Le leader de Rammstein n'a pas oublié Québec

Le chanteur Till Lindemann, du groupe Rammstein, et...

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Le chanteur Till Lindemann, du groupe Rammstein, et le musicien metal suédois, Peter Tägtgren, ont lancé récemment leur album Skills in Pills.

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Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 9 au 19 juillet 2015. »

<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Près de cinq ans après son passage sur les plaines d'Abraham comme leader du groupe Rammstein, Till Lindemann est loin d'avoir oublié Québec, une ville qui lui rappelle encore aujourd'hui d'excellents souvenirs, et pas seulement en raison du succès monstre du spectacle du 19 juillet 2010 au Festival d'été.

«Peux-tu me dire dans quelle ville tu es exactement?» a d'ailleurs demandé Lindemann à l'auteur de ces lignes dès le début de l'entrevue téléphonique au sujet de son album en duo avec le musicien metal suédois Peter Tägtgren. Dès qu'il a entendu le mot Québec, Lindemann a lancé, de sa voix ultra-grave et avec son accent allemand très carré : «Toi, tu es un vrai chanceux d'habiter Québec!»

«J'ai passé des moments fantastiques à Québec, j'ai fait beaucoup de pêche à la mouche et je mangeais du homard à longueur de journée», raconte Lindemann, qui s'était alors approvisionné au magasin Latulippe dans Saint-Sauveur avant de partir en excursion dans le nord du Québec avec quelques membres de son groupe.

«Et le spectacle avait été très bien. Le maire de Québec est très généreux d'avoir installé des écrans sur lesquels les gens qui n'étaient pas sur les Plaines pouvaient quand même voir le spectacle», enchaîne-t-il.

En fait, Till et Peter avaient justement discuté de Québec et de son Festival d'été au cours des derniers jours, évoquant même la possibilité d'y assister comme spectateurs cette année. «J'ai parlé à Peter de notre spectacle à Québec, et il m'a dit qu'il voulait aller au Festival cette année pour le spectacle des Rolling Stones, étant donné que ce serait peut-être le dernier spectacle de leur histoire», raconte Till.

«Mais, finalement, je ne crois pas que je serai capable de me libérer pour y assister», enchaîne Peter, un homme très occupé, puisque en plus de son travail de producteur pour plusieurs groupes de la planète metal, il joue également dans le groupe death metal Hypocrisy et le groupe metal industriel PAIN.

D'une pièce à un album

Le projet Lindemann, dont l'album Skills in Pills a été lancé le 22 juin, est né en 2013, année de la dernière tournée de Ramm-stein. «Moi et Till nous sommes rencontrés à un festival en Suède et on a discuté, puis on s'est mis à s'envoyer des trucs par courriel. C'est comme ça que la roue s'est mise à tourner», explique Peter.

Au départ, il était question que les deux artistes fassent une seule chanson ensemble. Le projet a ensuite évolué pour devenir un album complet et, moins d'un mois après sa parution, les deux Européens parlent déjà des suites à lui donner.

«C'est vrai, on regarde de quelle façon on pourrait faire ça sur scène», indique Peter, qui aurait probablement besoin d'embaucher d'autres musiciens, puisqu'il se charge de tous les instruments.

«Nous avons eu des demandes pour participer à certains festivals cette année, mais nous les avons toutes refusées. Ça va vraiment trop vite présentement. Par contre, l'année prochaine, s'ils veulent encore de nous, ça pourrait nous intéresser. En fait, nous avons aussi des idées pour un second album, alors c'est clair qu'on veut continuer et pousser tout ça plus loin», avoue le multi-instrumentiste.

En anglais, svp

«Je veux moi aussi poursuivre le projet et je veux continuer de chanter essentiellement en anglais [au sein du duo], puisque, comme ça, ça n'entre pas en conflit avec Rammstein, où je compose des paroles qui sont majoritairement en allemand», indique pour sa part le chanteur de 52 ans.

Lindemann avoue d'ailleurs qu'il ne s'est mis à la langue de Shakespeare que depuis un peu plus d'une quinzaine d'années, à l'époque où les simples Engel et Du Hast ont connu un succès planétaire.

«Je suis originaire d'Allemagne de l'Est, alors, dans ma jeunesse, personne ne parlait anglais. La première fois où j'ai vraiment parlé anglais, c'est vers la fin des années 90. Alors même aujourd'hui, composer en anglais est un peu inhabituel pour moi et ça représente un défi. Peter m'a encouragé à continuer et plus ça allait, plus je gagnais en confiance.»

Lindemann compose le même genre de paroles crues, subversives et iconoclastes en anglais qu'en allemand. La différence, c'est que le public anglophone peu versé dans les langues germaniques peut cette fois très bien déchiffrer ce dont il est question dans ses mots.

Sans censure

Que ce soit Ladyboy, où Lindemann parle de la facilité avec laquelle les hommes gais peuvent dénicher un partenaire sexuel, Fat, où il nous explique pas vraiment subtilement son attirance pour les femmes de taille forte, ou alors Golden Shower, qui parle d'une pratique sexuelle plutôt marginale impliquant certains fluides corporels, on saisit vite qu'on est dans un univers fort différent de celui de One Direction ou de Justin Bieber.

«Non, on n'a pas encore eu de problème à cause des paroles», indique Till. «Et il n'est pas question de faire une version censurée de cet album. Nous détestons vraiment faire des compromis, et c'est comme ça que nous nous exprimons.»

En 2009, Rammstein avait lancé une version censurée de son dernier album après que le gouvernement allemand l'eut mis à l'index pour ses textes crus et ouvertement sadomasochistes. Le groupe avait toutefois réussi, sept mois plus tard, à faire retirer son oeuvre de l'index, et l'album original était revenu dans les bacs.

Le chanteur de Rammstein lors de son passage... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Le chanteur de Rammstein lors de son passage sur les Plaines à l'occasion du Festival d'été en 2010 

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Rammstein reviendra

Mine de rien, ça fera bientôt six ans que le groupe allemand Rammstein n'a pas lancé d'album studio et près de quatre ans qu'il n'a pas lancé de nouveau matériel. Que les fans n'aient aucune crainte cependant, car le chanteur Till Lindemann assure que le sextuor se réunira cet automne. 

«La pause est presque finie! Nous nous réunissons en septembre pour parler d'un nouvel album et faire de la préproduction. Ça ne devrait pas paraître en 2016 cependant. Pour nous, un album peut prendre deux ou trois ans à compléter, car il y a tellement de gens impliqués», explique le chanteur.

Le groupe ne sera pas seulement de retour sur disque, mais également sur scène, où il brille de tous ses feux à grand renfort d'effets spéciaux et de pièces pyrotechniques de toutes sortes.

«Moi, j'appelle ça l'expérience 360 degrés. On fait quelque chose pour tes oreilles, mais aussi pour tes yeux», raconte celui qui a poussé cette philosophie jusqu'à devenir un technicien certifié en pyrotechnie à la fin des années 90.

«J'ai toujours aimé les spectacles à grand déploiement comme ce qui se fait à Las Vegas. Et dans ma jeunesse, mes parents m'amenaient très souvent à l'opéra. Là aussi, il y a plein de trucs sur scène. C'est pour ça que l'aspect visuel du spectacle est si important pour moi.»

Rare en Amérique

Et même si Rammstein se fait plutôt rare en Amérique, le chanteur assure qu'il ne faut pas croire qu'il snobe son public de l'autre côté de l'Atlantique. «On n'a peut-être pas joué souvent à Québec, mais n'oubliez pas qu'on a joué trois fois à Montréal en moins de deux ans!» fait-il remarquer en notant ses prestations au Centre Bell en décembre 2010, en mai 2011 et en mai 2012.

«La seule raison qu'il y a pour justifier qu'on ne fasse pas autant de spectacles qu'on voudrait en Amérique, c'est qu'il n'y a que 12 mois dans une année et qu'on passe le plus clair de notre temps en tournée en Europe quand on n'est pas en studio», enchaîne celui qui se permet parfois de traverser l'Atlantique pour ses loisirs.

Yukon, l'un des titres de son album avec Peter Tägtgren, parle d'ailleurs justement de l'une de ses escapades dans les eaux nord-américaines. «On avait pris l'avion pour se rendre dans le Grand Nord canadien et ensuite, on était partis en canoë sur le fleuve Yukon jusqu'en Alaska. On s'est rendus jusqu'à Fairbanks de cette façon-là», conclut l'artiste qui se définit comme un amant du grand air et de la nature. 

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