Les affinités électives: un thé et des idées

Élégante et toute en nuances, Paule Savard navigue avec... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Élégante et toute en nuances, Paule Savard navigue avec aisance et justesse dans un texte qui multiplie les ruptures de ton.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / Dès notre entrée au manoir, le décorum est en place: un majordome nous sert un Earl Grey à la rose dans de jolies tasses en porcelaine, on nous invite à nous régaler d'un petit cannelé bordelais. Mme Alice tient salon et elle sait recevoir. Mais ne comptez pas sur elle pour taire ses idées bien arrêtées ni cultiver le consensus.

Porté par la comédienne Paule Savard, dans une mise en scène de Michel Nadeau, le monologue Les affinités électives de l'Américain David Adjmi a élu domicile au Domaine Cataraqui jusqu'au 5 juin. La prémisse est bien simple: nous sommes invités à prendre le thé. La raison de notre visite? Notre hôtesse, une riche mécène, vient de faire l'acquisition d'une sculpture qu'elle souhaite faire voir. 

L'énorme masse noire où se fondent branches et formes humaines occupe le coin du salon. «Ça fait un peu peur», reconnaît la maîtresse des lieux à propos de l'oeuvre, qui a, semble-t-il, créé des tensions entre son mari et elle. La dame est aussi en froid avec sa meilleure amie à cause de déclarations politically incorrect sur la torture qu'elle a proférées dans une soirée mondaine. Bref, notre hôtesse se sent seule et c'est à nous qu'elle confiera ses réflexions sur l'art, d'abord, puis sur le monde, la guerre, l'amour, la valeur d'une vie humaine (surtout lorsqu'elle n'est pas celle de quelqu'un qu'on aime...) dans un monde dit civilisé.

Dans ce tête-à-tête tenu à la lueur du jour (les représentations ont lieu à 19h ou 14h), le spectateur n'a d'autre choix que de se sentir interpellé. Avec un personnage qui s'adresse directement à nous, sans la distance jetée par la pénombre dans une salle de théâtre plus traditionnelle, on a presque envie de transformer le monologue en dialogue en répondant aux réflexions et interrogations de celle qui nous accueille. Certains l'ont d'ailleurs fait, ponctuellement, à la première de jeudi. 

Vrai que l'illusion est quasi parfaite. Élégante et toute en nuances, Paule Savard en impose dans son incarnation d'Alice. La comédienne navigue avec aisance et justesse dans ce texte qui multiplie les ruptures de ton. Elle passe des prises de position les plus tranchées aux observations les plus superficielles (la transition entre le sujet des droits de l'homme et celui de l'amour des bas de nylon est à crouler de rire), se fait frondeuse, fragile, nostalgique. Ce personnage paradoxal qui pourrait être perçu comme hautain (voire malcommode!), elle le rend attachant. Et on y croit.

Vendredi au Carrefour

  • Où tu vas quand tu dors en marchant...: parcours déambulatoire autour de l'îlot des Palais et du parc de l'Artillerie (Entre 21h et 23h)
  • Straight Jacket Winter: Périscope 20h (Entretien avec les artistes après la représentation)
  • Hôtel Dieu: Studio d'essai Méduse 17h (Répétition publique)
  • L'envol: Premier Acte 18h (Laboratoire)

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