalm, a joué au maître de cérémonie en présentant les artistes sur scène. Il s'est beaucoup impliqué dans les activités du festival. Il nous avait pris en affection», note Bernard Pelchat à propos du «groupe des sept» qui, après avoir foulé les planches ensemble dans une pièce de Ionesco, s'était donné pour mission de revigorer une période de l'année plutôt creuse au chapitre de l'offre artistique. Musique, théâtre, cinéma, arts visuels: le FEQ ratissait large à ses débuts. 

«On voulait mettre toutes les disciplines dans l'éventail de façon à développer chaque cellule par après. L'objectif était d'occuper l'espace culturel pendant tout l'été», indique M. Pelchat. 

Au terme d'une première journée pour le moins mouvementée, le cofondateur du FEQ se souvient d'une bonne fatigue... et d'une grande fierté. «C'était énorme pour nous! lance-t-il. Ç'a été le premier événement d'envergure dans notre carrière...»

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Bien avant le Cirque du Soleil

Pamela MacDonald et Avram Patt du Bread and... (Fournie par le Bread and Puppet Theater) - image 5.0

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Pamela MacDonald et Avram Patt du Bread and Puppet Theater, lors d'une représentation du spectacle L'oiseleur en enfer à New York en 1971.

Fournie par le Bread and Puppet Theater

2 août 1971 / On raconte que des rencontres faites dans les coulisses du Festival d'été au début des années 80 - entre les Échassiers de Baie-Saint-Paul, la Fanfafonie ou le Cirque du trottoir de Belgique - pourraient avoir jeté les bases de ce qui allait devenir le Cirque du Soleil. On peut toutefois croire que le rassemblement estival et au moins un des artisans de la compagnie au succès mondial étaient déjà sur la même longueur d'onde depuis un bon moment...

Dans son autobiographie, Ma place au Soleil, le cofondateur du Cirque, Gilles Ste-Croix, raconte avoir vécu une «véritable épiphanie», en 1977, lors d'un stage avec le Bread and Puppet Theater, une compagnie du Vermont utilisant échasses et marionnettes géantes pour monter des pièces ancrées dans la contre-culture. Il ajoute que le premier spectacle qu'il a créé au sein des Échassiers de Baie-Saint-Paul, considérés comme l'embryon du Cirque du Soleil, était directement inspiré de son expérience avec le Bread and Puppet.

Bien avant de servir de tremplin au cofondateur du Cirque du Soleil, la compagnie américaine avait fait escale dans la capitale en 1971 pour offrir son spectacle L'oiseleur en enfer sur les plaines d'Abraham, dans la cour de l'ancienne prison de Québec. Montée à la manière d'un nô japonais, la pièce était soutenue par un propos engagé: le spectacle faisait référence à William Calley, condamné pour crimes de guerre au Viêtnam, puis libéré après l'intervention du président Nixon. 

Cinq pouces d'eau sur scène

La troupe s'est produite lors d'une soirée particulièrement pluvieuse, dans des conditions loin d'être idéales. «Je portais un chapeau de carton qui s'est désintégré pendant la performance», se rappelle Avram Patt, l'un des narrateurs du spectacle. «Les drains sur le plancher de pierre ne fonctionnaient pas, ajoute le marionnettiste Mark Dannenhauer. Après un moment, il y avait deux, puis trois, quatre et cinq pouces d'eau sur scène. On a continué à faire le spectacle et c'était correct. Puis, on s'est mis à entendre des bruits forts. La pluie froide frappait les lumières chaudes. Un à un, les spots explosaient. Il ne faisait pas complètement nuit, mais disons que le spectacle s'est terminé dans la pénombre.»

Le public, assez nombreux au début, a fondu sous la pluie, se souvient M. Patt. «À la fin, il ne devait rester que 10 ou 20 personnes, soit à peu près autant de spectateurs qu'il y avait de marionnettistes, raconte-t-il. Mais ils nous ont offert une ovation. Ils ont été incroyablement enthousiastes et démonstratifs.»

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«Tu me le vends-tu quatre piasses?»

Diane Tell... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche) - image 7.0

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Diane Tell

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

13 juillet 1996 / Ce n'est pas d'hier que les spectateurs ont un macaron à épingler sur leurs vêtements au Festival d'été. Dès le premier rendez-vous, en 1968, une fleur - qu'on nommait étrangement «papillon» - était distribuée dans les rues de Québec pour faire connaître le nouveau festival.

Pour renflouer les finances du FEQ, ses organisateurs ont transformé l'accessoire en laissez-passer obligatoire en 1995. En lui ajoutant une ampoule clignotante, l'année suivante, ils ont réussi à imposer une signature visuelle désormais indissociable de l'expérience festivalière, soulignée au fil du temps par plusieurs artistes invités.

Lors d'un concert symphonique désigné comme le spectacle le plus populaire du FEQ en 1996, Daniel Lavoie a été parmi les premiers musiciens à jouer devant une marée humaine clignotante. Selon la recension publiée dans Le Soleil sous la plume de Martin Roy, c'est toutefois à Diane Tell que devait revenir cette année-là «le prix de la réaction aux macarons clignotants». «Elle s'est longuement informée des caractéristiques du bidule avant de demander à un fan: "Tu me le vends-tu quatre piasses?"», a décrit le journaliste au lendemain de cette soirée au Pigeonnier.




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