Deep Purple: évoquer la fin? «C'est tabou»

Le guitariste Steve Morse, en 2004, lors du... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le guitariste Steve Morse, en 2004, lors du passage de Deep Purple à l'Agora de Québec.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Après 47 ans de loyaux services, Deep Purple a certainement moins de kilomètres à parcourir qu'il n'en a au compteur. Est-ce que le temps est venu de songer à un grand événement, ralliant tous les membres de la vaste famille, ou de faire une tournée spéciale au terme de laquelle la célèbre formation britannique franchirait le fil d'arrivée? Voilà l'un des sujets que Le Soleil a abordés avec le guitariste Steve Morse, qui n'a esquivé aucune question.

Q Personne ne souhaite que la longue aventure de Deep Purple s'achève, mais il faudra tôt ou tard y faire face. Vous -arrive-t-il d'en discuter ou est-ce quelque chose de tabou?

R C'est un truc tabou. Je veux en parler, mais personne d'autre ne le veut. Je pense que ça va être un de ces groupes qui meurent sur la route, comme dans un gros écrasement. Ils ne s'arrêteront jamais. Ils ne veulent pas planifier ça. Ils ne veulent pas y faire face. Je veux dire... ils y font face, en quelque sorte, parce que chaque jour, quand tu te lèves, tu réalises que tu es plus vieux. Mais ces gars-là adorent être dans Deep Purple et ils ne veulent pas que ça se termine.

Q Entre-temps, vous continuez d'être très actifs. Votre album Now What?! (2013), paru après un trop long silence discographique, a été un vif succès. J'imagine que vous n'attendrez pas aussi longtemps pour le prochain?

R Effectivement, on a déjà commencé à faire des sessions d'enregistrement. On a fait deux séances d'écriture. Je crois qu'on a suffisamment de matériel pour faire un autre album. Tout est question de trouver du temps pour enregistrer, car l'agenda est bien rempli. 

Q Vous travaillerez de nouveau avec le réalisateur Bob Ezrin (Pink Floyd, Alice Cooper, Peter Gabriel)?

R Oui! Ça enlève beaucoup de poids, travailler avec quelqu'un qui est tellement capable de voir l'ensemble de l'oeuvre, qui est brillant, qui a à la fois une excellente mémoire et un excellent instinct. Bob a tout ça. J'essaie de ne pas lui dire à quel point il est bon, mais il l'est! [...] Il est difficile à satisfaire. Et tous ont besoin de ça : un patron qui est dur, mais juste, et qui comprend leur travail. Je crois que c'est un bon partenariat.

Q Au fil des ans, Deep Purple a teinté son hard rock de blues, de folk, de funk, de classique, de world et même de jazz. Il y a encore des éléments que vous souhaitez explorer?

R Oh, oui! J'aimerais vraiment faire un album de jazz swing. Paicey adore ça, Don (Airey) et moi, on connecte facilement sur du matériel jazz. C'est quelque chose à quoi nous n'avons pas vraiment touché, même s'il y a des éléments jazzy sur bien des pièces...

Q Vous avez écrit tellement de matériel depuis votre arrivée dans le groupe, en 1993, mais vous vous retrouvez dans cette tournée à jouer quelques titres du récent Now What?!, et deux instrumentaux qui ont votre signature, mais du reste ce sont les titres de période dite classique qui prennent le dessus. C'est une frustration?

R Oui, mais c'est un groupe. Et à titre de groupe, on fait ce qui est le mieux pour l'énergie du groupe. Si on prend une pièce comme Ted The Mechanic, Ian doit débouler les paroles qui sont au-dessus de son répertoire naturel, avant de tomber dans son registre de fausset, donc c'est très difficile. Et quand vous faites une tournée, vous devez identifier ce qui va le mieux fonctionner sur le long terme. On le laisse donc faire plusieurs des choix. En général, on n'argumente pas s'il ne se sent pas apte à bien rendre une pièce un certain soir. C'est un combattant! Il a plus de 21 ans - certains ne le savent pas! - mais il est hallucinant. 

Q Deux incarnations de Deep Purple, de 1973 à 1976, étaient avec David Coverdale et Glenn Hughes au chant. Coverdale vient de lancer un album de pièces de Deep Purple avec sa formation Whitesnake, qu'il a baptisé The Purple Album. Que pensez-vous de ça?

R C'est une idée intéressante... Normalement, les artistes solos essaient de ne pas trop s'associer avec les groupes avec lesquels ils ont joué auparavant. Mais, au contraire, les équipes responsables de la promotion autour de l'artiste le font toujours! Alors peut-être que lui ou son gérant avaient cette idée de promotion en tête. Du point de vue de la légitimité, il était chanteur dans Deep Purple et il joue du matériel de cette époque, alors... C'est une sorte d'approche d'affaires... Certaines personnes peuvent être confuses et croire qu'il s'agit de Deep Purple, mais il y aura toujours des personnes confuses, j'imagine...

Q En Europe et un peu partout dans le monde, Deep Purple est aisément l'équivalent d'un Led Zeppelin, du point de vue popularité et prestige, mais en Amérique ce rayonnement s'est estompé. Comment, vous qui êtes le seul Américain du groupe, expliquez-vous ça?

R Le groupe n'était pas ensemble durant le plus gros de l'explosion de MTV. Ils n'ont donc pas eu de vidéos qui ont tourné, comme ça a pu être le cas pour des groupes comme Def Leppard ou White-snake, ce qui leur garantissait une grande visibilité. Par conséquent, une portion du public a été délaissée. À partir de l'Angleterre, à une heure de vol, vous avez accès à une foule de pays européens où les déplacements sont faciles et la rémunération, meilleure. Aussi, au fil des ans, l'Amérique du Nord a été négligée. En arrivant dans le groupe, c'est la première chose contre laquelle je me suis insurgé. J'ai dit : "Allez, changeons ça, les Américains ne nous connaissent plus..." On me répondait : "Oui, mais les Européens nous connaissent, on doit jouer pour eux." C'est un cercle vicieux... Mais il y a une autre raison : en Amérique, nous avons les stations de radio classiques qui, pour une raison ou une autre, ne s'intéressent qu'à une poignée de chansons et ne jouent pas les autres. Elles font des entrevues avec le groupe, mais ne jouent pas le nouveau matériel, donc ça envoie le signal qu'on ne fait qu'une tournée de réunion...

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