Black Lips: tableau de chasse planétaire

Les Black Lips joueront pour la première fois... (Photo Zach Wolfe)

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Les Black Lips joueront pour la première fois à Québec dimanche soir, au Festival d'été.

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Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 9 au 19 juillet 2015. »

<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Après avoir joué dans plusieurs coins du monde où peu de groupes rock avaient branché leurs Gibson et leurs Fender avant eux, le groupe garage punk Black Lips, d'Atlanta, ajoutera une autre ville à son tableau de chasse en se produisant pour la première fois à Québec, dimanche au Festival d'été.

«Oui, ce sera notre première présence à Québec. Nous avons déjà joué à Montréal, mais jamais à Québec. Depuis une semaine, je regarde des images du Vieux-Québec et j'ai vraiment hâte d'y aller. Je trouve ça magnifique», déclarait à la mi-juin le bassiste et chanteur Jared Swilley en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

Grands voyageurs, les Black Lips se produiront aussi pour une première fois au Cambodge, au Viêtnam et en Indonésie plus tard cette année, mais c'est une tournée que le quatuor a faite au Moyen-Orient en 2012 qui a marqué l'imaginaire collectif.

«On se demandait s'il y avait un endroit dans le monde où un groupe américain de Géorgie ne pourrait vraiment pas partir en tournée et on a immédiatement pensé au Moyen-Orient. On a communiqué avec des groupes d'Iran, d'Irak et d'Égypte qui étaient en tournée aux États-Unis afin d'avoir des informations. Ça nous a pris trois ans à planifier cette tournée», raconte Swilley.

Sans problème

L'Égypte, le Liban, l'Irak, la Jordanie et la Syrie figuraient à l'itinéraire. «Cette tournée s'est très bien déroulée. C'était super, la plupart des spectateurs dans ces pays n'avaient jamais vu de spectacle rock, alors nous étions le meilleur groupe rock qu'ils n'aient jamais vu! Il y a seulement le spectacle de Damas, en Syrie, qu'il a fallu annuler en raison de la guerre civile», explique le bassiste en signalant que son groupe n'avait eu aucun problème avec les autorités dans ces pays musulmans.

«Les seuls problèmes que nous ayons eus, c'est avec des étudiants universitaires en Jordanie. Des étudiants universitaires riches qui étudient en Europe ou aux États-Unis et qui étaient frustrés parce que nous avions joué en Israël en 2007. Écoutez, nous faisons de la musique, nous ne devrions pas avoir à répondre à des considérations politiques. Et le gouvernement israélien s'en fout éperdument que nous jouions ou non chez eux.»

Swilley ajoute que les résidents de ces pays sont beaucoup plus libres que les Occidentaux peuvent le penser. «Par exemple, au Caire et à Beyrouth, il y a une scène artistique et culturelle très riche, et les gens là-bas détestent autant les extrémistes musulmans que nous détestons les fondamentalistes chrétiens», indique-t-il.

Les Black Lips n'hésiteraient d'ailleurs pas à retourner au Moyen-Orient. «Peut-être pas en Irak, parce que c'est plutôt difficile présentement», souligne le bassiste. Mais y a-t-il des endroits où le groupe ne jouerait pas? La Corée du Nord, par exemple? «Non, on ne jouerait vraiment pas là», déclare Swilley à propos du fief de Jong-un Kim. De toute façon, ce sont tous des nerds là-bas, et il y a beaucoup trop de règlements!»

Le quatuor a d'ailleurs changé un peu ses pratiques sur scène depuis un épisode survenu à Madras, en Inde, en 2009, alors que les musiciens avaient été forcés de quitter le pays en catastrophe sous peine de voir être déposées contre eux des accusations pouvant mener à une peine de quatre mois de prison.

«C'était pour homosexualité... mais le plus drôle c'est que nous ne sommes pas gais. Il y a deux membres du groupe qui s'étaient embrassés sur scène pour déconner», explique Swilley en terminant.

Vous voulez y aller?

Qui : Black Lips (invités : METZ et Ponctuation)

Où : Impérial

Quand : demain, à 21h50

Accès : laissez-passer

Info : 418 523-4540 ou www.infofestival.com

Comme en 2004

Les Black Lips présenteront cette année à Québec le même alignement que sur leur album We Did Not Know the Forest Spirit Made the Flowers Grow, lancé en 2004. Le départ du guitariste Ian St. Pé l'an dernier a en effet coïncidé avec le retour, après plus de 10 ans d'exil, de Jack Hines au sein du quatuor.

«Ian voulait se marier et n'avait plus le goût de faire des tournées. Il a été correct, il nous a donné un an d'avis. Pour nous, il fallait garder ça dans la famille, alors on a rappelé Jack. Nous avons grandi ensemble, et c'est super qu'il soit de retour», explique le bassiste Jared Swilley.

Ce retour se veut aussi une reconnaissance des sacrifices faits par Hines lors des débuts des Black Lips. «Il était dans le groupe quand on travaillait très fort, mais qu'on ne faisait pas du tout d'argent. Il a fait toutes ces tournées de merde durant lesquelles on habitait dans des refuges pour sans-abri, une vie que tu ne peux vivre que si tu es un ado ou que tu es vraiment stupide», a-t-il illustré.

Swilley, Hines et leurs acolytes Cole Alexander (guitare, voix) et Joe Bradley (batterie, voix) ont d'ailleurs déjà commencé à travailler sur un nouvel album. «Ce n'est pas bien compliqué : on commence à avoir des idées quand on est en tournée, ensuite on se regroupe dans une cabane isolée, on prend beaucoup de drogue et, quand tout est prêt, on loue un studio et on enregistre!» lance Swilley en riant

En français, s'il vous plaît!

Ils ont beau ne pas parler un traître mot français, n'empêche que l'une des pièces que les Black Lips préfèrent interpréter en spectacle est Hippie, Hippie Hourah de Jacques Dutronc, dont ils livrent une version dans la langue de Shakespeare.

«J'aimerais être capable de chanter en français, mais, malheureusement, je n'y arrive pas. Alors, on a tout simplement inventé nos paroles que nous chantons sur le même air», rigole le bassiste Jared Swilley, qui estime tout de même que la langue française est taillée sur mesure pour le rock.

«Avec l'anglais, c'est une des rares langues qui se marient très bien avec le rock'n'roll. Tous les musiciens rock francophones, en France, au Québec et ailleurs, devraient chanter du rock en français, car ça sonne tellement bien!»

Même s'il ne comprend pas toutes les paroles de ses chansons, Swilley avoue être un grand fan de Dutronc. «Ce que j'aime de lui, c'est qu'il faisait de la musique fantastique dans son style à lui alors que tout le monde essayait de copier les Britanniques et les Américains.»

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