Misplaced Childhood, album de la dernière chance

Fish, premier chanteur de Marillion, en 1986, pendant... (Archives Le Soleil)

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Fish, premier chanteur de Marillion, en 1986, pendant la tournée de promotion de Misplaced Childhood, album qui s'est vendu à plus de 2 millions de copies.

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(Québec) Au lendemain de son deuxième album, Fugazi, en 1984, Marillion voyait son avenir s'obscurcir au point où les membres du groupe croyaient que leur troisième enregistrement serait leur dernier. Le sort allait en décider autrement, comme nous l'a relaté le guitariste Steve Rothery, à l'occasion de la parution d'un coffret célébrant Misplaced Childhood.

En 1985, Marillion a connu une ascension telle que la formation allait survivre au départ de son premier chanteur, Fish, et établir un lien solide avec ses fans, qui perdure encore aujourd'hui. 

Maintenant qu'une portion de son catalogue est passé chez Warner, avec la vente de la multinationale EMI, les musiciens se préparent à lancer l'ensemble de leurs albums dans des éditions deluxe. Misplaced Childhood ouvre le bal, avec un coffret de quatre disques et d'un Blu-Ray. Outre l'enregistrement original, remasterisé, on trouve un enregistrement live inédit de l'époque, à Utrecht, des maquettes, des titres laissés de côté, ainsi qu'un mixage 5.1, ficelé par le respecté Steven Wilson. Un documentaire, les vidéoclips de l'époque, ainsi qu'un livret complètent cette édition qu'on dit limitée. Un coffret vinyle est aussi disponible. 

Discutons de ce retour à l'enfance de Marillion avec Steve Rothery.

Q La période de l'album et de la tournée Misplaced Childhood, en 1985 et 1986, constitue l'âge d'or des années où Fish était chanteur de Marillion. Comment aviez-vous vécu ça de l'intérieur?

R C'était un peu étourdissant : on a tourné sans arrêt durant un an et demi après le succès Misplaced Childhood, ce qui a mis beaucoup de pression sur la stabilité du groupe. Ç'aurait été préférable de ne pas être aussi ambitieux. Je crois que c'était l'idée de notre gérant de nous programmer plusieurs fois autour du monde sans qu'il n'y ait véritablement de pause, mais c'est une des raisons pour lesquelles le groupe existe toujours : on a atteint un niveau de visibilité remarquable. C'est encore notre album qui a le plus vendu avec 2 millions de copies. Si vous parlez à qui que ce soit de Marillion, ils vous parleront de la chanson Kayleigh, à moins qu'ils ne soient pas fans de ce type de musique. 

Q C'était particulier d'avoir atteint un tel succès à une époque où le prog rock, ou néo prog, que vous pratiquiez n'était pas à la mode. Vous avez été surpris que ça marche si bien?

R On avait toujours une tradition avec Marillion, où on lançait un simple, qui apparaissait dans le haut du palmarès la première semaine, puis qui disparaissait la semaine suivante. Kayleigh a tourné passablement dans les radios, ce qui nous a permis de rester dans le palmarès et de nous retrouver dans des émissions télé influentes en Angleterre. Une fois que vous atteignez un certain niveau, une fois que les chansons habitent les gens, ils achètent l'album. Et il semble que notre album est devenu un de ces enregistrements que les gens devaient posséder.

Q Sentiez-vous dès le départ que vous aviez là une oeuvre particulière? 

R Pas vraiment. Après Fugazi, on était en dettes envers EMI. On craignait qu'on n'ait plus la chance de faire beaucoup plus d'albums et on a décidé de faire ce qu'on voulait faire : écrire et enregistrer un album-concept, et c'est ce qu'on a fait. C'était certainement la décision la moins commerciale qu'on pouvait prendre à l'époque. En fait, c'était un suicide commercial, mais on a été chanceux qu'une portion de la face 1 devienne un succès avec Kayleigh, car ça n'avait jamais été écrit pour être un hit single. C'était écrit pour aller avec l'histoire. Et même jusqu'à la fin, EMI n'était pas sûr de le faire paraître. Ils auraient préféré Lady Nina. On les a convaincus de faire une double «face A» et de laisser les gens décider du côté qu'ils voudraient faire tourner.

Misplaced Childhood est le premier album de Marillion... - image 2.0

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Misplaced Childhood est le premier album de Marillion a être lancé en édition deluxe. Brave et Clutching at Straws paraitront dans le même format dans un avenir rapproché.

Q Avec cette nouvelle édition, on trouve notamment un live à Utrecht, de 1985. C'est intéressant de voir à quel point vous êtes fidèles à l'original, vous faites sonnez ça aussi grandiose sur scène qu'en studio...

Misplaced a été enregistré presque entièrement live; il y a peu d'ajouts sur l'enregistrement, donc on peut reproduire ça aisément sur scène. En ce sens, ça se distingue beaucoup de ce que l'on fait aujourd'hui, où on ajoute les sons comme autant de couches. C'est un retour à une période beaucoup plus simple, avec de bons sons, de bonnes performance et à cause de ça, tout a un meilleur espace dans la photo finale. Ça crée une énergie différente en ayant plus de simplicité dans les arrangements.

Q Il y avait déjà eu un live officiel de Misplaced Childhood sur l'album The Thieving Magpie (La Gazza Ladra). Comment les comparez-vous? 

R Je crois que l'atmosphère dans le groupe n'était déjà plus tout à fait la même, quoique c'était encore un bon band, avec une bonne chimie. Les choses étaient devenues difficiles. On le voit sur le Live at Loreley de 1987 : l'unité dans le groupe était plus fragmentée. Durant la tournée de Misplaced, il y avait toujours une unité, un sens du devoir jusqu'à ce qu'on devienne désillusionnés par les rouages de l'industrie et le coût du succès.

Q Parallèlement à ce retour dans le passé, vous avez tourné avec votre récent album Fuck Everyone And Run (FEAR), qui est aussi un album-concept. Comment comparez-vous les deux expériences?

R Ce sont deux albums très différents, mais l'accueil des fans et des médias pour FEAR a été incroyable. La tournée a bien marché, on a vendu le Royal Albert Hall en quelques minutes et on va se retrouver au Japon pour la première fois depuis Brave (1994), alors les choses sont très positives pour le groupe en ce moment. On sent comme une renaissance, c'est une période spéciale.

Q Quel sera le prochain album de votre catalogue à être réédité en grande?

R Je crois que le prochain sera Brave, puis Clutching at Straws.




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