Charles Bradley: soul, funk et ténacité

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Charles Bradley est devenue une figure mythique de la soul et de la funk.

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Festival d'été

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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 9 au 19 juillet 2015. »

<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Même s'il chante devant public depuis qu'il est adolescent, ce n'est qu'à l'âge de 62 ans que Charles Bradley a finalement lancé un premier album. Cet artiste passionné et tenace qui a grandi sans le sou en écoutant et en interprétant James Brown savoure aujourd'hui ce succès tardif qui a fait de lui une figure mythique de la soul et de la funk.

«C'est un peu doux-amer, ce qui m'arrive aujourd'hui. Oui, c'est fantastique de pouvoir enfin chanter mes chansons, mais, autrefois, les gens aimaient que je fasse autre chose. Ils n'aimaient pas que je chante mon matériel original», explique au bout du fil l'artiste de 66 ans qui se produira à la place D'Youville lundi lors du Festival d'été de Québec.

Dans les années 1990 et 2000, c'est en interprétant les succès du «Godfather of Soul» que Bradley gagnait sa vie sous le nom de Black Velvet. «Tout ce qu'ils voulaient, c'est me faire chanter du James Brown, car je suis bon là-dedans. Bien sûr, je connais 58 pièces de James Brown, mais il y a tant d'autres choses que je peux faire.»

Inspiration

S'il ne reprend à peu près plus les titres de Brown depuis qu'il a lancé ses albums No Time For Dreaming en 2011 et Victim of Love en 2013, Charles Bradley avoue qu'il a appris beaucoup de la regrettée légende de la musique soul.

«Je viens d'un milieu très pauvre, je me reconnais dans ce qu'il chantait, l'idée de tout laisser sortir. Parfois, ses mots semblent si durs, mais c'est comme ça que je suis moi aussi : l'esprit, l'âme, le coeur. Je le donne de la manière dont je le sens. Et autre chose, il ne faisait qu'à sa tête. Ils étaient plusieurs à lui dire de ne pas lancer la pièce Please, please, please, que ça ne marcherait jamais et ça a finalement été son premier succès», poursuit-il.

Bradley insiste cependant sur le fait que, contrairement au qualificatif utilisé par plusieurs à l'époque de Black Velvet, il n'a jamais été un imitateur de James Brown. «Mais comme lui, quand je vais monter sur scène, je vais te faire arrêter et regarder», raconte celui qui a également adopté les mouvements, les goûts vestimentaires et les cris stridents du défunt «Parrain».

Trois clés

Le mélange parfait qui lui a permis de passer de l'itinérance et de la pauvreté à une carrière musicale internationale, Charles Bradley le doit un peu à trois personnes : Gabriel Roth, alias Bosco Mann, le bassiste de Sharon Jones & the Dap-Kings, le producteur Tom Brenneck et le cinéaste Poull Brien.

«Quand je suis retourné vivre à New York à la fin des années 90, j'ai rencontré Gabriel et je lui ai dit que je voulais aller en studio. Il m'a fait participer à un spectacle de Sharon Jones et ça a très bien sorti. J'aimais la musique et les paroles me venaient naturellement», raconte-t-il.

La route n'allait toutefois pas être facile, puisque, peu de temps après, le frère de Bradley se faisait assassiner. «Cet événement m'a plongé dans une profonde dépression. Je marchais en ville comme un zombie. C'est là que Tom, qui m'avait été présenté par Gabriel, m'a dit de parler de ce qui m'arrivait et il m'a proposé un album. La première chanson que j'ai composée pour cet album venait de cette douleur et de ce mal de vivre», poursuit-il.

Quelques simples lancés sur Daptone Records et ce premier album ont commencé à stimuler l'intérêt pour le cheminement particulier de celui qui s'est maintenant fait un surnom : «The Screaming Eagle of Soul».

Un film

«Tout à coup, un jour, il y a ce gars qui vient m'interviewer. Il me dit qu'il aime ma personnalité et dit à Tom qu'il veut faire un film sur moi, qu'il veut rencontrer ma mère, mon oncle», explique Bradley. Il s'agissait bien sûr de Brien, et le chanteur est embarqué dans le projet, même s'il avoue n'avoir jamais vu en entier le documentaire Soul of America, qui a été encensé par la critique et a stimulé l'intérêt pour sa carrière.

«Quand il a rencontré mon oncle, mon frère, ils ont dit tellement de choses que j'étais sous le choc. Même si je savais que c'était la vérité, c'était beaucoup trop. J'en ai regardé une partie, mais je n'ai jamais été capable de le regarder au complet. Et pour tout vous dire, je n'ai jamais laissé ma mère le regarder», poursuit-il à propos de celle qui est décédée au début de 2014.

Après avoir vécu autant de changements dans sa vie, Charles Bradley s'assure maintenant de conserver son équilibre. «Je sais, dans mon coeur, mon esprit et mon âme, que je suis clean. Je prends soin de ma santé et je veux vous montrer l'amour, vous savez!» conclut-il.

Vous voulez y aller?

Qui : Charles Bradley and His Extraordinaires

Où : place D'Youville

Quand : lundi, à 21h30

Accès : gratuit (laissez-passer du FEQ suggéré)

Info : www.infofestival.com ou 418 523-4540

Ne lui parlez pas de Jay Z!

Plusieurs seraient portés à croire que Charles Bradley est heureux de voir son matériel utilisé en échantillonnage par une star planétaire comme le rappeur Jay Z. Rien n'est plus faux cependant. «Ce qu'il a fait n'est vraiment pas correct. Il aurait dû au moins me le laisser savoir avant de le faire. J'aurais pu lui dire ce que j'en pensais», commente Bradley au sujet de la pièce Open Letter tirée de l'album de Jay Z Magna Carta... Holy Grail, qui s'appuie énormément sur des extraits de la chanson I Believe in your Love, lancée par Bradley deux ans plus tôt.

Jared Swilley a déjà hâte de voir son idole

Charles Bradley pourra compter sur un autre artiste du Festival d'été pour l'appuyer cette année, puisque Jared Swilley, des Black Lips, avoue adorer l'artiste et son oeuvre. «Il sera vraiment au Festival lui aussi? Wow! Mon gars, tu viens de faire ma journée», a déclaré au Soleil celui qui a juré d'assister au spectacle de Bradley le lendemain de celui de son groupe si la logistique lui permettait.

«Quand nous avons enregistré notre dernier disque, Charles était souvent dans le studio, car Tom Brenneck a agi comme producteur, et ces deux-là sont toujours ensemble. Ils m'ont été présentés par le producteur Mark Ronson, et ce sont deux gars qui nous ont beaucoup aidés, des musiciens qui écoutent la musique d'une manière différente», poursuit-il, faisant l'éloge du chanteur et de son acolyte.

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