Straight Jacket Winter: le vrai, le faux... et Ducharme

Bien de son temps, Straight Jacket Winter s'appuie... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Bien de son temps, Straight Jacket Winter s'appuie sur toutes sortes de points de repère évocateurs de l'époque (la sonnerie du logiciel de communication Skype, les pages Facebook, les effets sonores du jeu vidéo Candy Crush, etc.).

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / Entre l'exercice de style et l'autofiction, la pièce Straight Jacket Winter, présentée en première mondiale vendredi au Carrefour international de théâtre, explore les conséquences de l'isolement.

Dans un hommage à l'écrivain Réjean Ducharme, Esther Duquette et Gilles Poulin-Denis ont puisé dans leur propre expérience pour dépeindre un voyage intérieur transposé visuellement d'ingénieuse manière, mais qui n'évite toutefois pas quelques longueurs.

À mi-chemin entre le documentaire et la fiction, Straight Jacket Winter (traduction libre du titre du roman L'hiver de force de Réjean Ducharme), s'ancre dans le déracinement de ses deux auteurs, lorsqu'ils ont quitté Montréal pour s'installer à Vancouver. Le choc est d'abord culturel: les communications sont difficiles, les amitiés se font rares et le sentiment de solitude grandit. Si bien que le couple se replie peu à peu sur lui-même, enfermé dans son appartement, et voit sa relation passer par toutes sortes de stades, entre le statut fusionnel (voire le romantisme ringard, appuyé de rigolote façon) et la rupture imminente, entre l'ennui profond et l'absurde folie.

Dans le concret, il ne se passe pas grand-chose dans cette pièce: deux amoureux passablement désoeuvrés qui tantôt se rapprochent, tantôt s'éloignent. Le voyage est plutôt intérieur. S'il s'étire un peu par moments - on en vient à se demander comment les personnages sortiront de leur torpeur -, il se déploie d'originale manière.

Sur la scène du Périscope, le vrai côtoie le faux, et le couple se dédouble. Julie Trépanier et Frédéric Lemay incarnent Esther et Gilles, mais les véritables Esther et Gilles sont aussi de la partie. Ils jouent les narrateurs, se font maîtres de cérémonie sollicitant la participation du public et manipulent divers éléments scéniques. Et c'est là que réside la plus grande force du spectacle, alors que le récit prend vie grâce à des projections vidéo créées en temps réel et à une utilisation judicieuse d'une table tournante, notamment.

Points de repère évocateurs

Bien de son temps, Straight Jacket Winter s'appuie sur toutes sortes de points de repère évocateurs de l'époque (la sonnerie du logiciel de communication Skype, les pages Facebook, les effets sonores du jeu vidéo Candy Crush, etc.). Mais les créateurs savent aussi faire de la magie en détournant astucieusement des objets du quotidien (râpe à fromage, boîtes de carton, livres, chapeaux de fête) qui prendront tout leur sens dans la très jolie scène finale.

Straight Jacket Winter est présenté au Périscope jusqu'à dimanche.

Samedi au Carrefour

  • Où tu vas quand tu dors en marchant...: parcours déambulatoire autour de l'Îlot des palais et du parc de l'Artillerie  (Entre 21h et 23h)
  • Les affinités électives: Domaine Cataraqui 14h
  • Straight Jacket Winter: Périscope 16h
  • Ils étaient quatre: Les Gros Becs 20h (entretien avec les artistes après la représentation)
  • Conte pour soir de tempête: Premier Acte 16h et 19h (laboratoire)
  • Hôtel Dieu: Studio d'essai, Méduse 17h (répétition publique)

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