Paule Savard: les surprises du métier

La comédienne Paule Savard jouera un premier solo... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La comédienne Paule Savard jouera un premier solo en quelque 50 ans de carrière dans Les affinités électives.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Les planches, Paule Savard les connaît. Quelque 50 ans de carrière - dont une quarantaine à enseigner le jeu au Conservatoire de Québec - ne l'ont toutefois pas immunisée aux surprises du métier : «Je n'ai jamais fait ça, un solo... Je trouve ça un peu bizarre!» lance la comédienne, qui s'offrira un premier tête à tête avec le public dans Les affinités électives de David Adjmi.

Rencontrée au Domaine Cataraqui, où elle élira domicile le temps de neuf représentations pendant le Carrefour international de théâtre, Paule Savard avoue qu'elle ne s'attendait pas à un tel rendez-vous. La proposition est venue du metteur en scène Michel Nadeau. «Il m'a appelée et il m'a demandé si je voulais faire un one-woman-show au Carrefour. J'ai dit : "C'est quoi cette affaire-là?"» rigole celle qui a été convaincue par le texte de l'Américain David Adjmi et par la traduction - la première en français, nous dit-on - signée Joëlle Bond. 

Du 26 mai au 5 juin, Paule Savard se glissera donc dans la peau d'Alice, riche mécène aux idées bien arrêtées, qui conviera ses invités (une soixantaine à la fois) à prendre le thé et à admirer sa nouvelle acquisition. La sculpture - construite par Marie-Renée Bourget Harvey et décrite comme «un peu étrange, un peu inquiétante, un peu sinistre» - servira à l'hôtesse de prétexte pour partager diverses réflexions sur le monde, la civilisation, la violence et la barbarie.

«C'est un texte assez déroutant quand tu le lis la première fois. C'est en l'apprenant et en le disant que je l'ai senti. C'est riche comme texte, ce n'est pas simpliste. Elle dit qu'elle est heureuse, mais on n'est pas sûr qu'elle l'est. Ce n'est jamais blanc ou noir... Là où ça l'est plus, c'est dans ses opinions sociales», explique Paule Savard, citant en exemple un passage où son personnage plaide pour le recours à la torture dans les cas où cette violence pourrait permettre de sauver des vies.

«Elle n'est pas conventionnelle, cette femme-là, reprend Mme Savard. Elle est vraiment le contraire du politically correct. Mais elle défend tout ça avec des arguments qui peuvent avoir du bon sens lorsqu'elle les dit.»

Du 26 mai au 5 juin, Paule Savard se... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Du 26 mai au 5 juin, Paule Savard se glissera dans la peau d'Alice, riche mécène aux idées bien arrêtées, qui conviera ses invités (une soixantaine à la fois) à prendre le thé et à admirer sa nouvelle acquisition. 

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Un rôle rare

Paule Savard a pris sa retraite du Conservatoire d'art dramatique de Québec il y a maintenant 10 ans. Et selon sa propre observation, elle ne s'attendait pas à jouer autant qu'elle ne l'a fait dans les dernières années. Parmi ses expériences marquantes, difficile de passer sous silence le rôle qu'elle a incarné au Trident dans la pièce Mois d'août, Osage County et qui lui a valu le prix Paul-Hébert en 2014. 

«C'est rare, c'est une rencontre, résume-t-elle. C'est un rôle que jamais je n'oublierai... C'est comme si ça confirmait tout ce que je pensais. J'ai enseigné pendant 40 ans. Le jeu est une chose qui me passionne beaucoup, beaucoup. C'est comme si cette pièce m'avait permis de réaliser tout ce que je sentais. Comme si j'avais la preuve que c'était bien ça. C'était de sentir que le personnage est là, que tu n'as pas besoin de le chercher. Et de sentir aussi que le public est avec toi. C'est incroyable, ça! Je me suis ennuyée après...»

Pour Paule Savard, c'est aussi le genre de rôle qui fait remettre en question l'idée de la retraite (elle reprendra d'ailleurs du service en novembre, au Périscope, dans Fire Lake, ville minière, 1986). Même si elle craint un peu les trous de mémoire - «Mon texte, je l'apprends beaucoup, beaucoup, beaucoup!» lance-t-elle - et qu'elle rappelle que le trac ne s'estompe pas avec le temps. 

«Tous les comédiens d'un certain âge que je connais le disent, jure-t-elle. On a moins de défenses en vieillissant. On est moins baveux. La jeunesse est téméraire. En vieillissant, on dirait qu'on voit tout ce qui peut arriver.»

Des considérations qui n'ont pas découragé Paule Savard de foncer dans ce premier solo (le comédien David Grenier accueillera le public à titre de majordome) en carrière. Pour l'anecdote, elle raconte que lorsque la pièce Les affinités électives a été jouée à New York il y a quelques années, l'actrice Zoe Caldwell n'a accepté le rôle qu'à condition de pouvoir garder son texte à proximité. «Moi, mon metteur en scène n'a pas embarqué là-dedans!» lance Paule Savard en rigolant. «Mais j'aimais mieux aussi le faire en vrai de vrai, précise-t-elle. Ça ajoute de la crédibilité, quand même...»

Extrait de la pièce «Les affinités électives»

=> À l'affiche

  • QuoiLes affinités électives
  • Texte : David Adjmi
  • Traduction : Joëlle Bond
  • Mise en scène : Michel Nadeau
  • Interprétation : Paule Savard, David Grenier
  • Quand : du 26 mai au 5 juin à 19h ou 14h
  • : Domaine Cataraqui
  • Billets : 53,50 $ (forfait à 140 $ pour trois spectacles du Carrefour international de théâtre)
  • Note : Les spectateurs qui désirent manger au Domaine Cataraqui avant la pièce pourront le faire. Réservation obligatoire au moins quatre jours à l'avance au 418 528-7433
  • Info : www.carrefourtheatre.qc.ca ou 418 647-3813

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