Table rase: dernière cène entre amies

Table rase raconte l'histoire d'amies d'enfance qui ont... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Table rase raconte l'histoire d'amies d'enfance qui ont déjà l'impression d'être embourbées dans leurs vies, même si elles n'ont pas encore 30 ans.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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CRITIQUE / «La soirée peut pas juste être ça, on se saoule et on fait des crises!» lance une des six filles réunies dans un chalet, un soir dont l'importance nous est révélée graduellement, entre les trucs de cul, les souvenirs du secondaire et les excès de cynisme rageur.

C'est à la fois un souper de filles, avec plus de bouteilles que de filles, et une dernière cène, pour dire adieu à l'une des leurs et faire, par la même occasion, table rase de leurs vies, dans lesquelles elles ont déjà l'impression d'être embourbées, à pas même 30 ans. 

Vicky Bertrand, Marie-Anick Blais, Rose-Anne Déry, Sarah Laurendeau, Marie-Noëlle Voisin et Catherine Chabot (qui signe le texte en collaboration avec la metteure en scène Brigitte Poupart et les autres interprètes) incarnent des amies d'enfance, des filles devenues amies parce qu'elles habitaient la même rue, qui ne se sont pas nécessairement choisies, mais qui ont grandi tellement proches les unes les autres que leurs racines se sont entremêlées. 

Elles ont joué aux sorcières après avoir vu le film Magie noire, ont écouté Alanis Morissette, peuvent citer en choeur des bouts de l'Album du peuple tome 2. Surtout, elles connaissent leurs faiblesses respectives et se tirent dessus sans cérémonie. On ne sait pas trop si elles le font par habitude ou pour se secouer, se pousser à agir, mais la conversation dérape constamment. C'est à se demander pourquoi elles se voient. 

Les moments jubilatoires, où elles se mettent à chanter, à lutter, à s'embrasser ou à courir autour de la table les seins à l'air (à chacun sa manière de lâcher son fou...) côtoient l'évocation de drames lourds - tentative de suicide, anorexie, avortement, alcoolisme, inceste. Libérées et festives, les filles? Angoissées plutôt, profondément chamboulées par ce qu'elles se préparent à faire. Il faut du temps avant qu'un peu de tendresse émerge. On rit, mais ça grince et plus on les observe (tout en jaugeant l'autre moitié du public, puisque la scène est au centre de deux estrades), plus leurs débordements nous semblent désespérés.

Portrait imparfait

Lors de la création à Montréal, les critiques ont parlé d'une génération de femmes qui se fait enfin entendre - une étiquette lourde à porter et surtout, tellement difficile à défendre. Si certains tocs, traits de caractère ou réflexions nous rappellent une amie, une collègue, voire nous-mêmes, nous sommes toutefois devant un portrait imparfait, où on caricature parfois dans le seul but de susciter le rire et où la crudité des premières discussions manque de justification. 

Cela dit, cette première création du Collectif Chiennes pose les bases d'une parole affirmée et démontre un certain talent pour capter l'intérêt des spectateurs et faire monter l'émotion. Souhaitons que leur parole s'affine et de se complexifie dans de futurs projets.

La pièce sera de nouveau présentée dimanche à 21h au Périscope, dans le cadre du Carrefour international de théâtre de Québec.




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