CRITIQUE

Hiéroglyphes : fenêtres ouvertes

La comédienne Maryse Lapierre et sa complice, Geneviève... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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La comédienne Maryse Lapierre et sa complice, Geneviève Brassard-Roy, atteinte de paralysie cérébrale, ont offert un récit tout en humour et plein d'une autodérision rafraîchissante.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Carrefour de théâtre

Arts

Carrefour de théâtre

Le 16e Carrefour international de théâtre de Québec se déroule du 21 mai au 7 juin 2015. »

<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Une brise de fraîcheur a soufflé mercredi sur la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre. Pour ponctuer les festivités de son 20e anniversaire, la compagnie de théâtre Entr'actes, qui a pour particularité de faire de la création avec des personnes handicapées, a ouvert de multiples fenêtres sur les imaginaires de neuf de ses participants et d'autant d'auteurs professionnels de Québec.

Ils ont été jumelés à la suite d'ateliers d'écriture donnés par Entr'actes. Des plumes d'ici qui ont accepté d'aider leurs complices à peaufiner leurs textes, tout en s'engageant à en produire un eux-mêmes, dans un échange qui a donné des résultats étonnants et contrastés, ludiques et tendres, sombres et lumineux. 

Le spectacle tenait plutôt du récital théâtralisé, dans une mise en scène somme toute assez dépouillée, accompagnée par la musique d'Érick Dorion (une touche qui amenait beaucoup de relief à l'ensemble). Ces 18 auteurs nous ont ouvert une porte sur leur imaginaire, offert un bout décrypté de leurs émotions, leurs fantaisies, leurs vies. 

Certains, comme Cédrick F. Verner et Roselyne Chevrette, se sont aventurés du côté plus émotif, adressant une lettre touchante à un proche décédé; Jean Désy et Dale Perron se sont échangé des textes tout simples et tendres sur leurs familles; Érika Soucy et Julien Fiset-Fradet ont apporté un côté plus trash, plus théâtral, avec deux versions très réussies d'une même rencontre, entre un gars et une fille dans un bar punk louche; Geneviève Duclos et Geneviève Morin ont offert une poésie érotico-geek joyeusement décalée; Steve Gagnon et Mathieu Bérubé-Lemay (qui affichait un bel aplomb) ont livré une trilogie policière sombre et glauque; Jean-François Plante a fait rigoler et réfléchir avec son conte dans la peau d'un ours mal léché.  

Au début du spectacle et au retour de l'entracte, la comédienne Maryse Lapierre et sa complice, Geneviève Brassard-Roy, atteinte de paralysie cérébrale, ont certainement illustré toute la richesse possible d'un tel partage. La première a raconté les pérégrinations (réelles ou fictives, on ne le saura pas!) d'une handicapée qui se retrouve à aider, bien malgré elle, une fille défoncée après un show de Grand Corps Malade au Festival d'été. Un récit tout en humour et plein d'une autodérision rafraîchissante. Au retour de l'entracte, épaulée par des collègues, Geneviève Brassard-Roy a offert un texte d'une poésie touchante sur sa réalité, l'un des très beaux moments du spectacle. 

Heure de tombée oblige, j'ai dû partir avant la fin et j'ai certainement manqué de bons moments. Mais Hiéroglyphes, c'était ça : une expérience éphémère et éclectique, une fenêtre ouverte sur la différence, oui, mais surtout sur la richesse d'un métissage social comme on en voit très peu. 

Le spectacle Hiéroglyphes était présenté un soir seulement, mercredi, au Grand Théâtre, à l'occasion du Carrefour international de théâtre.

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