Spotlight: entre réalité et fiction

Spotlight compte sur une distribution hors pair pour... (Photo fournie par le Festival du film de Toronto)

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Spotlight compte sur une distribution hors pair pour incarner les journalistes du Boston Globe qui ont fait éclater le scandale des prêtres pédophiles de Boston en 2002.

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Notre journaliste Éric Moreault suit le TIFF, qui se déroule du 4 au 14 septembre 2014. »

(Toronto) La tendance est lourde depuis quelques années au cinéma, celle des drames basés sur la réalité - qui, on le sait, est souvent plus incroyable que la fiction. Deux longs métrages qui racontent des histoires ahurissantes étaient présentés lundi au Festival de Toronto (TIFF). The Man Who Knew Infinity s'intéresse à un génie des mathématiques pures (non, il ne s'agit pas d'une nouvelle version d'Un homme d'exception), mais c'est Spotlight qui va certainement passionner les Québécois. Son sujet? Le scandale des prêtres pédophiles à Boston, en 2002.

Il est rarissime, au TIFF, que des applaudissements viennent saluer un film lorsque la projection est réservée aux membres de la presse et de l'industrie. C'est pourtant ce qui est arrivé avec Spotlight, un solide long métrage de Tom McCarthy. L'acteur et scénariste de Là-haut réussit à maintenir l'intérêt, sans jamais tomber dans le sensationnalisme et le mélo.

Pourtant, le sujet s'y prêtait. Spotlight est le nom du bureau d'enquête du Boston Globe. Un quatuor de journalistes commence à s'intéresser à un camouflage éhonté par l'Église catholique à propos d'un prêtre qui aurait fait 84 victimes sur une période de trois ans.

Mais ils vont rapidement découvrir que l'omnipotente Église a des tentacules partout dans la société bostonnaise tissée serré et que même la justice préfère détourner le regard. Les confessions d'enfants victimes d'abus sexuels s'accumulent. Elles sont à la fois émouvantes et révoltantes pour le spectateur - «Ce n'est pas seulement des sévices, c'est aussi un abus spirituel, un viol de notre foi.»

Lorsque les journalistes vont s'intéresser aux prêtres, dont le nombre d'agresseurs se met à prendre des proportions endémiques, ils vont découvrir avec stupeur que la hiérarchie catholique fait taire les victimes et déplacent les monstres d'une paroisse à l'autre... Ça ne s'invente pas!

La série d'articles publiés en 2002 va secouer les fondations de l'Église et choquer le monde entier, permettant pendant des années à des victimes de lever le voile sur ces abominations. Pas besoin de chercher loin : à Québec, le recours collectif mené récemment par Frank Tremblay a permis de révéler les abus commis par les Rédemptoristes sur une période de presque 30 ans.

Spotlight fait vibrer une corde sensible et compte sur une distribution hors pair pour incarner les scribes : Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel MacAdams et Stanley Tucci. Mais il démontre aussi l'importance primordiale des enquêtes journalistiques dans une société démocratique (oui, je suis biaisé).

Spotlight prend l'affiche le 6 novembre.

*****

Contrairement à John Forbes Nash Jr., le protagoniste d'Un homme d'exception, Srinivasa Ramanujan ne souffre pas d'une maladie mentale - l'Indien est plutôt victime de racisme dans sa quête de reconnaissance illustrée dans The Man Who Knew Infinity.

En 1914, le mathématicien autodidacte d'exception (Dev Patel, vu dans Le pouilleux millionnaire) quitte son pays et sa femme pour aller rejoindre G.H. Hardy (Jeremy Irons) à la prestigieuse Université Cambridge. Le jeune prodige souffre d'ostracisme, d'un immense choc culturel et de la froideur de son tuteur, un asocial. Les complices vont néanmoins faire abstraction de leurs différences culturelles et de classe pour se forger peu à peu une amitié basée sur leur admiration mutuelle. Ramunajan mourra à seulement 32 ans; sa contribution fut néanmoins immense.

Matthew Brown a fait beaucoup d'efforts pour vulgariser le propos et le réalisateur anglais peut compter sur de très bonnes performances de ses acteurs principaux. Pas à se rouler par terre, mais un divertissement intelligent et une bonne leçon d'histoire. C'est déjà plus que la majorité des productions hollywoodiennes.

Le réalisateur Jean-Marc Vallée au Festival international du... (La Presse Canadienne, Chris Young) - image 2.0

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Le réalisateur Jean-Marc Vallée au Festival international du film de Toronto

La Presse Canadienne, Chris Young

LU

Une incroyable entrevue avec Steve Fonyo, qui fait l'objet d'un documentaire sur sa vie mouvementée intitulé Hurt (d'Alan Zweig), diffusé lundi au TIFF. L'unijambiste a traversé le Canada à la course, en 1985, quatre ans après l'échec de Terry Fox. Fonyo a obtenu la célébrité, mais quand les projecteurs se sont éteints, tout s'est mis à déraper. Après avoir repris le contrôle de sa vie, il a été victime d'un cambriolage en mars où les voleurs l'ont sauvagement battu et laissé pour mort. Il n'en conserve aucun souvenir et vit presque dans l'indigence. «Je suis très chanceux d'être encore en vie», a-t-il déclaré au National Post. 

VU

Johnny Depp prendre le temps de signer des autographes et de faire des égoportraits avec les festivaliers qui attendaient sa sortie par une porte dérobée. Cheveux cachés sous son chapeau et sourire avenant, la vedette sortait de la conférence de presse de Messe noire. Heureux hasard, je passais par la ruelle après mon entrevue avec Nanni Moretti pour me rendre à une projection. J'ai observé la scène de près, un peu amusé, mais surtout impressionné par l'atmosphère bon enfant de part et d'autre de la barrière (aux sens propre et figuré).  

ENTENDU

Jean-Marc Vallée réitérer à quel point il est heureux de ne pas avoir à tourner cette année. «C'est un concours de circonstances qui m'a amené à tourner trois films en trois ans. Le train est passé, j'ai sauté dedans. Ça ne m'arrivera plus, c'est sûr, à moins que je sois badlucké. Un film, ça se tourne aux deux, trois ans. C'est ça que ça prend. Mais Dallas [Buyers Club], on a gossé longtemps avant que ça se tourne. Wild, ça a été vite. Demolition aussi parce qu'on a tout préparé pendant qu'on tournait Wild.» Il prévoit tout de même tourner le projet de biographie de Janis Joplin avec Amy Adams au printemps 2016.  

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