Sur les planètes de Richard Barbieri

«Je crois que [Planets + Persona] est ce... (Courtoisie)

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«Je crois que [Planets + Persona] est ce que j'ai fait de meilleur, dit Richard Barbieri. J'approche les 60 ans, alors je suis très heureux qu'à cette période de ma vie, je puisse faire de la musique qui continue de s'améliorer. C'est un bon sentiment.»

Courtoisie

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(Québec) Pendant que le hiatus de Porcupine Tree se prolonge, Richard Barbieri enrichit sa discographie d'un nouveau projet de haut calibre. Avec Planets + Persona, le claviériste qu'on a aussi connu au sein de Japan, signe un album abritant sept voyages sonores, où musique électronique, jazz et ambient fusionnent de manière remarquable.

Quand il a commencé à plancher sur son troisième enregistrement solo, il était clair pour Barbieri qu'il travaillerait à l'ancienne. Non seulement voulait-il qu'à ses programmations et à son jeu de clavier s'intègre de l'instrumentation traditionnelle, mais il voulait interagir avec ses collaborateurs, qu'ils soient Anglais comme le bassiste Percy Jones, Italien, comme le trompettiste Luca Calabrese ou encore Suédois, comme la saxophoniste et chanteuse Lisen Rylander Löve.

«Je voulais que l'on soit en studio avec les musiciens, pas qu'on s'envoie des fichiers [musicaux] par courriel, explique le musicien, depuis son domicile londonien. Je voulais une sélection plus vaste d'instruments et que l'expérience en studio soit autant agréable et intéressante que la musique elle-même. Je sentais que l'heure était venue pour ça. Je crois que ç'a donné à cet album un son plus vaste que mes précédents.»

Financement original

Barbieri a ainsi enregistré en Angleterre, pour ensuite se déplacer à l'étranger, s'assurant que les studios où il s'arrêterait capteraient les performances avec une excellente qualité sonore, question de rendre les pièces dans toutes leurs subtilités. Pareille aventure implique un budget non négligeable et, en 2017, réunir les fonds pour un album instrumental, à teneur exploratoire, n'est pas évident. Barbieri a trouvé une manière originale de fonctionner : il a procédé à des encans de sa collection d'objets personnels.

«J'avais tellement de pièces de collection, de costumes, de vieux instruments, de vieilles photos, tous ces trucs intéressants que les fans adorent, alors pourquoi ne pas les vendre? Je n'ai pas d'enfants, je n'ai personne à qui laisser ça. J'ai une femme, mais je n'ai pas d'autre famille, alors je préfère remettre ça à des gens qui vont chérir ça et ça donne à ces items une plus longue vie. Pendant un an, on a fait une enchère chaque mois et ç'a généré suffisamment d'argent pour me permettre de faire l'album que j'avais en tête.»

Histoires musicales

Nul doute que l'investissement en temps et en argent a apporté des dividendes sur Planets + Persona. Barbieri joue adroitement sur les contrastes, articulant tantôt ses créations autour de boucles rythmiques audacieuses, comme sur Solar Sea, tantôt autour de mélodies aériennes, à témoin New Found Land, qu'il avait écrite à l'origine pour Porcupine Tree. Il marie d'autre part l'instrumentation électronique à l'acoustique, allant jusqu'à intégrer la kora africaine. Une constante : chaque pièce relate, à sa manière, une histoire. Pour Barbieri, qui a également publié des albums avec Steve Hogarth (Marillion) et Tim Bowness (No-Man) par le passé, il allait de soit que le mode narratif ne serait pas le même qu'avec un chanteur, or il comptait prendre le temps de développer ses idées et de bien les transmettre.

«Toutes les pistes ont une sorte d'histoire, mais vous ne pouvez pas parler, alors vous essayez de le faire avec des sons et des atmosphères, explique-t-il. Chaque pièce raconte une histoire, une scène, une image ou un état d'âme. Je crois que celle qui raconte le plus une histoire est Night of The Hunter [inspirée du mythique film du même nom]. C'est une véritable histoire et j'ai essayé de la rendre le plus justement possible, avec des sons.»

La magie analogique

Derrière les synthétiseurs, Barbieri continue de se faire sorcier sonore en n'utilisant qu'un équipement analogique, qui date parfois du milieu des années 70. C'est de cette manière qu'il travaille en studio, de même que sur scène, où il compte partager dans différentes formules - solo, duo et peut-être même formation complète - le matériel de Planets + Persona.

«Ç'a un lien avec la dimension physique, car vous contrôlez ces instruments avec vos mains et vous écoutez avec vos oreilles, alors qu'avec des logiciels, vous regardez un écran d'ordinateur et vous déplacez la souris, explique-t-il. Vous regardez donc des chiffres, des pourcentages; tout devient mathématique et vous cessez d'écouter avec vos oreilles, ce sont vos yeux qui deviennent plus importants. Avec le vieux matériel, c'est tellement agréable d'interagir physiquement. Et ces trucs ont été si bien bâtis, il n'y a pas de programme informatique qui peut capter exactement les mêmes éléments.»

Porcupine Tree: le jour où Steven Wilson le souhaitera

Richard Barbieri garde contact avec ses anciens complices de Japan, surtout Steve Jansen, avec lequel il a récemment enregistré, comme il est aussi parfois en lien avec ceux de Porcupine Tree, en particulier le leader Steven Wilson, qui lui a d'ailleurs confié avoir vraiment aimé Planets + Persona. Si le contact est bon et si Wilson a récemment renoué avec un autre projet dont il s'était éloigné, Blackfield, on est toutefois loin de parler de réunion. «Ça arrivera si Steven veut que ça arrive, c'est la seule manière que ça se produira, estime Barbieri. Ça n'arrivera pas si les gens lui disent de le faire. Si ça arrive, c'est lui qui contactera tout le monde. Gavin [Harrison, le batteur] a joint différents groupes, on est tous occupés. Et plus le temps passe, plus les chances s'étiolent, mais c'est la manière dont les choses se passent...» Le claviériste ne cache pas être déçu que Porcupine Tree se soit arrêté sur The Incident, qui est à ses yeux inférieur aux autres albums du groupe...




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