Un début dans la bonne humeur

Woody Allen entouré des acteurs de Café Society... (AFP, Valery Hache)

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Woody Allen entouré des acteurs de Café Society Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Blake Lively et Corey Stoll

AFP, Valery Hache

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Festival de Cannes

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Du 11 au 22 mai, notre journaliste Éric Moreault est à Cannes pour suivre le festival de cinéma qui en est à sa 69e présentation. »

(Cannes) ENVOYÉ SPÉCIAL À CANNES / Le Festival de Cannes a débuté dans la bonne humeur, gracieuseté de Woody Allen. Le vénérable cinéaste a ouvert les festivités avec Café Society, film typique et charmant avec, comme d'habitude, une solide distribution de vedettes - une recette parfaite pour ouvrir cette 69e édition. Signe qui ne trompe pas: la grande majorité des journalistes n'ont pu assister à la conférence de presse subséquente, faute de place.

Difficile de trouver plus approprié que ce long métrage un brin nostalgique qui rend hommage à la grande époque du cinéma hollywoodien - dominée, il est vrai, par les grands studios qui avaient droit de vie ou de mort sur les artisans dans les années 30. Ce n'est plus le cas, mais Hollywood est toujours un vrai coupe-gorge, a soutenu Kristen Stewart en conférence de presse.

L'actrice de Twilight en connaît un rayon à ce sujet. Elle s'en éloigne de plus en plus, d'ailleurs. Après un rôle remarqué dans Sils Maria d'Olivier Assayas, présenté ici en 2014, Stewart sera encore en compétition cette année grâce à Assayas dans Personal Shopper. Flattée d'être choisie pour un rôle principal dans Café Society, elle a tout de même douté être en mesure de s'insérer avec succès dans l'univers caractéristique d'Allen. Mais «cette tonalité particulière s'est imposée de façon très naturelle».

Sa versatilité s'est attirée les louanges du réalisateur. «Elle devait être en mesure de jouer une petite secrétaire adorable du Nebraska, mais aussi la femme riche et sophistiquée [qu'elle devient].»

La Vonnie en question a le coeur qui balance entre deux hommes; l'un, un puissant agent hollywoodien plus âgé qu'elle (Steve Carell), l'autre, Bobby, un jeune New-Yorkais naïf qui débarque à Los Angeles pour voir s'il y est (Jesse Eisenberg).

Nous sommes en terrain connu avec cette comédie romantique d'époque nappée de jazz - Bobby est l'alter ego du réalisateur. Il ne s'en cache pas: «Il y a longtemps, j'aurais joué ce rôle.» Il s'est gardé la narration hors champ. Mais, dit-il, Eisenberg (Le réseau social) «est parfait». Il le rend plus intéressant et moins unidimensionnel que si «je l'avais interprété».

Bien sûr, l'âge est un frein: le cinéaste de Crimes et délits a 80 ans, pas 25 comme Bobby. Ça ne l'empêche pas de vouloir continuer à tourner tant que «des gens seront assez idiots pour me financer». L'hypocondriaque avéré attribue sa longévité à une bonne hérédité et à la chance (même s'il commence à devenir sourd, a-t-on constaté). S'il continue à filmer comme il l'a fait avec Café Society, tant mieux. Il est dans une forme resplendissante. On n'en dira pas autant de l'histoire, somme toute assez banale et convenue. Mais quel dialoguiste!

Woody Allen et sa femme Soon-Yi Previn ... (AFP, Alberto Pizzoli) - image 4.0

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Woody Allen et sa femme Soon-Yi Previn 

AFP, Alberto Pizzoli

Si Allen a présenté son film en ouverture pour une troisième fois, c'est en bonne partie parce que le réalisateur ne veut pas que ses oeuvres soient en lice pour la Palme d'or. «Je ne crois pas que les oeuvres doivent être en compétition. C'est bon pour les sports. C'est très subjectif. Comment peut-on dire qu'un Matisse est meilleur qu'un Picasso?»

* * *

Bonne question, en effet. Les membres du jury ont eu à y répondre tout de suite après. Ce qui a pimenté une conférence de presse habituellement remplie de banalités qu'on écoute distraitement. 

Bien sûr, c'est la règle du jeu, comme l'a souligné László Nemes. Et puis ce travail prolonge la sélection effectuée par le Festival, qui fait rayonner le 7e art de façon admirable pendant l'événement. D'ailleurs, ce n'est pas «une question de jugement, mais de transmettre notre enthousiasme», s'est exclamé Arnaud Desplechin.

Un jugement qui sera exclusivement celui de cette «hydre à neuf têtes», a promis son président George Miller, et donc imperméable aux pressions de la presse et du Festival. «Tout le monde a une opinion [à Cannes]. Mais nous ne sommes pas des politiciens qui utilisent des groupes de discussion.»

* * *

La journée s'est poursuivie dans la bonne humeur (malgré une fine pluie), grâce à Donald Sutherland. Par deux fois entraîné sur le terrain du cinéma du ROC (Rest of Canada) par des journalistes ontariens, le membre du jury a fini par raconter une blague sur trois soldats qui vont être fusillés. On leur accorde une dernière grâce. L'Anglais choisit une tasse de thé. Le Canadien demande à pouvoir s'exprimer sur l'identité canadienne pendant 15 minutes. Et le Français? «Je veux être tué avant que le Canadien parle.»

Sans commentaire.

ENVOYÉ SPÉCIAL À CANNES / Le Festival de Cannes a... (Infographie Le Soleil) - image 6.0

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Infographie Le Soleil

Les frais de ce reportage sont payés en partie par le Festival de Cannes.

Woody Allen et sa femme Soon-Yi Previn ... (AFP, Alberto Pizzoli) - image 7.0

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Woody Allen et sa femme Soon-Yi Previn 

AFP, Alberto Pizzoli

Lu

Un essai perturbant de Ronan Farrow dans le Hollywood Reporter. Le fils de Woody Allen et de Mia Farrow livre de dures critiques au milieu hollywoodien, aux journalistes et, par extension, au Festival, à propos du traitement complaisant réservé au réalisateur concernant les accusations d'inceste réitérées par sa soeur Dylan, en 2014. Ce silence complice, dit-il, n'est pas seulement tendancieux, il est dangereux. Il lance un message aux victimes et aux agresseurs: nous allons détourner le regard.

Entendu

Personne se plaindre des longues files un peu partout autour du palais des festivals, sur la Croisette. La sécurité accrue dans la fouille de sacs, qui sont examinés sous toutes les coutures, ralentit le rythme d'entrée. Le contrôle d'identité se fait toutefois rapidement: chacun, ici, que ce soit aux projections ou au marché du film, qui se déroule en parallèle, a une carte d'identité avec photo, qu'il doit avoir autour du cou. La couleur arborée fait foi de votre rang social dans la société festivalière et de l'accès rapide (ou pas) aux salles qui vient avec.

Vu

Sieranevada, le premier film de la compétition. La comédie dramatique de Cristi Puiu sur une famille dysfonctionnelle comme microcosme de la Roumanie actuelle s'avère amusante et parfois percutante, mais malheureusement pas transcendante, malgré des qualités évidentes. Le jeu des acteurs, d'un naturalisme confondant, est relevé et la réalisation d'une maîtrise grandiose. Malgré son aspect sympathique, ce huis clos de parents réunis pour un rituel funéraire, et où les prises de bec n'en finissent plus d'en perturber le déroulement, n'a rien de bien original. Et à 2h53, on n'est pas épargné par des longueurs...

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