Attentat: le coeur au poing

Depuis sa présentation au festival HoMa à Montréal... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

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Depuis sa présentation au festival HoMa à Montréal en 2013, le spectacle Attentat a pris du chien et a trouvé sa ligne directrice.

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Le 16e Carrefour international de théâtre de Québec se déroule du 21 mai au 7 juin 2015. »

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(Québec) Il y a de ces spectacles, pleins de mots et de fureur, qui redonnent ses crocs à la poésie et un peu de sens au monde. Attentat, du théâtre [mo], est de cette étoffe-là.

On n'en sort pas gonflé à bloc, mais déchargé. Pas transformé, mais habité par une minuscule étincelle et par l'envie de relire Miron, Aquin, Giguère, surtout de se brancher sur toute cette nouvelle génération de voix qui émergent et qui fouettent les certitudes molles, les consensus lâches et les formules édulcorées.

On y entend, on y lit et on y chante du Catherine Lalonde, du Geneviève Desrosiers, du Marjolaine Beauchamp, du Catherine Dorion comme si la poésie était une arme blanche, «le coeur au poing comme un faucon aveugle», comme le disait si bien Anne Hébert. 

Et on ne sent toutefois pas, ou si peu, le collage. Tout s'intègre et se répond, lié par cette nordicité fulgurante qui rend les Québécois plus forts qu'ils le croient. 

On se trouve devant un bel échantillon d'activistes à la voix qui porte. Véronique Côté, qui signe la mise en scène avec sa soeur Gabrielle, livre un Appel au festin galvanisant, pour répondre à la question vide d'un vox pop télé. Steve Gagnon déverse un percutant segment «In Your Face» avec Fuck You, une attaque en règle contre les politiciens fourbes et les comateux chroniques de cette ère où on se tait trop souvent, où on évite le débat, où on déverse des inepties quotidiennes. Certaines charges sont épormyables.

Beauté et simplicité

Pendant que les mots se déversent, jamais criards, parfois tendres, souvent mordants, les images empreintes de simplicité et de beauté prennent forme sur scène. On crache de l'eau au visage de la poésie, on chuchote des conseils aux oreilles d'un enfant à naître, on lance de la terre aux porteurs de vers mièvres, on dit des mots dans la bouche de l'autre comme pour l'embrasser. Il neige, et les sacs de papier brun s'empilent pour former des congères qui crissent sous les pas. 

À plusieurs moments, la voix de Mykalle Bielinski s'élève, comme un chant de guerre et d'amour, entre les rythmes électriques et hypnotisants qui coulent sur la pièce comme des orages d'été. 

Le spectacle, vu au festival HoMa à Montréal en 2013, a pris du chien et a trouvé sa ligne directrice. On y retrouve quelque chose des romans de Réjean Ducharme et de Speak White, de Michèle Lalonde, ancré dans un pays de bourrasques à saveur de Vigneault et de Félix. Le tout, ici, maintenant, avec l'ombre du printemps érable, porté par un souffle bien plus large.

Attentat est à nouveau présenté ce soir à 19h et demain à 15h, à la Caserne Dalhousie, à l'occasion du Carrefour international de théâtre.

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