Sting et Gabriel: mémorable!

Sting et Peter Gabriel ont présenté un spectacle... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Sting et Peter Gabriel ont présenté un spectacle soigné, qui a brillé tant par ses interprétations précises que son emballage étoffé.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Festival d'été

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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 7 et 17 juillet 2016. »

(Québec) CRITIQUE / Pour ouvrir le 49e Festival d'été de Québec, les organisateurs se sont tournés vers deux vétérans dont la proposition, baptisée Rock Paper Scissors, était pleine de promesses. Nul doute qu'elles ont été tenues, jeudi, sur les plaines d'Abraham: Sting et Peter Gabriel sont arrivés avec un spectacle soigné, qui a brillé tant par ses interprétations précises que son emballage étoffé.

Les deux vedettes devaient se trouver un peu malchanceuses. L'unique représentation extérieure de leur tournée conjointe a été accueillie par une météo peu clémente. Or si c'était frisquet, la pluie s'est gardée de tomber et ceci a fait une grande différence chez festivaliers: les Plaines étaient fort bien remplies.

C'est à Gabriel qu'est revenu l'honneur d'ouvrir le bal, avec The Rhythm of The Heat. Immédiatement, on a pu sentir que la machine derrière lui était parfaitement huilée. La pièce a lancé le concert avec poigne et subtilité. Puis, Sting est apparu pour une If I Ever Lose My Faith In You sans bavure, affichant ses couleurs avec une veste de cuir bleue. Car les deux clans avaient effectivement des teintes distinctes: le rouge pour Gabriel, soit par des éléments vestimentaires ou les éclairages, le bleu pour l'équipe de son vis-à-vis.

Saine compétition

Il ne faut pas croire qu'on avait affaire à une sorte d'affrontement, tout au plus à une saine compétition, qui a mené les deux équipes à se dépasser. Après que l'un et l'autre se soient succédés, les leaders ont fait équipe sur des chansons comme No Self Control ou encore Shock The Monkey. L'ex-Police s'est aussi approprié un titre de Genesis qui est loin d'être passé inaperçu chez les fans de progressif de Québec: Dancing With the Moonlit Knight. De son côté, Peter Gabriel a repris If You Love Somebody Set Them Free dans une version soul, ralentie, terriblement bien réussie.

Pour rendre le matériel, les deux groupes réunissaient des instrumentistes de haut calibre comme le guitariste Dominic Miller, le bassiste Tony Levin ou encore le violoniste Peter Tickell, qui a été éblouissant durant Driven To Tears - une mini caméra en bandoulière a permis de ne rien rater de son doigté. Et que dire de la choriste Jennie Abrahamson, qui a vraiment bien donné la réplique à Gabriel durant Don't Give Up

Évidemment, tout ce talent aurait été moins apprécié si les deux vedettes n'avaient pas affiché la forme vocale. À ce chapitre, du haut de leurs 64 et 66 ans respectifs, Sting et Gabriel - que ce dernier avait rebaptisé les jumeaux tantriques! - étaient indéniablement en voix. 

Au total, ils étaient quelque 14 musiciens et choristes sur les planches, or jamais les interprétations n'étaient surchargées. Tout ce beau monde savait quand prendre leur instrument et quand le taire. 

Segments nuancés

Sting et Gabriel se sont fait un honneur de s'adresser au public en français tout au long de la soirée. Ils se sont aussi régulièrement permis des passages plus nuancés. À certains moments, comme durant Fragile, où Dominic Miller a pris la contrebasse et Sting, la six cordes, c'était vraiment réussi. Or plus tard, après que Sting ait grisé le public avec une excellente Roxanne comptant un segment doucereux et jazzy, Gabriel s'est plongé dans une Love Can Heal qui aurait sans doute mieux marché en salle, l'attention des fans s'étant étiolée. Mais il s'agit là du seul reproche qu'on peut faire à cet excellent concert, où projections, images traitées en temps réel et parfois même chorégraphies venaient agrémenter les interprétations.

Avec les incontournables Every Breath You Take et Sledgehammer, en rappel, on a eu droit à pas moins de 26 chansons pour quelque deux heures et demie de performance. Une ouverture mémorable, comme on n'en a pas au FEQ eu depuis longtemps.

La soirée en 26 succès

Peter Gabriel

1. The Rhythm of the Heat 

Sting

2. If I Ever Lose My Faith in You 

Sting et Peter Gabriel

3. No Self Control

4. Invisible Sun

5. Shock the Monkey

Peter Gabriel

6. Secret World

Sting:

7. Driven to Tears

Sting & Peter Gabriel

8. Fragile

Peter Gabriel

9. Red Rain

Sting

10. Dancing With the Moonlit Knight

Sting & Peter Gabriel

11. Message in a Bottle

Peter Gabriel

12. San Jacinto

Sting

13. Walking in Your Footsteps

Sting & Peter Gabriel

14. Kiss That Frog

Peter Gabriel

15. Don't Give Up

Peter Gabriel & Sting

16. Big Time

17. Englishman in New York

18. Solsbury Hill

Sting

19. Every Little Thing She Does is Magic

Peter Gabriel

20. If You Love Somebody Set Them Free

Sting

21. Roxanne

Peter Gabriel

22. Love Can Heal

Sting

23. Desert Rose

Peter Gabriel & Sting

24. In Your Eyes

Rappel:

25. Every Breath You Take

26. Sledgehammer

Charlotte Cardin

Charlotte Cardin avait tout un contrat en début de soirée. On avait demandé à l'artiste et mannequin de 21 ans de remplacer Brandi Carlile, forcée d'annulée son passage en ville en raison de mortalité dans sa famille. Cardin est ainsi passée des planches du Coeur du FEQ, attitrée aux artistes émergents, à la plus grande scène de l'événement. 

Plutôt que de sembler intimidée, elle a pris un plaisir évident à l'expérience et s'est tirée d'affaires de manière fort honorable. «On est tellement honoré d'ouvrir pour deux légendes de la musique, on capote», s'est-elle exclamé.

Se produisant en trio, elle a proposé des titres de son mini-album Big Boy, qui doit paraître officiellement le 15 juillet. Tantôt simplement derrière le micro, tantôt également au piano, Cardin a mis de l'avant une voix juste et assurée. Parmi ses bons coups, Talk Talk, qui a fait réagir au public, tout comme Faufile, en fin de programme.

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