Le nouveau souffle de Nelly Furtado

Nelly Furtado : «Pour moi, l'écriture de chansons... (La Presse canadienne, Chris Young)

Agrandir

Nelly Furtado : «Pour moi, l'écriture de chansons est un art.»

La Presse canadienne, Chris Young

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Ces dernières années, Nelly Furtado s'est volontairement éclipsée des écrans radar pour se rebrancher sur elle-même. La Canadienne, à qui l'on doit plusieurs succès comme Promiscuous, Maneater ou I'm Like a Bird, refait surface avec un sixième album, The Ride, où elle ne craint ni l'audace, ni l'introspection.

Au bout du fil, c'est une Nelly Furtado d'excellente humeur qui revient sur la genèse de The Ride, ainsi que sur les années qui ont précédé cet enregistrement. Elle ne le cache pas : les lendemains de son album The Spirit Indestructible, lancé en 2012, n'ont pas été évidents, l'album et la tournée qui a suivi n'ayant pas le succès des précédents. Or elle n'est pas peu fière de son petit dernier, qui voit le jour sur son propre label et qui l'amène sur un territoire musical plus aventureux.

Q Avez-vous hésité avant de prendre une longue pause? Il y a tellement de jeunes artistes qui n'attendent que de prendre votre place, en particulier dans le milieu de la musique pop...

R Je ne suis tellement pas professionnelle! Je n'ai jamais vu ça comme un boulot, mais comme un art. Et quand vous faites de l'art, ça peut prendre du temps. Il y a des réalisateurs de films qui ne feront que deux longs métrages dans toute leur vie... Alors, je ne pense pas du tout à ces choses-là. Je devrais probablement, mais ce n'est pas le cas. J'écris des chansons depuis que je suis bébé. Pour moi, l'écriture de chansons est un art. Avec une chanson il faut être dans l'instant, capter le conflit, l'émotion, alors me permettre d'être une artiste implique me donner du temps et du temps de création.

Q Qu'avez-vous fait en marge des projecteurs?

R Des activités qui peuvent être vues comme une sorte de renaissance créative. Ça inclut des activités manuelles comme la couture, la poterie. Je voulais écrire une pièce de théâtre, alors je suis retournée sur les bancs d'école à l'université pour étudier la dramaturgie, j'ai travaillé comme disquaire pour un ami, pour vendre des albums. Je me suis permis de m'éclipser pour permettre aux choses d'arriver de manière naturelle. C'était agréable. Redécouvrir ma vitalité, ma spiritualité, tout ce qui est important...

Q Cette pause a donc pris la forme d'un voyage intérieur qui vous a menée éventuellement à l'écriture de cet album?

R L'écriture de cet album a débuté je dirais il y a deux ans et demi ou trois ans. J'ai commencé à écrire de manière fluide, dans mon salon, sur mon piano et ma guitare. J'ai eu une longue association d'affaires qui s'est achevée et j'ai décidé d'être ma propre gérante pour une certaine période, alors c'était comme prendre des morceaux de la machine et en comprendre la mécanique, les pièces. Je pense que le voyage intérieur est ce qu'il y a de plus difficile. On peut donner et donner, mais quand on commence à regarder notre propre personne, pour se donner ce dont on a besoin, à l'intérieur, ça peut être très difficile.

Q Bien que The Ride soit un album de musique pop, il y a de la profondeur dans les textes, des réflexions personnelles, mais sociales aussi...

R C'était quelque chose que je ressentais. La vie m'a botté le derrière! La vie m'a un peu secouée, ce qui est bon. J'ai 38 ans, mais je crois avoir passablement d'expérience pour mon âge. Et il y a quelque chose lorsque vous regardez votre vie honnêtement, ça vous aide à écrire des choses qui sont authentiques... [...] D'une part, j'ai passé à travers différentes épreuves, j'ai eu des moments de dépression, des périodes de changement. J'ai mis fin à cette longue association d'affaires, et je me suis sentie égarée. Donc il y a eu des moments de noirceur, il fallait que je me relève et l'écriture de chansons m'a aidée. Et puis, ce qui est arrivé aussi, c'est que j'ai rencontré John [Congleton, son réalisateur]. Il n'est pas impressionné par les ventes, il n'est pas impressionné par les hits radio, il veut juste vous avoir en tant qu'artiste et il croit que le boulot d'un artiste est d'être honnête. Alors, dans un sens, je sentais qu'il croyait en moi et j'étais prête à creuser davantage pour livrer des chansons qui étaient meilleures.

Q Vous avez rencontré le réalisateur John Congleton par l'entremise d'Annie Clarke (St. Vincent). Racontez-moi comment ça s'est passé...

R J'étais sur la tournée de The Spirit Indestructible en Asie. On jouait au même festival, sur la même scène, à Tokyo, au Japon, et j'ai regardé son concert. J'étais déjà une fan et elle m'a vue. Elle m'a dit qu'elle viendrait me saluer dans ma loge. J'étais un peu nerveuse, car je l'admire à titre de musicienne, comme artiste et comme femme. Elle est venue, on a échangé nos numéros, on est restées en contact, et quand son album suivant est paru, l'éponyme, j'ai vraiment été conquise par la réalisation, alors j'ai demandé à Annie si elle me présenterait à John. Ce qu'elle a fait et qui est vraiment généreux, surtout quand vous avez travaillé avec une personne depuis si longtemps. Alors elle été gracieuse, elle m'a présenté à John, on est allé prendre un verre et on a parlé pendant des heures...

Q Vous avez sans doute fait des sacrifices dans votre vie pour vous retrouver où vous êtes... Lequel vous ne seriez plus prête à faire?

R Je n'ai jamais aimé les longues périodes sur la route, ce n'est pas mon style, j'ai le mal du pays. J'ai voyagé avec ma fille pendant longtemps, on s'est lassées et on est retournées à la maison. Mais pour être honnête, je ne sais pas... Quand j'ai commencé, je voyageais d'une station radio à une autre, je donnais des performances pendant que des travailleurs mangeaient leur pizza dans leur salle à dîner, et je le referais probablement! Mon parcours est humble et je ne vois pas ce métier comme, si vous avez atteint le pinacle, vous devez rester au sommet. Tout peut arriver, vous pouvez finir au bas de la montagne et il peut y avoir une apocalypse demain, alors je jouerais encore à la Pizza Room!




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer