Critique

Interpol: de main de maître

Le trio Interpol, avec Paul Banks à la... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le trio Interpol, avec Paul Banks à la voix (photo), était soudé, propulsé par une balance de son impeccable et un jeu de lumière monochrome enveloppant.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Les festivaliers qui se sont présentés en grand nombre vendredi soir au parc de la Francophonie avaient hâte de voir Interpol pour la première fois à Québec. Les New Yorkais ne les ont pas déçus. Leur prestation relevée est un des meilleurs moments musicaux de ce 48e Festival d'été de Québec (FEQ).

Leader du renouveau post-punk depuis ses débuts, il y a 18 ans, Interpol compte sur la voix de baryton de Paul Banks (à la Ian Curtis), les guitares sombres de Daniel Kessler et la rythmique punchée de Sam Fogarino. 

Le trio était accompagné d'un bassiste et d'un claviériste pour reproduire toute la richesse des textures de sa musique, interprétée de main de maître. La formation était soudée, propulsée par une balance de son impeccable et un jeu de lumière monochrome enveloppant. 

Les gars ne sont pas des bêtes de scène, mais quelle précision dans le jeu : ouf! Même dans les moments moins rythmés, il n'y avait pas de baisses d'intensité notables. Fascinant.

Interpol a puisé en parts égales dans ses deux premiers CD et son plus récent, délaissant pas mal les troisième et quatrième - sage décision. La foule réagissait d'ailleurs souvent dès les premières notes, que ce soit Anywhere, Evil ou The New. Même à leur première visite, ils n'ont pas hésité à jouer des pièces moins évidentes - on appelle ça de l'audace et de la confiance dans son répertoire.

All the Rage Back Home, Lights et Obstacle 1, au rappel, ont fini de nous en mettre plein les oreilles.

Émules de Sonic Youth

On n'a jamais eu la chance de voir les légendaires Sonic Youth au FEQ, mais leur influence était audible vendredi soir avec les deux groupes qui ouvraient pour Interpol : Viet Cong et Heat.

Après avoir vu Viet Cong sur scène au FEQ, on adhère tout à fait à l'enthousiasme critique qui a suivi la parution de leur premier essai - leur album éponyme est en lice pour le prix Polaris (album canadien de l'année). Le quatuor de Calgary propose un post-punk qui n'a pas peur de l'expérimentation, avec un son qui fait référence à Bauhaus et à Joy Division.

C'est toutefois dans l'audace des grandes envolées sonores tortueuses et hypnotiques qu'on reconnaît l'empreinte de Sonic Youth - avec la distorsion et les variations de tempo, aussi. Cela dit, Viet Cong a sa personnalité sonore, notamment avec des touches néopsychédéliques et pop. 

Pas pour tout le monde, mais une authentique performance.

Heat froid

Heat était chargé de démarrer le bal. Quoique leur rock alternatif pesant et distortionné ne se prêtait pas vraiment à la danse. Et comme le quatuor de Montréal était très statique... en fait, on aurait plutôt cru à un groupe de New York. En plus de l'influence de Sonic Youth, on entendait des réminiscences de Television dans les guitares et le chanteur a le timbre - et la nonchalance - de Lou Reed.

Bien tourné, mais côté personnalité et originalité, on repassera. En fait, Heat peinait à retenir mon attention et celle d'une bonne partie de la foule, qui applaudissait poliment. On se demande d'ailleurs si le chanteur ironisait en disant : «You're a great fucking crowd.» En passant, pour un groupe de la métropole, quelques mots en français auraient été appréciés...

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