L'émouvant retour de Spielberg

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Le grand réalisateur américain Steven Spielberg revenait sur la Croisette trois ans après avoir présidé le jury.

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Du 11 au 22 mai, notre journaliste Éric Moreault est à Cannes pour suivre le festival de cinéma qui en est à sa 69e présentation. »

(Cannes) Si le Festival de Cannes a déroulé le tapis rouge samedi pour Disney, c'était d'abord et avant tout pour accueillir une légende vivante du cinéma : Steven Spielberg. Le grand réalisateur américain revenait sur la Croisette trois ans après avoir présidé le jury. Un retour émotif pour lui et ses producteurs, mais pour une tout autre raison que la présentation du Bon gros géant (The BFG), hors compétition.

Mark Rylance interprète le bon gros géant, un... (Photo Disney) - image 1.0

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Mark Rylance interprète le bon gros géant, un doux colosse attrapeur de rêves qui kidnappe Sophie (Ruby Barnhill), une orpheline, afin de lui tenir compagnie.

Photo Disney

Si le Festival de Cannes a déroulé le... (Infographie Le Soleil) - image 1.1

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Infographie Le Soleil

Ce divertissement familial, plutôt moyen, marquait une nouvelle collaboration entre Spielberg et Melissa Mathison, la scénariste d'E.T. Le classique de science-fiction a connu son baptême du feu en clôture du Festival en 1982, «le point culminant de ma carrière», s'est rappelée la légendaire productrice Kathleen Kennedy (pourtant présidente de Lucasfilm depuis 2012!).

Mais Mme Mathison n'était pas à la longue table de la conférence de presse : elle est décédée le 4 novembre 2015. M. Spielberg avait les yeux humides lorsqu'il a évoqué sa collaboration - «un rêve» - avec la scénariste sur le BGG.

Parce qu'il avait souvent lu le conte de Roald Dahl à ses enfants en incarnant le gentil géant. Un doux colosse qui est attrapeur de rêves et qui kidnappe Sophie, une orpheline, pour lui tenir compagnie. Il doit toutefois la dissimuler à ses neuf compères, devenus ogres, et qui vont jouer aux chats et à la souris dans l'espoir de la croquer.

Le BGG parle une délicieuse langue inventée (exemples : un magirêve et un épouvansonge) qui contribue grandement au charme du film. On est ici dans le registre du merveilleux, au croisement entre Alice au pays des merveilles et Gulliver. L'action s'y déroule d'ailleurs en Angleterre. Ce qui a donné une occasion à Spielberg de réembaucher le talentueux Mark Rylance (son bon ami), oscarisé dans Le pont des espions. Le Britannique est un géant totalement convainquant. Une chance. Sans l'accabler, vu son jeune âge, Ruby Barnhill manque de charisme pour porter une superproduction sur ses épaules.

On reconnaît la touche de génie du réalisateur, mais on est loin du calibre d'E.T. Doté de moyens et d'une direction artistique exceptionnels, Le BGG resplendit à l'écran. Le récit, par contre, souffre d'une très longue mise en place qui manque de rythme. Le long métrage décolle réellement lorsque le géant et Sophie arrivent au palais de la reine d'Angleterre (Penelope Wilton, Isobel Crawley dans Downtown Abbey) pour solliciter son aide. Peu importe les réserves, ce sera un gros succès dès qu'il prendra l'affiche le 1er juillet.

Steven Spielberg ne s'arrêtera pas en si bon chemin. Il tournera bientôt Ready Player One et The Kidnapping Of Edgardo Mortara avec... Mark Rylance! Du cinéma, «c'est ce que je vais faire pour le reste de ma vie.» Bonne nouvelle.

On se doutait que la compétition de cette 69e édition serait relevée et à ce jour, les films semblent le confirmer. Mais le premier couac nous est tombé dessus samedi soir, et un gros à part ça : American Honey d'Andrea Arnold. Une mauvaise téléréalité d'une platitude absolue. La Britannique a beau avoir gagné deux fois le Prix du jury à Cannes (Red Road, 2006, et Fish Tank, 2009), on se demande où est l'intérêt de cette virée chez les white trash américains. 

American Honey s'attache à Star (Sasha Lane), 18 ans, qui décide de rejoindre un groupe de jeunes qui font du porte-à-porte. Elle le fait pour les beaux yeux de Jake (Shia LaBeouf) et pour sortir du trou où elle vit. Mais son petit délinquant minable se tape déjà Krystal (Riley Keough). Bonjour le mélo prévisible... À la limite, ça aurait pu être intéressant, tout comme le road movie dans l'Amérique profonde - même si ça s'est déjà vu 100 fois aussi.

Mais non, il faut en plus qu'Arnold enfile cliché sur cliché sur sa tribu, en plus de transformer chaque déplacement en interminable clip rap sur fond de défonce minable. Et on ne parle même pas des dialogues insignifiants, du manque d'enjeu dramatique, du naturalisme maniéré... Du grand n'importe quoi, sans intérêt.

Bref, j'ai perdu 2h45 de ma vie...

Les frais de ce reportage sont payés en partie par le Festival de Cannes

LU

Dans le Hollywood Reporter, qu'Isabelle Nélisse (la soeur de Sophie) aura un rôle dans The Tale, aux côtés de Laura Dern (Wild at Heart) et Ellen Burstyn (Alice n'est plus ici). Il s'agit d'un récit autobiographique de Jennifer Fox (Dern), une journaliste à succès, dont la mère (Burstyn) trouve un récit écrit par sa fille à l'âge de 13 ans où elle raconte partager un triangle sexuel avec deux adultes. Alors que Jennifer enquête, 40 ans plus tard, elle a des réminiscences d'elle-même alors qu'elle était adolescente. C'est la jeune actrice québécoise qui interprétera ce rôle.

ENTENDU

Steven Spielberg s'exprimer sur l'importance de la magie du cinéma dans l'état actuel du monde. «Cette magie va nous donner de l'espoir. Et cet espoir va nous rendre proactifs dans un monde qui exige notre attention plus que jamais. L'espoir vient de la magie et je crois que c'est ce que les films peuvent donner aux gens, un espoir qui dit que ça vaut la peine de se battre jusqu'au jour suivant. L'espoir est tout pour moi.»

VU

Le délicieusement pervers Mademoiselle de Park Chan-Wook. Le réalisateur de Stoker a présenté en compétition un suspense psychologique fort habilement ficelé, avec sa virtuosité habituelle à la caméra, sa photographie impeccable et son fort sens de la composition. Chargé de tension, d'érotisme saphique et de voyeurisme hitchcockien, il met en scène un trio lié dans une arnaque échafaudée sur la duperie. Monté en trois actes avec d'habiles revirements, il étire toutefois sa finale racoleuse. Un très bon moment de cinéma.

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