We Love Arabs: les liens sacrés du houmous...

Le chorégraphe israélien Hillel Kogan, qui partage la... (Gadi Dagon)

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Le chorégraphe israélien Hillel Kogan, qui partage la scène avec le danseur Adi Boutrous, propose avec We Love Arabs un spectacle aussi drôle que rafraîchissant.

Gadi Dagon

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Carrefour de théâtre

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Carrefour de théâtre

Le 17e Carrefour international de théâtre de Québec bat son plein du 24 mai au 11 juin 2016. Lisez les entrevues avec les artistes présents et les critiques des pièces. »

(Québec) CRITIQUE / On ne pense pas d'emblée à rire en assistant à une pièce qui parle de la cohabitation entre Juifs et Arabes en Israël. Et pourtant! Dans le fabuleux exercice parodique We Love Arabs, le chorégraphe de Tel-Aviv Hillel Kogan s'amuse autant avec les codes de sa pratique que des clichés et stéréotypes ethniques et culturels. Le résultat est aussi drôle que rafraîchissant. 

À mi-chemin entre la danse et le jeu théâtral, le spectacle présenté au Carrefour international de théâtre met en scène deux interprètes : le chorégraphe Kogan et le danseur Adi Boutrous. Mais c'est en tête-à-tête avec le public que le premier - ou plutôt une version décalée de lui-même - lance le bal dans un verbiage sur une démarche artistique qu'il peine à définir clairement. 

Ponctuant son discours de mouvements, il cherche ses mots, s'empêtre, évoque un espace qui donne du plaisir à son corps et un autre, inconfortable, qui le rejette. S'impose alors un constat qui dictera le propos de son spectacle sur la coexistence : cet espace négatif pour lui, le Juif, doit appartenir à un autre, plus précisément à un Arabe. Et ça l'embête un peu. Pas qu'il soit raciste (monsieur s'en défend bien), mais parce que les danseurs arabes ne courent semble-t-il pas les rues dans la métropole israélienne...

Le ton est donné. Et la table mise pour l'entrée en scène de Boutrous, qui se prêtera au jeu - jusqu'à un certain point! - de ce chorégraphe qui ne manque pas de bonne volonté, mais qui n'en est pas à un stéréotype ni à une contradiction près. 

Dans un déluge verbomoteur, Kogan joue d'autodérision en enfonçant des portes ouvertes, en se complaisant dans un flot de clichés artistiques ou culturels qu'il distille comme autant d'éclairs de génie et en traitant avec une condescendance ridicule son danseur, stoïque devant ces affronts involontaires. Il faut entendre Kogan lui demander à répétition s'il a compris ses explications ou le sommer d'exprimer en mouvements sa carte d'identité. «Emmène-moi dans ton village. Au fait, c'est quoi ton village, Adi?» lui demandera-t-il. La réponse - Tel-Aviv... - a fait crouler la salle de rire, mardi.  

Jouer avec les symboles

We Love Arabs prend un malin plaisir à jouer avec les symboles : l'étoile de David, le croissant des minarets (même si l'Arabe qui nous intéresse ici est en fait chrétien... oups!), le mur invisible, la rivière à traverser, etc. Et la consécration d'une platée de houmous, ultime emblème identitaire qui deviendra le «lien sacré» unissant les deux solitudes, a de quoi renouveler notre perception de l'expression «communion avec le public». 

Le spectacle We Love Arabs est présenté une nouvelle fois mercredi soir à La Bordée. 




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