Le Grand Prix du jury à Dolan, la Palme d'or à Ken Loach

  • Xavier Dolan est reparti du 69<sup>e</sup> Festival de Cannes avec le Grand prix - un moment historique puisqu'aucun Québécois n'avait obtenu une si haute récompense. (AFP, Valery Hache)

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    Xavier Dolan est reparti du 69e Festival de Cannes avec le Grand prix - un moment historique puisqu'aucun Québécois n'avait obtenu une si haute récompense.

    AFP, Valery Hache

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  • Certains journalistes se sont moqués du discours très émotif prononcé par le jeune homme après avoir reçu le Grand prix. (AFP, Valery Hache)

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    Certains journalistes se sont moqués du discours très émotif prononcé par le jeune homme après avoir reçu le Grand prix.

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  • Xavier Dolan a reçu son prix des mains de l'acteur canadien et membre du jury Donald Sutherland. (AFP, Valery Hache)

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    Xavier Dolan a reçu son prix des mains de l'acteur canadien et membre du jury Donald Sutherland.

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  • Xavier Dolan, gagnant du Grand prix, et Ken Loach, gagnant de la Palme d'or (AFP, Alberto Pizzoli)

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    Xavier Dolan, gagnant du Grand prix, et Ken Loach, gagnant de la Palme d'or

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  • Xavier Dolan a fait une longue accolade à sa productrice Nancy Grant avant de monter sur scène pour recevoir son prix. (AFP, Valery Hache)

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    Xavier Dolan a fait une longue accolade à sa productrice Nancy Grant avant de monter sur scène pour recevoir son prix.

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  • Le cinéaste britannique Ken Loach a reçu la Palme d'or pour son film <em>Moi, Daniel Blake</em>. (AFP)

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    Le cinéaste britannique Ken Loach a reçu la Palme d'or pour son film Moi, Daniel Blake.

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  • L'actrice philippine Jaclyn Jose a reçu le Prix d'interprétation féminine pour son rôle dans <em>Ma'Rosa</em>. (AFP, Alberto Pizzoli)

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    L'actrice philippine Jaclyn Jose a reçu le Prix d'interprétation féminine pour son rôle dans Ma'Rosa.

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  • Shahab Hosseini a reçu le Prix d'interprétation masculine pour son rôle dans <em>Le client</em>. (AFP, Alberto Pizzoli)

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    Shahab Hosseini a reçu le Prix d'interprétation masculine pour son rôle dans Le client.

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  • Le prix du scénario a été attribué à Asghar Farhadi pour <em>Le client</em>. (AFP, Alberto Pizzoli)

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    Le prix du scénario a été attribué à Asghar Farhadi pour Le client.

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  • Le Prix du jury est revenu à la réalisatrice britannique Andrea Arnold, pour son film <em>American Honey</em>. (AFP, Anne-Christine Poujoulat)

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    Le Prix du jury est revenu à la réalisatrice britannique Andrea Arnold, pour son film American Honey.

    AFP, Anne-Christine Poujoulat

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  • Avec Cristian Mungiu pour <em>Baccaulauréat</em>, Olivier Assayas a reçu le Prix de la mise en scène pour son film <em>Personnal Shopper</em>. (AFP, Anne-Christine Poujoulat)

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    Avec Cristian Mungiu pour Baccaulauréat, Olivier Assayas a reçu le Prix de la mise en scène pour son film Personnal Shopper.

    AFP, Anne-Christine Poujoulat

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  • Avec Olivier Assayas pour <em>Personnal Shopper</em>, Cristian Mungiu a reçu le Prix de la mise en scène pour son film <em>Baccalauréat</em>. (AFP, Anne-Christine Poujoulat)

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    Avec Olivier Assayas pour Personnal Shopper, Cristian Mungiu a reçu le Prix de la mise en scène pour son film Baccalauréat.

    AFP, Anne-Christine Poujoulat

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Du 11 au 22 mai, notre journaliste Éric Moreault est à Cannes pour suivre le festival de cinéma qui en est à sa 69e présentation. »

(Cannes) Contre toute attente, Xavier Dolan est reparti du 69e Festival de Cannes avec le Grand Prix - un moment historique puisque aucun Québécois n'avait obtenu une si haute récompense. «C'est inattendu et extrêmement apprécié!» s'est-il exclamé. Dans une cérémonie ponctuée de plusieurs choix étonnants et controversés, dimanche, le jury a décerné sa Palme d'or à Moi, Daniel Blake de Ken Loach, un cinéaste que Dolan admire (voir autre texte).

Juste la fin du monde n'a pas fait l'unanimité auprès de la presse lors de sa projection sur la Croisette. Cette récompense a d'ailleurs suscité des huées et provoqué quelques railleries parmi les journalistes, qui se sont moqués du discours très émotif prononcé par le jeune homme. «Ça va être très difficile», a-t-il prévenu avant de faire son allocution. Et ça l'a été.

Xavier Dolan a tout de même remercié les neuf membres du jury «d'avoir ressenti l'émotion du film», une allusion directe aux critiques qui ont descendu son long métrage en flammes. «Nous avons ressenti une voix spécifique, très personnelle», a commenté le juge Lazlo Nemes. «Plus je grandis, plus je réalise qu'il est difficile d'être compris», a néanmoins commenté Xavier Dolan. Mais il a prévenu qu'il continuerait à faire des films «sans compromis». Il a aussi servi une citation d'Anatole France à ses détracteurs : «J'ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l'indifférence.»

Le brillant réalisateur a profité de l'occasion pour dédier publiquement Juste la fin du monde au regretté François Barbeau. Il a salué l'actrice Anne Dorval, qui l'accompagnait avec sa productrice Nancy Grant, soulignant qu'elle lui avait fait découvrir la pièce du même nom de Jean-Luc Lagarce, qu'il a adaptée.

Le réalisateur a rappelé son Prix du jury, pour Mommy. «J'étais ici il y a deux ans et j'ai vécu un moment déterminant.» Et celui-ci en sera un autre. Le Grand Prix s'ajoute au Prix du jury oecuménique, qu'il a obtenu samedi. 

C'est à Mel Gibson qu'est revenu l'honneur de remettre la plus haute récompense à Ken Loach, qui avait déjà obtenu la Palme d'or, en 2006, pour Le vent se lève. Le Britannique, cinéaste militant, n'allait pas laisser passer une telle occasion. Il a fustigé l'austérité et le néolibéralisme «qui mettent notre monde en danger. Quand il y a tant de désespoir, ces gens de droite en profitent. Un autre monde est possible et nécessaire», a-t-il lancé sous les applaudissements nourris.

Il s'est par ailleurs porté à la défense du cinéma d'auteur : «Cannes est très important pour le futur du cinéma. Restez forts, s'il vous plait.» Un thème qu'a repris Cristian Mungiu. «J'ai l'impression que le cinéma d'auteur ne se sent pas très bien et on doit faire quelque chose à propos de ça. Heureusement, Cannes est là», a dit le Roumain, qui a obtenu le Prix de la mise en scène, ex aequo, pour le très beau Baccalauréat.

Son colauréat n'a pas eu droit à un accueil aussi chaleureux. C'est sous les sifflets qu'Olivier Assayas a accepté son prix pour Personnal Shopper. «Je suis très ému, a souligné le Français. Cannes m'a donné beaucoup et c'est la première fois que je monte sur scène pour obtenir un prix.» Assayas en était à sa cinquième présence en compétition.

Asghar Farhadi est ressorti du Palais des festivals avec le très mérité Prix du scénario pour l'excellent Le client. «Mes films ne sont pas très heureux, alors je suis content que mes films aient pu apporter de la joie à une partie de mon peuple», a déclaré le réalisateur.

Sa surprise était totale puisque son acteur, Shahab Hosseini, a obtenu le premier prix de la soirée, celui d'interprétation, pour sa performance dans le film de son compatriote. «Ce prix, je le dois à mon peuple et c'est avec mon coeur que je le lui rends», a témoigné l'Iranien.

Des huées, encore, mais aussi des applaudissements, ont accueilli le Prix du jury décerné à American Honey, d'Andrea Arnold, dans la salle où étaient réunis les journalistes. La réalisatrice britannique obtenait une troisième récompense à Cannes.

Le jury présidé par le réalisateur George Miller (Mad Max) en a surpris plus d'un en attribuant le Prix d'interprétation féminine à Jaclyn Rose, tellement émue que l'actrice ne savait que dire, sauf «merci» à tout le monde et à son père. La Philippine joue le rôle principal dans Ma'Rosa, le film de Brillante Mendoza. La décision a étonné parce que la catégorie était très relevée et personne n'a venu venir l'actrice qui interprète une commerçante qui arrondit ses fins de mois en vendant de la drogue. «Il y avait beaucoup de fortes performances», a reconnu le juge Donald Sutherland.

Plusieurs se sont étonnés de l'absence de Toni Erdmann de Maren Ade. «Certains films auraient dû se retrouver au palmarès», a commenté George Miller. Certains choix ont été déchirants, on s'en doute.

Grand moment d'émotion, l'immense acteur Jean-Pierre Léaud a reçu une Palme d'honneur. Le Français a fait ses débuts au cinéma, à 14 ans, dans Les 400 coups de François Truffaut. «Je suis né à Cannes en 1959. À la fin de la projection, j'étais porté en triomphe. Je n'ai jamais voulu construire une carrière, mais j'ai choisi de tourner avec des réalisateurs que j'admire et que j'aime.» En lui remettant son prix, Arnaud Desplechin a signalé que Léaud a donné toute sa vie au cinéma.

Houda Benyamina a remporté la Caméra d'or, qui récompense un premier film toutes catégories confondues au Festival, pour Divines. La cinéaste engagée a plaidé pour une plus grande présence féminine au cinéma dans un long discours décousu. 

Juanjo Gimenez a obtenu la Palme d'or du court métrage pour Timecode.

Les frais de ce reportage sont payés en partie par le Festival de Cannes.

Pendant un court moment, Xavier Dolan a pensé qu'il allait obtenir la Palme d'or. Ne restaient que le Grand Prix et la convoitée récompense suprême du Festival de Cannes. Il a été déçu «une fraction de seconde». Tant qu'à ne pas l'obtenir, aussi bien que ce soit aux mains de Ken Loach.

«J'ai cru comprendre qu'il y a eu une longue discussion étoffée entre mon film et le Ken Loach. Mais Ken Loach, pour moi, c'est un héros. C'est le cinéaste de la modernité et en même temps d'une autre époque qui continue à raconter des histoires sur les prolétaires qui sont laissés pour compte. Mais il le fait sans mépris, sans grisaille, sans condescendance. C'est tellement rare», a commenté le jeune homme en entrevue après la cérémonie de remise des prix.

Après avoir été victime de la critique, surtout anglo-saxonne, et de son «effet de meute», il s'est exprimé ainsi : «que le jury nous fasse ce témoignage-là, ça vient rétablir les choses. Le climax de ce séjour mouvementé, c'est qu'on arrive à un moment où des gens respectables disent : on a tous aimé ton film, il nous a tous émus aux larmes. C'est ça qui compte pour moi, c'est ce qu'ils ont vu dans le film. [...] Ce choix me dit : "Tu dois rester fidèle à toi-même, peu importe ce que les gens pensent."»

On sait que Xavier Dolan a été meurtri par les critiques. Sa productrice Nancy Grant en a vu l'effet de proche. «Il s'est senti vulnérable, mal-aimé. C'est difficile pour un artiste quand ça se joue sur la place publique.» Ce qui explique l'immense émotion ressentie par le réalisateur lorsqu'il est monté sur scène pour recevoir son prix.

Juste la fin du monde est un huis clos puissant et claustrophobe sur les non-dits qui secouent une famille lorsque Louis (Gaspard Ulliel) revient après 12 ans d'absence pour leur annoncer qu'il va mourir. Le long métrage compte aussi sur la présence de Marion Cotillard, Vincent Cassel, Léa Sédoux et Nathalie Baye.

Dans les circonstances, ce Grand Prix est encore plus satisfaisant que le Prix du jury de Mommy (2014). «C'est pour ça que l'émotion était si forte.» Il n'était pas le seul : «Wow!» a spontanément réagi Nancy Grant. «Je suis contente qu'il ait pu recevoir l'amour du jury. On ne s'attendait pas à ça. [...] Je suis avec un réalisateur et un ami heureux, je suis donc une productrice heureuse.»

Xavier Dolan a maintenant hâte que les gens puissent voir le long métrage (21 septembre) pour qu'ils «puissent se reconnaître. Qu'au-delà des cris, ils entendent le murmure de la souffrance de chacun des personnages.»

Le Grand Prix change tout pour Juste la fin du monde, estime Nancy Grant. «Ça va susciter un intérêt, une curiosité.» Et il prouve, peu importe ce qu'en pensent ses détracteurs, que Xavier Dolan est un cinéaste important dans le cinéma mondial.

Éric Moreault

La liste des prix

  • Palme d'or: Ken Loach, Moi, Daniel Blake
  • Grand prix: Xavier Dolan, Juste la fin du monde
  • Prix du jury: American Honey, d'Andrea Arnold
  • Prix d'interprétation féminine: Jaclyn Jose, Ma'Rosa
  • Prix d'interprétation masculine: Shahab Hosseini, Le client
  • Prix de la mise en scène: Cristian Mungiu, Baccalauréat, et Olivier Assayas, Personnal Shopper
  • Prix du scénario: Asghar Farhadi, Le client

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