Clooney et Roberts sèment la frénésie

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Julia Roberts et George Clooney semblaient s'amuser comme des petits fous sur le tapis rouge du palais des Festivals.

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Du 11 au 22 mai, notre journaliste Éric Moreault est à Cannes pour suivre le festival de cinéma qui en est à sa 69e présentation. »

(Cannes) ENVOYÉ SPÉCIAL À CANNES / C'était couru: Julia Roberts et George Clooney ont semé la frénésie jeudi soir sur le tapis rouge du 69Festival de Cannes. Les superstars étaient présentes pour Money Monster. Pour Jodie Foster, la projection revêtait une saveur particulière, 40 ans après sa première présence avec Taxi Driver de Martin Scorsese, alors qu'elle avait 12 ans.

«C'était un moment extraordinaire. C'était plus chaotique à l'époque. C'était vraiment le début de ma carrière d'actrice et ma vie a complètement changé [depuis]. Revenir comme réalisatrice, c'est le plus grand honneur qui soit», a-t-elle souligné au cours d'une conférence de presse qui s'est déroulée dans la camaraderie et la complicité.

Ce n'est toutefois pas pour rien que son quatrième long métrage, attendu avec impatience sur la Croisette, était présenté hors compétition. Il s'agit d'un suspense hollywoodien pur boeuf, convenu et tiré par les cheveux. Assez décevant, en fait, malgré ses prétentions artistiques.

«C'est un film de genre destiné à un grand public. Mais il est aussi intelligent, avec plusieurs couches et une voix unique. Nous sommes vraiment chanceux d'avoir pu faire un film comme ça. Je crois que les gens veulent encore des films où ils peuvent réfléchir et ressentir quelque chose», a expliqué la réalisatrice.

Jodie Foster revient à Cannes comme réalisatrice, 40... (AFP, Loic Venance) - image 2.0

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Jodie Foster revient à Cannes comme réalisatrice, 40 ans après ses débuts comme actrice pour Taxi Driver. Elle avait alors 12 ans.

AFP, Loic Venance

Il s'agit du tournage en temps réel et en direct d'une prise d'otages dans un studio de télévision où règne Lee Gates, animateur suffisant (Clooney), et sa brillante réalisatrice (Roberts). Leur émission est interrompue par un investisseur rageur (Jack O'Connell), floué par les conseils de Lee, et qui veut la vérité sur ce qui s'est passé.

Entre la dénonciation des magouilles financières, la critique de l'info spectacle et la prise d'otages à la Un après-midi de chien (1976), le tour de force de Sydney Lumet, Foster ne sait plus trop sur quel pied danser. Sa réalisation, bien qu'efficace, manque clairement d'originalité.

L'actrice du Silence des agneaux n'a toutefois pas tort sur sa grande portée, notamment en raison de ses acteurs. Clooney était partant dès le départ et il a convaincu Roberts de partager l'aventure. Ce qui lui permet de se retrouver à Cannes, étonnamment pour la toute première fois. «C'est merveilleux de participer à cette célébration du cinéma», en compagnie de «son ami George», de Foster et du reste de la distribution. «Ce sont des rêves qui se réalisent», a lancé la célèbre actrice.

Money Monster prend l'affiche vendredi au Québec.

***

Moi, Daniel Blake se situe totalement à l'opposé du film de Foster. C'est tout le paradoxe de Cannes résumé en deux longs métrages. D'un côté les vedettes et les bonnes intentions, de l'autre, un cinéma artisanal, mais accompli.

Totalement engagé, comme toujours, Ken Loach démontre concrètement les humiliations quotidiennes, les attaques à la dignité et les embûches placées par les administrations tatillonnes envers les laissés pour compte. À tout prendre, je préfère ce manichéisme et ces bons sentiments, dans un long métrage réalisé avec trois fois rien, mais beaucoup de coeur. 

Le Daniel Blake (Dave Johns) en question, veuf de 59 ans, est un menuisier contraint à l'inactivité après une crise cardiaque. Il sera happé dans les dédales kafkaïens de l'aide sociale. Tout comme Katie (Hayley Squires), jeune monoparentale de deux enfants. Ils vont tenter de s'entraider, mais, parfois, la bonne volonté ne suffit pas...

Le détenteur du record des sélections à Cannes (13 en tout) signe un beau film, très touchant.

***

Alain Guiraudie s'est chargé de brasser les festivaliers avec Rester vertical. Il a fait une entrée remarquée chez les cinéastes français - son film est loin, par contre, de faire l'unanimité. Provocant et déstabilisant, son drame râpeux suit les déboires de Léo (Damien Bonnard), un cinéaste en passe d'inspiration et spécialiste de la fuite en avant. Après une union malheureuse avec une bergère (India Hair), Léo se retrouve avec un bébé sur les bras et s'enfonce dans la déchéance sociale.

Rester vertical oscille entre le rêve et la brutale réalité, de la naissance à la mort, en plus d'explorer la sexualité hors-norme de façon franche et frontale. Extrêmement bien réalisé, joué et filmé, il démontre le savoir-faire d'un cinéaste prêt à prendre tous les risques. Son long métrage n'est malheureusement pas aussi accompli que le sulfureux L'inconnu du lac (Prix de la mise en scène, Un certain regard, 2013). Dommage.

Les frais de ce reportage sont payés en partie par le Festival de Cannes.

ENVOYÉ SPÉCIAL À CANNES / C'était couru: Julia Roberts... (Infographie Le Soleil) - image 9.0

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Infographie Le Soleil

Lu

Une liste décroissante des 69 Palmes d'or du Festival, dans le Hollywood Reporter. Évidemment, on peut en discuter longtemps - La vie d'Adèle seulement en 39e place? All That Jazz en 16e, sérieux? -, c'est évidemment le but d'une telle compilation. Je n'aurais pas mis Les parapluies de Cherbourg (Jacques Demy) aussi haut qu'en cinquième position, mais rien à redire sur les quatre premières, des chefs-d'oeuvre: Blow-Up d'Antonioni; Taxi Driver de Scorsese; La dolce vita de Fellini et Le léopard de Visconti. Pour la liste complète : bit.ly/1Nrs1ws

Entendu

Des applaudissements en conférence de presse lorsque George Clooney a endossé son habit de militant: «Il n'y aura pas de présidence Donald Trump. La peur n'est pas la force motrice [des États-Unis]. Nous n'avons pas peur des musulmans, des immigrants, des femmes, de rien. De plusieurs façons, Trump est le résultat du fait que plusieurs émissions d'information n'ont pas voulu poser de questions. C'était facile parce que leurs cotes d'écoute augmentaient. [...] Nous avons perdu notre habileté à dire la vérité et s'en tenir aux faits.»

Vu

Un yacht qui détonne au large de Cannes, et ce n'est pas l'immense Octopus de Paul Allen, cofondateur de Microsoft et régulier du Festival. Difficile de manquer le Sam Simon avec ses dents de requin à la proue et son camouflage d'armée noir, blanc et bleu. Il s'agit d'un navire de la flotte de la Sea Sheperd Conservation Society, du militant écologiste Paul Watson. Le Canadien sera accompagné de Pamela Anderson (aussi Canadienne) pour donner une conférence de presse, samedi, dénonçant les traitements réservés aux animaux par le parc marin d'Antibes, le plus gros d'Europe. Deux navires de la Sea Sheperd, nommés en l'honneur de bienfaiteurs, ont un lien direct avec le cinéma: le Martin Sheen et le Brigitte Bardot

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