Kim Nguyen brise la glace

Kim Nguyen «ne pouvait être plus heureux» après... (Archives La Presse Canadienne, Ryan Remiorz)

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Kim Nguyen «ne pouvait être plus heureux» après la projection d'Un ours et deux amants à Cannes.

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Du 11 au 22 mai, notre journaliste Éric Moreault est à Cannes pour suivre le festival de cinéma qui en est à sa 69e présentation. »

(Cannes) ENVOYÉ SPÉCIAL À CANNES / Un accueil chaleureux et des critiques positives, Kim Nguyen «ne pouvait pas être plus heureux» mercredi matin, après la projection d'Un ours et deux amants (Two Lovers and A Bear) à la Quinzaine des réalisateurs. Son dénudé et poignant drame romantique, avec une touche de réalisme magique, évoque la puissance de l'amour éternel et la force qu'il génère pour vaincre dans l'adversité peurs et traumatisme. Malheureusement, la vraie vedette du film n'a pas accompagné l'équipe au Festival de Cannes.

Sur la terrasse du septième étage d'un immeuble de la Croisette, avec une magnifique vue sur la Méditerranée, le réalisateur québécois décompressait après sa première présence au plus grand festival de cinéma au monde. Un contraste saisissant puisque le film se déroule dans le Grand Nord.

Dans un village perdu de l'Arctique, Roman (Dane DeHaan) et Lucy (Tatiana Maslany) vivent une intense passion à la Roméo et Juliette, à la différence qu'elle est perturbée par le souvenir de leurs pères agresseurs. La mise en place prend du temps à décoller et peine un peu à nous faire comprendre ce qui perturbe la jeune femme - qui a des visions récurrentes - et les problèmes de consommation du jeune homme.

Pour se libérer de leurs tourments, les amants du froid décident de fuir les lieux vers le Sud. À partir de là, ce road-movie en motoneiges prend vraiment son élan (la chevauchée sur l'air de Seven Nation Army des White Stripes : wow!). Et le couple suit une trajectoire remplie d'espoir, même s'ils ne sont pas au bout de leurs peines.

Cet environnement hostile où il fait tellement froid qu'on brûle représente l'ardeur des amoureux et se greffe à la quête. Le réalisateur s'en est d'ailleurs nourri : «J'essaie de faire un film en constante mutation.» Le décor naturel interagit avec le couple, leur montrant des caribous pris dans la glace (une séquence visuellement stupéfiante), puis se dresse sur le chemin en faisant plonger Roman dans une crevasse et ensuite en soufflant un blizzard. 

À travers tout ça, il y a l'aspect le plus original et d'un humour délirant : un ours polaire qui dialogue avec Roman. Mélange d'oracle et de père spirituel, l'ursidé apparaît dans les situations les plus inusitées pour prodiguer ses conseils. Si seulement on lui avait donné quelques scènes de plus... 

«J'ai été renversée par le fait que je pouvais croire que cet ours parlait en lisant le scénario, indique Tatiana Maslany. Il y avait quelque chose de magique et surréaliste dans ce scénario que je n'avais jamais lu avant.» J'aurais bien voulu m'entretenir avec l'ours après la projection. Malheureusement, Agee n'a pas fait le voyage...

Two Lovers... est d'une richesse visuelle remarquable, ce qui compense de petites faiblesses dans le récit et la relation des jeunes amoureux, somme toute convenue. La complicité fiévreuse de Maslany (La dame en or) et de DeHaan (Au-delà des pins) la rend toutefois très crédible. Les deux acteurs ont chanté les louanges du réalisateur, qui leur a permis d'improviser, ce qui ajoute au naturel de leurs scènes.

Parlant de celui-ci, Nguyen a réussi à éviter le piège des clichés sur la réalité sordide du Grand Nord (alcoolisme, sévices sexuels, violence, etc.), l'évoquant plutôt en filigrane. C'est tout à son honneur de ne pas folkloriser les lieux. Et on retiendra ces superbes images (Nicolas Bolduc à la direction photo), dont celles de l'étreinte finale, qui brûle la rétine...

C'est la journée des Québécois mercredi à Cannes, mais laissez-moi vous glisser un mot sur Ma'Rosa. Pour sa quatrième présence en compétition (il a gagné le Prix de la mise en scène en 2009), Brillante Mendoza débarque sur son territoire de prédilection : les bidonvilles de Manille.

Cette fois, sa caméra portée hyperactive suit Rosa et Nestor, qui tiennent une petite épicerie et vendent de la meth pour garder la tête hors de l'eau. Pris en flagrant délit par des policiers corrompus, il revient à leurs enfants de faire tout ce qu'ils peuvent pour trouver l'argent qui permettra de les libérer.

Ma'Rosa démarre sur les chapeaux de roues, enchaînant les plans-séquences chocs et glauques dans une ambiance survoltée. Mais après son high, le film s'embourbe de plus en plus, pour finir par tourner totalement à vide.

La salle s'est vidée sans applaudissements ni huées. Ça n'en valait pas la peine.

ENVOYÉ SPÉCIAL À CANNES / Un accueil chaleureux et des... (Infographie Le Soleil) - image 6.0

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Infographie Le Soleil

Les frais de ce reportage sont payés en partie par le Festival de Cannes.

Lu

Que la pellicule a retrouvé ses lettres de noblesse. Au point où Eastman Kodak a repris la production, ce qu'est venu confirmer son président lors de son passage au Festival de Cannes. La démarche de Scorsese, amorcée il y a deux ans avec l'appui de réalisateurs de renom comme Tarantino et Nolan, a donné ses fruits. Il n'y a pas que l'aspect esthétique qui freine la totale dématérialisation. L'industrie s'est rendu compte que les caméras numériques, qui permettent de multiplier les prises à l'infini, ont fait exploser les coûts de postproduction. Les cinéastes auront donc le choix entre le numérique ou l'analogique.

Entendu

Les acteurs du film de Kim Nguyen révéler qu'ils retournaient aussitôt sur leurs tournages respectifs. Dane DeHaan joue le rôle principal, avec Cara Delevingne, dans Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson. La fin du tournage de la superproduction de science-fiction est prévue pour juin. L'acteur passera ensuite l'été à la maison (Brooklyn). Quant à Tatiana Maslany, elle partage l'affiche de Stronger avec Jake Gyllenhaal. Le long métrage est inspiré du témoignage d'un survivant de l'attentat au marathon de Boston.

Vu

De très nombreux festivaliers rivaliser d'ingéniosité pour obtenir une invitation aux projections : A hug for a ticket (un classique), «Je supporte Amal Clooney» (ma préférée), etc. Et ça marche... pas si souvent, m'a-t-on dit. Les billets pour les représentations publiques s'envolant rapidement, plusieurs se rabattent sur les gens de l'industrie, qui doivent obtenir des places désignées pour entrer. Les journalistes ont accès à des projections réservées à la presse selon le modèle premier arrivé, premier servi, en fonction du rang de l'accréditation. Donc pas de laissez-passer pour les festivaliers. Désolé...

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