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Où tu vas quand tu dors en marchant...?: réinventer les lieux

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Le parcours Où tu vas quand tu dors en marchant...? nous a habitués à des rêveries en pleine ville, dans des endroits inusités. Cette année, en s'installant entre les murs du Vieux-Québec, déjà porteurs d'une charge historique, les artisans ont plus que jamais réinventé les lieux avec leurs machinations surprenantes et ludiques. Les remparts et la vieille pierre donnent un surplus de charme étonnant aux cinq tableaux disséminés dans les environs du Parc-de-l'Artillerie.

Les Palais... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 1.0

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Les Palais

Le Soleil, Yan Doublet

Le ciné-parc de Doyon-Rivest, établi en plein champ de parade, en est peut-être le meilleur exemple. Incongru à souhait dans ce lieu un peu austère, il prend possession de l'espace. Une trentaine de voitures alignées devant l'écran géant s'animent au gré des images, dans un dialogue à la fois poétique et sculptural, et invitent à la contemplation. 

Voisines sont les Machineries de Pierre Robitaille nous poussent en souricière dans un recoin du parc, où une marionnette géante dirige un monde industriel à la Metropolis. L'endroit semblait un peu vaste au passage du Soleil. Les danseurs, doublés de marionnettes grandeur nature, volaient la vedette, fantomatiques automates; on en aurait très bien vu beaucoup plus se promener parmi la foule et créer un véritable effet d'envahissement. 

En haut et en bas des remparts, la proposition d'Alexandre Fecteau et celle du théâtre Rude Ingénierie et de l'Orchestre d'Hommes-Orchestres se répondaient dans un écho surprenant. En haut, dans Fêter quoi?, Fecteau nous invitait à une bombance un peu décousue mêlant DJ survoltés, karaoké bon marché et parade de dragon chinois, avec en contrepoint un moment de recueillement avec des lanternes flottantes, dans la fascinante Fabrique d'obus. 

En bas, la fête était plus triste, alors qu'une multitude de petits cagibis évoquant ici une cuisine, là un salon, abritaient chacun un musicien jouant de sa partition, sur un air mélancolique toujours renouvelé. Or, sur les murs de l'Îlot des Palais, ils se retrouvaient projetés, ensemble à nouveau, leurs univers juxtaposés formant enfin un orchestre de solitudes. Un univers déglingué, rapiécé, à la saveur douce-amère.

Finalement, on vous suggère de garder pour la fin le plaisir de Désordre, le tableau des Écornifleuses dans la cour de l'ancienne école Saint-Louis-de-Gonzague. Une zone de folie ludique, sur fond d'odeur de feu de camp, où tout est permis, d'une plongée dans une piscine de nouilles à la contemplation pure. Le vrai art perdu de ne rien faire, comme l'a dit si bien un certain Dany Laferrière... On voudrait s'y attarder encore et encore.

«Où tu vas quand tu dors en marchant...?» est présenté de nouveau les jeudis, vendredis et samedis, en continu, de 21h à 23h, jusqu'au 6 juin.

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