Ballets C de la B: survivre dans la dignité

Les danseurs évoluent sur une scène recouverte de... (Chris Van der Burght)

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Les danseurs évoluent sur une scène recouverte de vieux vêtements.

Chris Van der Burght

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Carrefour de théâtre

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Carrefour de théâtre

Le 16e Carrefour international de théâtre de Québec se déroule du 21 mai au 7 juin 2015. »

(Québec) Le Flamand Alain Platel des Ballets C de la B nous a habitués à des oeuvres déroutantes. Il ne fera pas exception avec Tauberbach, présentée mercredi à l'occasion du Carrefour international de théâtre, qui traite de l'instinct de survie d'une femme pas ordinaire.

Sa formation d'orthopédagogue a fait d'Alain Platel un chorégraphe sensible à la psychologie et à la souffrance humaine. Dans sa dernière pièce, Gardenia, au Carrefour en 2011 - on a aussi pu voir à Québec Iets op Bach en 1999 et Allemaal Indiaan en 2001 -, il mettait en scène sept vieux travelos. Le critique du Soleil parlait d'un spectacle exigeant, courageux et émouvant.

Pour Tauberbach, Platel a d'abord été hanté par l'histoire d'Estamira (vedette d'un documentaire de Marcos Prado), une femme schizophrène de Rio de Janeiro qui a choisi de vivre dans un dépotoir. «[Prado] nous montre une femme extraordinaire, un peu philosophe, qui a pris la décision d'y vivre [dans un dépotoir], décrit Platel. Elle avait le choix et ça, je trouve ça remarquable et très touchant. Elle explique que c'est là qu'elle rencontre les vraies gens et qu'elle vit une vraie vie.»

Personnage central, Estamira (incarnée par l'actrice des Pays-Bas Elsie de Brauw) est entourée de cinq danseurs sur une scène remplie de trois tonnes de vieux vêtements. Les interprètes évoluent dans ce chaos sur une trame sonore de musique classique, dont des pièces de Bach chantées par des sourds (Tauber Bach en allemand).

C'est aussi dans la «vraie vie», rarement par auditions, que Platel recrute ceux qui deviendront ses interprètes. Il faut qu'ils sachent bouger certes, mais le chorégraphe accorde une grande importance aux conversations qu'il a avec eux. Son passé d'orthopédagogue n'est jamais bien loin... «Je remarque que je choisis des gens qui ont une certaine timidité dans la vie réelle, ce qui est très en contraste avec ce qu'ils ont envie de montrer sur scène. [...] C'est quelque chose qui m'attire», illustre-t-il.

Car les pièces de Platel sont exigeantes pour les danseurs, qui doivent parfois s'exprimer de façon primale, sans retenue. Platel s'assure de créer un climat de confiance dans le processus de création. «Chacun qui choisit ce métier a envie de se montrer sur scène, croit-il. Ce n'est pas rare de voir des gens qui sont très explosifs et "extravert" sur scène et qui, dans la vie réelle, gardent une certaine timidité.»

«Danse bâtarde»

Le chorégraphe a déjà qualifié son style de «danse bâtarde», une référence au fait qu'il n'a pas de véritable formation en danse et qu'il est devenu metteur en scène de façon autodidacte. Il n'hésite pas à traiter de sujets qui dérangent dans ses créations. Pourtant, choquer n'est pas son leitmotiv. «Très peu d'artistes ont envie de choquer ou de provoquer un public, pense-t-il. Par contre, de montrer des images qui, moi aussi, me déstabilisent ou qui me donnent un sentiment de malaise, oui, j'ai envie de me confronter à ça. Mais je crois que, en général, je suis quelqu'un qui aime faire des choses qui montrent une certaine générosité de la part des interprètes vers le public.»

Liberté du théâtre

Alain Platel revendique l'immense liberté que lui offre le théâtre. Il rappelle que les spectateurs ont toujours le choix de quitter la salle s'ils sont choqués. Même s'il admet que ça le peine. «Quand je vois quelqu'un sortir, j'ai envie de lui dire de patienter à la fin du spectacle et qu'après, on pourra boire quelque chose pour en parler!»

Depuis les débuts de sa compagnie en 1984, il a remarqué une évolution chez le public. «Les gens ont moins peur de certaines images qui étaient choquantes il y a 30 ans. Parce que je crois qu'ils sont bombardés d'images dans la vie réelle qui sont beaucoup plus choquantes. [...] J'ai le sentiment que les gens ont plutôt envie de voir quelque chose qui leur fait chaud au coeur. Quelque chose qui montre la difficulté de chacun de mener sa vie, survivre sa vie, plutôt que de montrer tout ce qui va mal dans le monde.»

Vous voulez y aller?

  • Qui: Les Ballets C de la B
  • Quoi: Tauberbach
  • Quand: le 3 juin, 20h
  • Où: salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre
  • Billets: 45 $
  • Info: 418 529-1996 ou carrefourtheatre.qc.ca

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