La deuxième floraison de Milky Chance

L'album Sadnecessary de Milky Chance a conquis des... (Archives La Presse)

Agrandir

L'album Sadnecessary de Milky Chance a conquis des milliers de fans à travers la planète. Clemens Rehbein (photo) et Philipp Dausch sont de retour avec Blossom, un bouquet de chansons dansantes et accrocheuses, qui puisent à de nombreuses influences.

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Ils sont nés à Cassel, une petite ville allemande, en novembre 1992 à quelques jours d'intervalle, ont traversé leur secondaire en jouant dans un groupe de jazz, et quelques extraits déposés sur YouTube les ont presque fait passer de leur chambre d'ado à toutes les scènes du monde du jour au lendemain.

Lors de leur passage au Festival d'été de Québec l'an dernier, la moitié de la ville semblait s'être donné rendez-vous au Parc de la francophonie, qui débordait littéralement de toutes parts. 

Après leur premier album Sadnecessary, qui a conquis des milliers de fans d'un peu partout à travers la planète, Clemens Rehbein et Philipp Dausch de Milky Chance récidivent avec Blossom, un bouquet de chansons dansantes et accrocheuses, qui puisent à de nombreuses influences.

Nous nous sommes entretenu avec Rehbein, qui s'occupe toujours du volet organique (guitare, voix, textes), alors que Dausch gère principalement les platines et les machines. Le duo a toutefois mené ses explorations plus loin, intégrant de plus en plus de vrais instruments et produisant leurs propres échantillons sonores pour livrer leur deuxième floraison juste à temps pour le printemps.

Q Après la vague de succès de votre premier album, ressentiez-vous une certaine pression au moment de vous remettre au travail pour le second? 

R On essayait de ne pas trop y penser, mais c'est certainement une situation différente que pour le premier album. Il y avait des attentes, des fans qui attendaient du nouveau matériel, ce genre de choses. Je pense que nous avons fait du bon travail. Nous sommes simplement entrés en studio et essayant de faire de bonnes chansons. Nous n'avons pas beaucoup de pouvoir sur le reste, alors il faut se concentrer sur la musique.

Q Qu'est-ce qui a changé, entre vos deux albums, dans votre manière de faire de la musique?

R Nous avons davantage travaillé avec de vrais instruments. Nous voulions créer notre propre son, en créant nos propres échantillons de base, des claquements de doigts, des claquements de mains, le son de nos pas dans la rue; on a essayé beaucoup de choses, c'était comme un gros terrain de jeu. Philippe et moi avons commencé à travailler sur l'album l'an dernier, en février, seulement tous les deux. Nous avons fait un démo, puis nous sommes allés dans un plus gros studio, près de chez nous, à la campagne.

Q Vous avez alors travaillé avec le réalisateur Tobias Kuhn, qui a fait beaucoup de musique de film. Qu'a-t-il amené à l'album?

R Il s'organisait pour que tout fonctionne. Il y a eu des moments où nous imaginions un certain son avec la batterie, par exemple, et il trouvait la manière de nous y amener. C'était une expérience très plaisante. On a eu beaucoup de plaisir avec lui en studio.

Q Vous écrivez les textes des chansons. Avez-vous l'impression d'avoir acquis de la maturité dans votre écriture, d'avoir abordé de nouveaux sujets?

R Peut-être... (éclat de rire) Je veux dire, évidemment, il y a une évolution, mais ce sont de petites différences. J'ai fait la plupart des chansons plus facilement. Nous avons vécu beaucoup de choses ces trois dernières années et ma vision de la vie a changé. Ces nouvelles expériences se reflètent dans mes textes.

Q On accroche d'abord à la mélodie, aux sonorités et à la musicalité de vos compositions. Les textes sont très ouverts. Que racontez-vous?

R C'est du matériel très personnel, c'est presque thérapeutique d'une certaine manière. L'écriture est ma manière naturelle d'exprimer mes émotions et mes pensées. Je suis heureux que les gens puissent s'y reconnaître, que ça crée une connexion entre nous. C'est un espace ouvert où chacun peut interpréter le sens de mes chansons à sa manière.

Q Vous amalgamez beaucoup de styles et d'influences différents (pop, reggae, flamenco, folk, house). D'où vous vient cette envie?

R Ça vient du fait que nous aimons la musique en général. Nous ne nous confinons pas dans un style. Nous ne pensons pas en termes de genre. Nous écoutons vraiment de tout! C'est très inspirant qu'il y ait autant d'artistes talentueux partout dans le monde. Ce serait vraiment ennuyant d'écouter toujours les deux ou trois mêmes en boucle. Le monde de la musique est grand et vaste et nous voulons allez partout, suivre les découvertes.

Q Avez-vous des influences allemandes?

R Disons qu'il y a certains artistes allemands que nous aimons vraiment et que nous admirons, mais je ne sais pas si on peut dire que c'est de la musique allemande simplement parce que les créateurs sont Allemands. En fait, je ne sais pas si on peut dire qu'il y a vraiment un son allemand à part la musique traditionnelle. Nous sommes à une époque de centralisation, tout se mélange.

Q Les médias allemands vous demandent-ils parfois pourquoi vous chantez en anglais plutôt qu'en allemand?

R Parfois, mais pas très souvent, parce que beaucoup d'artistes d'ici chantent en anglais. C'est la langue la plus répandue dans le monde, que le plus de gens peuvent comprendre, et c'est très facile à chanter. L'allemand est une langue rude, ce n'est pas facile à manier en chanson.

Q Lors de votre passage au Festival d'été de Québec l'an dernier, le Parc de la francophonie débordait de spectateurs. Étiez-vous surpris de cet accueil?

R Très! Juste avant d'aller sur scène, les gens du Festival nous ont dit que c'était la plus grosse foule des 10 dernières années pour cette scène. C'était énorme, c'était fou. La foule était géniale, c'était une sensation incroyable.

Q La célébrité est arrivée très vite, alors que ça fait seulement quelques années que vous avez lancé votre premier album. Comment composez-vous avec ce succès?

R Nous sommes très reconnaissants, nous savons que c'est un gros privilège. Nous voulons continuer de faire de la musique et profiter du temps que nous passons sur scène. Mais c'est aussi très important de prendre le temps de retourner à la maison, avec les gens que nous aimons. L'enjeu est de conserver l'équilibre entre les deux mondes, pour garder en tête ce qui est important pour nous.

Q Vous n'avez pas créé d'album concept, vous y allez plutôt chanson par chanson, une à la fois. Sur quelle chanson avez-vous d'abord travaillé?

R Nous avons commencé avec Ego. Ce qui est étrange, c'est que c'est la première chanson sur laquelle nous avons commencé à travailler, mais c'est aussi la dernière que nous avons terminée. Parfois, toutes les étapes s'enchaînent très rapidement, par exemple pour Cocoon, ça nous a pris trois jours. Il y a des chansons où il faut plus de temps pour comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Les chansons ont toute leur personnalité.

Q Pour Bad Things, vous chantez en duo avec la chanteuse anglaise Izzy Bizu. Comment s'est établie cette collaboration?

R Nous avons organisé un festival à Cassel il y a deux ans et demi. Philipp suivait son travail depuis la chanson White Tiger. On aimait simplement cette chanson, nous l'avons invitée, nous avons passé du temps ensemble et nous sommes devenus des amis.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer