Cannes: ce qui se passe dans la forêt...

Les acteurs Jessica Barden, Ben Whishaw, Léa Seydoux,... (Photo AP, Lionel Cironneau)

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Les acteurs Jessica Barden, Ben Whishaw, Léa Seydoux, Colin Farrell et Rachel Weisz sur le tapis rouge avant la projection du film The Lobster de Yorgos Lanthimos, hier, sur la Croisette.

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Du 13 au 24 mai, notre journaliste Éric Moreault est à Cannes pour suivre le festival de cinéma qui en est à sa 68e présentation. »

(Québec) Les deux films de la compétition présentés à la presse vendredi au 68e Festival de Cannes sont très différents au fil d'arrivée: The Lobster est une splendide réussite, alors que La forêt des songes se plante royalement. Ils ont une seule chose en commun: il se passe d'étranges choses dans la forêt.

Dans le bois du surréalisteThe Lobster de Yorgos Lanthimos, les réfugiés qui l'habitent n'ont pas le droit de s'aimer. Bizarre? Pas tant que ça dans ce film intrigant, décalé et imaginatif sur le diktat du couple et l'opprobre qui entoure ceux qui désirent rester célibataires. Du moins, c'est ce que j'y ai vu. Mais pas seulement ça. Comme le soulignait l'acteur Colin Farrell en conférence de presse, The Lobster est ouvert à toutes les interprétations. Et ce, jusqu'à la fin ouverte, qui laisse libre cours aux spéculations.

Si on en croit le réalisateur grec, ce sont des discussions entre lui et son coscénariste Efthimis Filippou sur les relations de couple et les comportements qui en découlent qui ont servi à la genèse de cette oeuvre originale, dans la forme et sur le fond.

Le duo a imaginé un futur proche où les célibataires sont arrêtés et détenus dans un hôtel où ils ont 45 jours pour trouver l'âme soeur. Sinon, ils sont transformés en un animal de leur choix (le homard pour notre antihéros). Outre les activités de rapprochement et les saynètes sur les avantages d'être en couple jouées par les employés, ils vont chaque jour dans la forêt à la chasse aux solitaires. Évadés de l'hôtel, ceux-ci sont coincés dans une sorte de no man's land puisqu'ils ne peuvent non plus regagner la ville, où tout le monde vit en couple.

C'est un univers «très subversif, drôle et absurde», comme le souligne l'acteur John C. Reilly (présent dans trois films à Cannes cette année), un mélange improbable de Samuel Beckett et du Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.

L'approche de Lanthimos est conséquente. Filmé en lumière naturelle et en son ambiant, généralement en plans fixes assez larges, il s'en dégage une impression de proximité autant que de distance. Le non-jeu des acteurs y est pour beaucoup. Une démarche «très particulière qui me fait penser aux films de Robert Bresson, ce réalisme total où il ne faut pas jouer, juste être là», observe Léa Seydoux.

À sa façon twistée, The Lobster est surtout un film très romantique sur la poursuite universelle de l'amour et du bonheur, croit Rachel Weisz. Ça se discute. Mais retenez bien le nom de Yorgos Lanthimos. Même s'il est encore tôt pour s'avancer, je ne serais pas surpris de le voir au palmarès.

Ce ne sera assurément pas le cas de La forêt des songes (The Sea of Trees). Le film de Gus Van Sant ne devrait pas être là. Ce qui est d'autant plus décevant qu'il marquait le retour du réalisateur d'Elephant (Palme d'or en 2003) en compétition à Cannes après huit ans d'absence (Paranoid Park).

Le long métrage s'attarde aux pas d'Arthur Brennan (Matthew McConaughey) alors qu'il entre dans une dense forêt japonaise, rongé par la culpabilité et sa perte. Alors qu'il a trouvé l'endroit idéal pour mourir, il est interrompu par un homme blessé (Ken Watanabe). Déterminé à l'aider à survivre, Arthur va en profiter pour réfléchir sur ce qui l'a amené à cet endroit : sa femme (Naomi Watts).

Van Sant préconise une mise en scène épurée, qui alterne, sans grande imagination, entre les efforts dans l'adversité du duo et les retours en arrière sur les difficultés du couple d'Arthur.

On se demande ce qui a séduit Van Sant dans ce scénario mystique convenu, cousu de fil de blanc et prévisible. Une bonne idée ne fait pas un long métrage et, à l'image de son personnage, le réalisateur a perdu le fil de sa narration et trébuché à de multiples reprises jusqu'à s'étaler de tout son long dans une dernière partie mélo et ridicule. Qui n'en finit plus de finir.

La forêt des songes doit sa présence au peu de films américains en compétition, à la réputation de son réalisateur et à sa distribution. N'empêche : il n'avait pas d'affaire en compétition.

Les frais d'hébergement sont payés par le Festival de Cannes.

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