Une apothéose signée Rammstein

Le spectacle a pris l'allure d'un long crescendo,... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le spectacle a pris l'allure d'un long crescendo, où chaque chanson semblait transporter la foule davantage que la précédente.

Le Soleil, Yan Doublet

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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 7 et 17 juillet 2016. »

(Québec) CRITIQUE / C'est sur une apothéose signée Rammstein que le 49e Festival d'été a pris fin, dimanche. Six ans après avoir enflammé les plaines d'Abraham, les Allemands ont remis ça avec un autre spectacle à couper le souffle, accueilli avec une ferveur telle que le leader du groupe, Till Lindemann, l'a terminé en lançant «Québec, que je t'aime».

Un long silence a précédé l'arrivée de Rammstein sur les planches, comme pour que le public puisse faire place au festin visuel et sonore qui l'attendait. Avant de se présenter, le sextuor a même enjoint les festivaliers, par l'entremise d'un message sur les écrans géants, à ranger les caméras pour mieux apprécier la performance. Vrai que quelques secondes d'inattention et l'on pouvait manquer un coup de théâtre...

Des feux d'artifice ont fusé dans le ciel et des flammes ont jailli du haut de la scène, tandis que les guitaristes Richard Z. Kruspe et Paul H. Landers sont descendus d'une plateforme. Dernier à faire son arrivée, sur les airs de la nouvelle chanson, Ramm 4, Till Lindemann est apparu tout de blanc vêtu et a pris le temps de nous faire une petite danse de claquettes. Car, aussi sombres puissent-ils être, les gars ne manquent pas d'humour. Avant que la pièce s'achève, le chanteur a lâché un «Québec, tabarnac» bien senti à travers ses lignes allemandes.

Le spectacle a pris l'allure d'un long crescendo, où chaque chanson semblait transporter la foule davantage que la précédente. Durant Zerstören, Lindemann nous est apparu bouffi, dans un costume brun, orné d'un chapeau. On a compris pourquoi: il avait une ceinture d'explosifs, qu'il n'a pas manqué d'actionner.

Pour l'excellente Ich tu dir weh, le claviériste, Flake, avait revêtu son kit sado-maso, laisse incluse. La scène était peut-être familière à ceux qui étaient sur les Plaines en 2010, mais non moins saisissante: Till Lindemann est allé le chercher à l'arrière-scène pour le plonger dans une baignoire, puis monter sur une plateforme et l'arroser de feu. Flake en est ressorti avec un habit de paillette doré et est retourné derrière son instrument, pour jouer tout en marchant sur un tapis roulant!

L'incontournable Du Hast a frappé fort, surtout que le public semblait en transe. Des flammes sortaient du haut comme du bas de la scène, en alternance, puis Lindemann a pris un fusil pour tirer en direction des festivaliers, ce qui a déclenché des flammes dans des colonnes, parmi la foule, avant de revenir sur les planches.

Il y avait tellement à voir, qu'on pouvait oublier combien les gars étaient impeccables derrière leurs instruments. Chaque exécution était précise et réglée au quart de tour, et ce, même si, en même temps, ils faisaient usage de pyrotechnie. C'est ainsi que pendant Feuer Frei!, les deux guitaristes et le chanteur oeuvraient avec des becs pour souffler des flammes, sans cesser de jouer. La bande pouvait même se permettre d'être plus discrète côté effets sur certains titres tant ils fonctionnaient bien, comme sur Mein Herz Brennt.

Après 1h15 de performance, la foule, qui s'étendait à perte de vue, sur les Plaines, ne voulait pas laisser partir le sextuor, ni son métal industriel. Les gars sont revenus pour trois autres pièces, qui ont grisé complètement les fans: Amerika, où tous chantaient et où fumée et confettis fusaient partout, y compris dans le visage de Flake et, enfin, la grande finale Engel aussi belle qu'époustouflante. Lindemann s'est accroché à des ailes de fer, puis a été hissé dans les airs. Bien sûr, du feu a jailli de cet ange sombre...

Nul doute qu'après sa visite de 2010, Rammstein a su recréer la magie et même se dépasser. Plusieurs devaient se demander, d'ailleurs, en quittant les lieux, jamais deux sans trois?

Gojira

C'est à la formation Gojira qu'est revenu l'honneur d'ouvrir cette ultime soirée sur les Plaines. Le groupe était content de revenir en ville, moins d'un an après son passage au Colisée. 

«La dernière fois, c'était pour Metallica, là, c'est pour Rammstein, c'est plutôt pas mal!» a constaté le leader Joe Duplantier.

Les Français n'ont pas perdu de temps pour s'exécuter et ça se bousculait joyeusement devant les planches, les amateurs essayant de créer un «mosh pit», de temps à autre.

Parmi les bons coups: Backbone, qui s'est achevée sur la finale de Remembrance était particulièrement mordante, mettant de l'avant la rythmique soutenue de Mario Duplantier.

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