Première réussie pour Guibord et Falardeau

Micheline Lanctôt, Patrick Huard et Suzanne Clément  dans... (Les films Christal)

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Micheline Lanctôt, Patrick Huard et Suzanne Clément  dans une scène du film de Philippe Falardeau Guibord s'en va-t-en guerre.

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(Toronto) Après Locarno et juste avant Québec, le Festival de Toronto (TIFF) a accueilli mardi soir en première nord-américaine Guibord s'en va-t-en guerre. Présenté devant une salle comble, le nouveau long métrage de Philippe Falardeau a fait mouche, recueillant de chaleureux applaudissements. Ce film, ainsi que The Dressmaker, vu plus tôt, sont la preuve qu'on peut se moquer de tout. À condition d'avoir le ton juste.

Le réalisateur québécois se préoccupait de la réception qu'obtiendrait sa satire politique en dehors de la province. Il a maintenant sa réponse, deux fois plutôt qu'une. Accompagné de Patrick Huard et de Suzanne Clément sur scène, Falardeau était visiblement heureux d'échanger avec les festivaliers sur cette comédie douce-amère et politiquement incorrecte.

Le Guibord du titre (Huard) est un politicien indépendant du Nord québécois qui se retrouve avec la balance du pouvoir alors que le Parlement doit décider s'il doit envoyer des troupes dans un pays étranger. Devant un dilemme cornélien et député pragmatique, il décide de mener une expérience de démocratie directe en parcourant son immense circonscription. Sa femme forte (Clément), sa fille pacifiste et son stagiaire haïtien idéaliste qui cite Rousseau à tous vents l'accompagnent.

Il est rapidement rattrapé par les problèmes plus terre à terre des travailleurs et des autochtones, qui bloquent des routes pour se faire entendre. Des situations propres aux quiproquos et à l'humour bon enfant qui font rire, puis réfléchir.

Comme d'habitude chez le réalisateur de M. Lazhar, le propos sociopolitique s'accompagne d'une chaleureuse dose d'humanisme. Guibord fait une démonstration de la débâcle démocratique nord-américaine, mais il se soucie aussi de démontrer l'amour d'un père pour sa fille et l'importance de l'amitié.

Pour sa sixième présence au TIFF, Philippe Falardeau a encore démontré qu'il sait mettre son talent de cinéaste discret mais intelligent au service de son récit, sans esbroufe, avec beaucoup d'efficacité. Bien joué.

Guibord sera présenté le 23 septembre au Festival de cinéma de la ville de Québec, puis prendra l'affiche le 2 octobre.

The Dressmaker

Depuis Le lecteur (Stephen Daldry, 2008), les rôles consistants se sont faits plutôt rares pour Kate Winslet. The Dressmaker lui donne la possibilité de jouer sur toutes les notes de son registre, avec tout l'immense talent d'actrice qu'on lui connaît.

Parce que l'extravagant film de Jocelyn Moorhouse revisite à peu près toute la palette des genres cinématographiques, du western au policier, en passant par le film d'époque (1951, pour être précis) et la comédie loufoque. Mais toujours au deuxième degré, quelque part entre les Coen et John Waters. Les réparties touchent très souvent la cible et l'humour physique fonctionne à merveille.

Les premiers deux tiers sont absolument hilarants : du pur délire. Myrtle «Tilly» Dunnage (Winslet) revient dans son «trou perdu» de la savane australienne, après une absence de 25 ans. Sa mère, Molly la folle (Judy Davis, fantastique), la traite de meurtrière. Tilly ne se souvient de rien, mais la poignée d'habitants, tous plus tordus les uns que les autres, la regardent d'un oeil torve... jusqu'à ce qu'ils découvrent son incroyable talent de styliste de mode.

Mais la flamboyante femme fatale est à Dungatar pour faire la lumière sur son passé. Il y a toujours un prix à payer quand on déterre le passé et Tilly va le découvrir à ses dépens.

Il est dommage que Moor­house s'égare un moment dans le mélodrame - on décroche presque - et perde un peu son rythme au troisième acte. Rien, toutefois, pour gâcher le plaisir jubilatoire que procure ce film pétillant, sarcastique et irrévérencieux. Assurément un de mes bons moments de cinéma au festival.

En espérant que The Dressmaker soit acheté par un distributeur canadien, si ce n'est déjà fait.

La 40e édition du TIFF se poursuit jusqu'à dimanche, mais la couverture du Soleil s'arrête ici. Il le faut bien puisque le cinquième FCVQ s'amorce jeudi avec la projection de Paul à Québec, de François Bouvier.

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