Deep Purple: le feu sacré

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Deep Purple sera sur les plaines d'Abraham dimanche à 20h45.

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Festival d'été

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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 7 et 17 juillet 2016. »

(Québec) La longue histoire de Deep Purple a des allures de saga, ponctuée de hauts, de bas et de coups d'éclat. À la veille du concert de la formation britannique sur les plaines d'Abraham, le bassiste Roger Glover revient sur différents épisodes clés dans la trajectoire du groupe.

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Le 29 mars 1985, Deep Purple, qui s'est trouvé un nouvel élan avec l'album Perfect Strangers, s'arrête au Colisée de Québec. À l'avant-plan, Jon Lord, Ian Gillan et Roger Glover. 

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Deep Purple s'arrête au Colisée le 6 avril 1972 avec Randy California qui prend la relève de Ritchie Blackmore à la guitare, victime d'une hépatite.

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Q Vous vous êtes joint à Deep Purple en 1969, en même temps que le chanteur Ian Gillan, soit un an après la fondation du groupe. Vous avez alors endisqué un simple étonnant, Hallelujah, teinté de gospel, qui n'avait absolument rien à voir avec le virage hard rock pour lequel le groupe est connu aujourd'hui...

R En fait, quand on a enregistré Hallelujah, je n'étais pas encore dans le groupe, c'était mon audition. Je crois que le groupe ne le savait pas... Et moi non plus! Le groupe avait eu un immense succès avec Hush aux États-Unis, mais, par la suite, ça avait été la dégringolade. En Europe, ils étaient inconnus; moi-même je ne les connaissais pas. J'étais dans le groupe Episode Six avec Ian Gillan. [Le claviériste de Deep Purple] Jon Lord et [le guitariste] Ritchie Blackmore étaient venus nous voir jouer et c'est là que Ian Gillan nous avait annoncé qu'il partait pour joindre Deep Purple. Comme Ian et moi écrivions des chansons, il m'avait ensuite appelé et m'avait dit : «Écoute, ce groupe que j'ai joint a eu du succès aux États-Unis et ils cherchent des chansons.» Je suis allé chez Jon Lord et on lui a joué nos compositions, puis il nous a fait entendre un démo d'Hallelujah [...] et il m'a dit qu'ils allaient enregistrer ce soir-là, en m'invitant. C'est la première fois que j'ai rencontré [le batteur] Ian Paice et Ritchie Blackmore. On a enregistré, j'ai contribué aux arrangements, on a eu une discussion et c'est là qu'ils m'ont offert de me joindre au groupe. 

Q Vous n'aviez donc pas encore d'idée précise de ce qu'allait devenir l'album In Rock (1970), votre premier grand succès?

R Non, mais je crois que Ian Gillan et moi avons apporté un aspect différent au groupe. Quelques semaines plus tard, il a écrit le texte de Child In Time, alors qu'auparavant ses textes avaient quelque chose de plus infantile. Les deux premières chansons dans lesquelles j'ai été impliqué ont été Speed King et Into The Fire, alors je crois que tous les deux nous avons su nous élever dans nos capacités individuelles et, au final, ça a été génial... Nous avons pris l'ascenseur au rez-de-chaussée et nous nous sommes retrouvés au dernier étage du haut!

Depuis 1994, Steve Morse (haut, à gauche) a... (Archives Le Soleil) - image 2.0

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Depuis 1994, Steve Morse (haut, à gauche) a pris le relais de Ritchie Blackmore à la guitare. Sur cette photo qui date de 1998, il est avec Ian Paice, Roger Glover, Jon Lord et Ian Gillan.

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Q La renommée planétaire est venue lorsque vous avez lancé Machine Head, en 1972. Curieusement, vous n'aviez pas senti l'immense potentiel de la chanson Smoke On The Water...

R On s'était trompés! Quand il y avait eu le feu au Casino de Montreux, où nous devions enregistrer, et que nous avons dû changer nos plans, Claude Nobs, responsable des lieux, nous avait trouvé un autre lieu, nommé Le Pavillon, et on s'était installés là pour une journée. Dans la soirée, Ritchie a commencé à jouer ce riff, qui ne nous semblait pas si bon. C'était un mid-tempo, mais nous avons fait les arrangements très rapidement. On a commencé à enregistrer et on a eu le temps de faire une prise, car autour de minuit on s'est fait dire par la police qu'on gardait l'hôtel entièrement éveillé et qu'on ne pouvait plus faire ça. [...] On a enregistré le reste ailleurs, mais on était à court de chanson et on s'est dit : «Si on réécoutait ce mid--tempo enregistré au Pavillon?» De mon côté, j'avais ce titre qui m'était venu en tête, Smoke On The Water. [...] Au départ, ce sont les DJ américains qui ont fait tourner cette chanson. Puis, avec l'album live Made In Japan, ça a vraiment explosé. Nous ne sommes pas de très bons juges de notre propre musique!

Q Est-ce qu'il y a des concerts, depuis, où vous n'avez pas joué cette pièce?

R À une certaine période, la pièce faisait partie du rappel et Ritchie avait décidé de ne pas faire de rappel s'il estimait que le public ne le méritait pas! Alors oui, à quelques occasions, c'est arrivé. Mais il y a eu un festival en Nouvelle-Zélande où il a refusé de faire le rappel, alors nous sommes allés la jouer sans lui. Jon Lord a fait le riff à l'orgue et on a continué de faire comme ça les fois que Ritchie ne se présentait pas... 

Q En 1984, après quelques soubresauts, l'équipe des beaux jours de Deep Purple, vous, Ian Gillan, Ritchie Black-more, Jon Lord et Ian Paice, se réunit pour la première fois en 11 ans. Qu'est-ce qui vous a ramené ensemble? À l'époque, il a fortement été question d'argent...

R Le sentiment d'ensemble était qu'il y avait du travail laissé inachevé. Nous avions tous continué dans des formations comme Rainbow, Gillan ou Whitesnake; nous étions tous des musiciens actifs. Mais il semble que nous avions atteint nos limites avec ces différents projets. Nous nous étions fait offrir des millions pour un seul concert qui aurait eu lieu en Espagne, je crois, avec un documentaire, et nous avions refusé. On était en contact, sans être proches, donc je crois que l'animosité s'était estompée et il y avait un degré de curiosité. Oui, on avait eu une avance, mais semblable à celles des autres groupes, qui couvrait les frais d'enregistrement, les dépenses, etc. L'argent est important, on ne peut pas faire grand-chose sans en avoir, mais ce n'était pas notre motivation et ça nous a dérangés que l'attention soit là-dessus. [...]  Avant de prendre une décision, nous avions fait un jam afin de voir si la musique serait au rendez-vous. On s'était rassemblés à Stowe, au Vermont, et quand j'ai levé la tête pour regarder autour de moi, tout le monde souriait et, dès lors, j'ai eu l'impression que j'étais en famille. On s'est dit «faisons-le!»

Perfect Strangers (1984) a été un immense succès, mais, peu à peu, les tensions entre Ritchie Blackmore et Ian Gillan ont refait surface, si bien que ce dernier s'est éclipsé le temps d'un album, Slaves and Masters (1990), où vous avez fait appel à Joe Lynn Turner. Comment voyez-vous cet enregistrement, qui n'a jamais fait l'unanimité?

R Vous pourriez écrire un livre uniquement sur cet épisode! Joe a une bonne voix, mais, ayant travaillé avec lui dans Rainbow, je n'étais pas chaud à l'idée de le voir dans Deep Purple; c'est une question de personnalité. C'était difficile de trouver quelqu'un, surtout qu'il y a le sentiment dans le groupe que Ian Gillan est la voix du band. Vous pouvez changer un instrument, mais changer un chanteur est quelque chose de drastique, car il devient en quelque sorte l'image et le caractère du groupe. [...] Joe et moi, on est toujours amis, je crois juste que ce n'était pas la bonne personne pour Purple. Et je suis d'accord avec les admirateurs : c'était plus un album de Rainbow que de Deep Purple. Notre batteur, Ian Paice, m'a surpris en disant en entrevue que c'était un album super important, car si on ne l'avait pas fait, on ne serait pas ici aujourd'hui. Il a raison : chaque pas en est un vers l'avant...

Q Vous passez énormément de temps sur la route, à tel point que les parutions d'albums se sont espacées ces dernières années. Qu'est-ce qui entretient ainsi votre feu sacré?

R Je crois que ça prend certains traits de caractère. Il y a un élément romantique, gitan, chez ceux qui tournent beaucoup et, pour être franc, faire de la musique et enregistrer n'est plus la même chose que c'était. On a toujours été un groupe live. Les enregistrements ont toujours été quelque chose de moins facile pour nous. Aussitôt que vous enregistrez, ça devient en quelque sorte figé et on n'est pas ce genre de musiciens. Il y a beaucoup de liberté dans ce groupe, quelque chose de presque jazz dans notre musique, même si c'est du hard. La scène est l'endroit où nous vivons et, aujourd'hui, c'est à peu près la seule façon de gagner sa vie, alors voilà où nous sommes. Et nous sommes chanceux d'y être!

***

Randy California... (Archives Le Soleil) - image 3.0

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Randy California

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Un remplaçant à Québec

Le 6 avril 1972, Deep Purple s'est arrêté à Québec avec une formation singulière. Ce soir-là, au lieu du guitariste Ritchie Blackmore, le public a vu Randy California monter sur scène. Blackmore était victime d'une hépatite et, comme le groupe sentait qu'il avait une chance de s'imposer sur le territoire, il a tenté de mener sa tournée jusqu'au bout, même avec un remplaçant... «À l'époque, le groupe de Randy California, Spirit, avait la cote, alors on l'a approché, se remémore Roger Glover. Je crois qu'on n'a répété que quelques heures avant de monter sur scène. C'était un bon gars, mais, aussi talentueux qu'il pouvait être, ça ne semblait pas la bonne chose à faire de poursuivre la tournée ainsi, alors on a tout arrêté. Ça a repoussé nos chances d'être reconnus en Amérique de six mois ou un an...»

***

=> Vous voulez y aller?

  • Qui : Deep Purple
  • Quand : dimanche, à 20h45
  •  : plaines d'Abraham
  • Accès : laissez-passer
  • Info : infofestival.com

La longue histoire de Deep Purple a des allures de saga,... (Archives Le Soleil) - image 4.0

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La dynastie Purple

Deep Purple est une grande famille, qui se déploie de l'Angleterre natale du groupe aux États-Unis. Afin de mieux s'y retrouver, voici un tour d'horizon des membres officiels.

1- Ian Paice, batterie (1968-présent)

Le batteur de Deep Purple est le seul membre fondateur encore à bord. Émule de Buddy Rich, celui qu'on surnomme Paicey a aussi fondé l'épisodique Paice, Ashton & Lord et a joué avec Whitesnake, Gary Moore et Paul McCart-ney. On peut l'entendre sur chacun des albums du groupe.

2 - Ritchie Blackmore, guitare (1968 à 1975, 1984 à 1993) 

Responsable du virage hard rock qui s'amorce avec In Rock (1970), Ritchie Blackmore quitte le groupe en 1975 afin de fonder Rainbow, qui connaîtra un grand succès. Il renoue avec Deep Purple en 1984 et part neuf ans plus tard pour l'aventure folk--médiévale Blackmore's Night avec sa conjointe. 

3 - Jon Lord, orgue, claviers (1968-2002)

Jon Lord est responsable des teintes classiques et des orchestrations fouillées du groupe. Il transporte son jeu inimitable d'orgue Hammond chez Whitesnake de 1978 à 1984. En 2002, il quitte Deep Purple pour se consacrer à ses oeuvres classiques, fort bien accueillies. Il s'éteint en 2012.

4 - Rod Evans, chant (1968-1969)

Rod Evans est la voix de la fameuse reprise Hush, qui vaut à Deep Purple un chaleureux accueil aux États-Unis. Il se joint à Captain Beyond en 1971 et a la mauvaise idée d'être à la tête d'un faux Deep Purple en 1980, ce qui lui vaudra, ultimement, d'être évincé du monde de la musique.

5 - Nick Simper, basse (1968-1969)

Remercié après les trois premiers albums, en même temps que Rod Evans, Nick Simper poursuit sa route avec Warhorse, Fandago et les Good Old Boys. Il défend aujourd'hui le répertoire des premières années de Deep Purple avec Nasty Habits.

6 - Ian Gillan (1969-1973, 1984-1989, 1992-présent)

Reconnu comme LA voix de DP, Gillan se distingue par son vaste registre vocal. Il part en 1973 à la suite de différends avec Black-more pour fonder son propre groupe et participer à un album de Black Sabbath. Présent pour la réunion de 1984, il se fait montrer la porte en 1989, puis rentre au bercail en 1992.

7 - Roger Glover, basse (1969-1973, 1984-présent)

Glover a été «volé» au groupe Episode Six en même temps que Ian Gillan, son ami de longue date. Remercié en 1973, il met par la suite de l'avant des projets solos, développe ses talents de réalisateur et reste en bons termes avec Blackmore, qu'il rejoint dans Rainbow.

8 - David Coverdale, chant (1973-1976)

Avec sa puissante voix bluesy, Coverdale permet à Deep Purple de se maintenir au sommet, en dépit du départ de Gillan. En 1977, il amorce une carrière solo, puis pilote une mouture blues rock de Whitesnake, à laquelle il fera prendre un virage hair metal en 1984. Il collabore avec Jimmy Page le temps d'un album.

9 - Glenn Hughes, basse, chant (1973-1976)

Amateur de funk, il amènera ce style chez Deep Purple, précurseur des Red Hot Chili Peppers. Sa longue dépendance à la drogue ne parvient pas à ternir sa remarquable voix. En plus de sa carrière solo, il a joué avec Black Sabbath et a formé le supergroupe Black Country Communion.

10 - Tommy Bolin, guitare (1975-1976)

Recruté par Coverdale pour remplacer Blackmore, Bolin a signé l'excellent - quoique mal aimé - Come Taste The Band. Décédé à 25 ans d'une surdose, ce guitariste hyperdoué a notamment enregistré deux solides albums solos. Il est le premier membre américain de DP.

11 - Joe Lynn Turner, chant (1989-1992)

Turner a été embauché par Ritchie Blackmore pour les années pop de Rainbow, au début des années 80. Le passage de l'Américain au sein de Deep Purple est loin de faire l'unanimité. Malgré ses qualités musicales, l'album Slaves and Masters (1990) est décrié par les uns, salué par les autres.

12 - Steve Morse, guitare (1994-présent)

L'arrivée de Steve Morse, un troisième Américain, a revigoré le groupe et a mis un terme aux fameuses tensions entre Black-more et Gillan. Fondateur des Dixie Dregs, Morse s'est intégré rapidement et son apport musical ainsi que son jeu ont comblé la grande majorité des admirateurs.

13 - Don Airey, orgue, claviers (2002-présent)

Airey gravitait autour de la planète Purple depuis des années avant de prendre le relais de Jon Lord. On a pu l'entendre dans Rainbow et Whitesnake. Il a aussi joué avec Ozzy. S'il est doué à l'orgue B3, il aime mettre de l'avant son savoir-faire aux claviers.   

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