À qui la Palme d'Or?

Les jurés Xavier Dolan et Sienna Miller à... (Photo AFP, LOïC VENANCE)

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Les jurés Xavier Dolan et Sienna Miller à leur arrivée à la projection de Macbeth.

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Du 13 au 24 mai, notre journaliste Éric Moreault est à Cannes pour suivre le festival de cinéma qui en est à sa 68e présentation. »

(Cannes) Alors, 19 films plus tard, à qui la Palme d'or? Oubliez les favoris des critiques, le jury est souverain. Bien malin qui pourrait déterminer la dynamique des neuf créateurs, dont le Québécois Xavier Dolan, qui vont aujourd'hui décerner le prix le plus convoité du cinéma mondial. D'autant qu'il n'y a pas cette année un film qui a renversé tout le monde - malheureusement, Sicario de Denis Villeneuve ne va pas en profiter. Mais il y a tout de même des incontournables.

L'an passé, on a beaucoup reproché à Thierry Frémaux sa sélection «d'habitués». Le délégué général du Festival de Cannes a entendu les critiques et proposé pour cette 68e édition une compétition axée sur le renouveau, avec plusieurs réalisateurs qui étaient pour la première fois sur les rangs pour la Palme d'or.

La stratégie a porté ses fruits, puisque quelques-uns ont offert des films originaux qui se démarquent : László Nemes, Yorgos Lanthimos, Joachim Trier... Ce qui n'a pas empêché des vétérans de se distinguer, nommément Jacques Audiard, Nanni Moretti et Paolo Sorrentino.

La Palme d'or risque fort de se retrouver en Italie. Mia Madre de Moretti, touchant drame sur la mort de la mère, pas aussi marquant que La chambre du fils (Palme d'or en 2001), a ses chances. Mais, à tout prendre, cette année risque d'être celle de Sorrentino. Youth, une méditation sur le passage du temps pleine d'esprit, a le mérite d'être aussi solide sur le fond que dans sa forme. Le film fait réfléchir, émeut, tout en étant un régal pour les yeux. Si ce n'est la Palme, il figurera assurément au palmarès.

En toute logique, Mia Madre pourrait repartir avec le Grand Prix, bien que je l'attribuerais volontiers à The Lobster du Grec Lanthimos. Sa façon tout à fait originale et délirante de réfléchir sur l'importance du couple sur le plan social fait ressortir son film du lot. Il devrait à tout le moins remporter le Prix du scénario. Honnêtement, on n'en voit pas d'autres dans cette catégorie.

Il y a aussi Le fils de Saul à considérer. Après le long métrage du Hongrois Nemes, on va envisager la Shoah sous un tout autre angle. C'est le film qui m'a le plus marqué par son audace, sur le plan formel aussi. Il en fait le candidat tout désigné pour le Prix de la mise en scène. Je ne crois pas que le jury aura la hardiesse de décerner la Palme à une première oeuvre de fiction - quoique c'est arrivé à Steven Soderbergh (Sexe, mensonges et vidéo, 1989).

Il y a aussi le Prix du jury qui sert souvent à récompenser un candidat malheureux - on n'a qu'à penser à Mommy de Xavier Dolan, à qui bien des gens prédisaient la Palme d'or l'an passé. Carol de l'Américain Todd Haynes serait un candidat logique. Si le jury veut récompenser un des trois films asiatiques, histoire de répartir la géographie des prix, il pourrait opter pour The Assassin du Taiwanais Hou Hsiao-hsien, d'une beauté visuelle recherchée, mais avec un scénario aussi mince qu'une feuille de papier.

Et Villeneuve dans tout ça? Le réalisateur québécois le dit lui-même : Sicario n'est pas un film à Palme d'or. Pas plus que pour les autres prix, à mon avis. Sa mise en scène est techniquement d'une efficacité redoutable, mais elle n'innove pas. J'ai pensé un moment à un Prix d'interprétation masculine pour Benicio del Toro, mais la compétition est trop forte dans cette catégorie.

À commencer par Vincent Lindon, stupéfiant de retenue en chômeur meurtri dans La loi du marché, tout comme Tim Roth en infirmier brisé dans Chronic. Ma préférence va au premier. Reste que Michael Fassbender est venu brouiller les cartes avec son intense interprétation de Macbeth dans le film du même nom, présenté samedi en compétition.

Même chose pour Marion Cotillard en Lady Macbeth, un des rôles les plus exigeants du répertoire dramatique, qu'elle met à sa main de façon remarquable. Tout le monde attend Cate Blanchett dans le rôle-titre de Carol. Sa composition d'une lesbienne qui veut sortir du placard a marqué les esprits. S'il y a une surprise, toutefois, elle pourrait bien venir de Zhao Tao. Dans Mountains May Depart, l'actrice chinoise réussit le tour de force d'interpréter le même personnage sur un intervalle de 25 ans, sans artifice et avec beaucoup de crédibilité. Sans oublier Margherita Buy, qui joue l'alter ego de Moretti dans Mia Madre.

On verra bien ce soir, à Cannes. Les prix seront décernés à partir de 19h (13h, heure de Québec).

*Les frais d'hébergement sont payés par le Festival de Cannes.

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