La belle envolée de Charlotte Cardin

Charlotte Cardin met de l'avant son propre univers... (La Presse, Alain Roberge)

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Charlotte Cardin met de l'avant son propre univers musical dans le mini-album Big Boy.

La Presse, Alain Roberge

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(Québec) On pourrait dire que les astres sont bien alignés pour Charlotte Cardin. Après une carrière de mannequin et un passage remarqué à La voix, la jeune chanteuse a décidé de mettre de l'avant son propre univers musical avec le mini-album Big Boy, qui remporte un franc succès. Or plus qu'un simple détour du destin, cette belle envolée est le fruit des efforts soutenus et des idées claires de la Montréalaise.

Les idées claires

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Charlotte Cardin a les idées claires. L'artiste de 22 ans a rapidement su que la carrière de mannequin qu'elle avait amorcée durant son adolescence ne lui convenait pas. Exploiter son passage à La voix? Très peu pour elle, puisqu'elle tenait à achever d'abord ses études. Or quand est venu le temps de développer son propre univers musical, elle s'y est plongée sans demi-mesure - une approche qui lui sourit... 

Le mini-album Big Boy, qui met de l'avant la pop teintée d'électro et de jazz qu'affectionne Cardin, a été bien reçu, tant par le public que la critique. Aussi, depuis le lancement de cet enregistrement, l'été dernier, la Montréalaise rejoint sans mal les amateurs dans toute la province. La preuve? Après un passage remarqué au Festival d'été, elle revient à Québec pour pas un, mais deux concerts à l'Impérial, les 10 mars et 18 mai, qui affichent complet.

Q Aujourd'hui c'est une évidence que tu es auteure-compositrice-interprète, mais au départ, tu as été mannequin. C'est une expérience qui n'était pas pour toi. Qu'est-ce que tu n'aimais pas?

R Je pense que c'est un peu l'inauthenticité de l'industrie. C'était important pour moi de faire quelque chose qui me permettait d'utiliser ma tête, mes connaissances, qui était un défi pour moi. Quand j'ai commencé à travailler en mode, je trouvais ça excitant parce que c'était nouveau. C'est sûr que c'est un monde qui paraît glamour, qui paraît très beau de l'extérieur, mais après avoir fait ça quelques années, j'ai réalisé que ce n'était pas pour moi, simplement parce que j'avais envie d'un défi et j'avais envie de quelque chose qui mettait en valeur mes capacités intellectuelles et je ne trouvais pas du tout que ça me permettait d'utiliser ce côté-là de ma personne, alors j'ai complètement perdu intérêt. Mais j'ai continué un bout de temps, car c'était mon seul revenu et j'étais quand même chanceuse de pouvoir faire ça plutôt que de travailler dans une boutique de vêtements ou dans un café pour avoir de l'argent de poche. Mais ça ne me stimulait pas du tout.

Q Tu as pris du temps aussi, après ton passage à La voix, qui remonte à 2013, pour bien développer ton univers. C'était important d'arriver avec de la crédibilité, que le public ne dise pas simplement «ah, voici l'ancien mannequin, qui a fait La voix»...

R C'est certain, mais sans me poser la question. C'était évident pour moi que les chansons que j'allais présenter allaient être les miennes et mon but n'était pas que les gens ne se disent pas «Ah, c'est juste une belle fille qui est passée à La voix». Mon but c'était juste de faire de la musique que j'aimais et de présenter quelque chose qui me rendait fière. Ç'a naturellement fait cet effet-là parce que je présente quelque chose qui est fidèle à moi-même, qui est authentique. Je présente un projet dans lequel je me respecte complètement.

Q Pour toi, il allait de soi que tu serais auteure-compositrice-interprète, bien qu'on t'a entendue faire de belles interprétations, comme J'ai douze ans, de Diane Dufresne. Pourquoi c'était si important?

R Juste parce que j'ai plus de plaisir à interpréter des textes et des mélodies qui sont les miens. Et parce que je trouve que ça ajoute un côté encore plus personnel au fait de chanter et de partager cet art-là avec un public. J'adore interpréter des textes qui ne sont pas les miens aussi, parce que c'est un défi de s'approprier un texte ou une musique, mais ce qui me stimule le plus, c'est de présenter une pièce à laquelle j'ai participé. Pour l'instant, j'ai écrit 100 % de mes chansons, mais je suis ouverte à la co-écriture et à la collaboration avec d'autres personnes.

Q Tu as failli ne pas faire les auditions de La voix parce que tu avais des devoirs et tu n'as pas pu te présenter à une session de photos de La Presse parce que tu étais en examen. Ça donne l'impression que lorsque tu fais quelque chose, tu veux t'y consacrer de façon entière ou, à tout le moins, tu veux faire les choses dans l'ordre. Est-ce effectivement le cas?

R C'est super vrai. C'est pour ça que, quand j'étais à l'école, avant même que je fasse de la musique, quand je faisais du mannequinat, il n'était pas question que je manque des cours pour faire des shootings, même si ça payait très bien. C'était comme un truc non dit. Pour mes parents, il était hors de question que je manque de l'école, mais c'était comme ça pour moi aussi. Même chose quand j'ai fait La voix : j'avais commencé mon cégep et pour moi, c'était super important de le finir. Même si ç'a été une aventure super intense de faire La voix, quand je suis retournée à l'école, c'était une évidence, c'était important de finir mes trois sessions de cégep. Ce n'était pas une option de ne pas les finir. 

Q En spectacle, tu te produiras dans une formule à trois, avec le bassiste Mathieu Sénéchal et le batteur Benjamin Courcy. J'imagine qu'on pourra entendre plusieurs de tes nouvelles chansons?

R Dans le show qu'on présente en ce moment, il y a beaucoup de chansons qui ne sont pas sorties, car il n'y en a que six qui sont parues, donc ça ferait un show vraiment court, mais on a plein de chansons qui ne sont pas sorties, des compositions originales, on les présente depuis à peu près un an dans le show qu'on présente dans tout le Québec. Là, il y en a des plus nouvelles, donc il va vraiment y avoir beaucoup de chansons pour le public. C'est intéressant quand on va voir un show de connaître des chansons, mais pour nous, c'est intéressant aussi de présenter des chansons que le public n'a jamais entendues, parce qu'on a les réactions les plus honnêtes que l'on pourrait avoir.

Sur la même scène que Sting et Peter Gabriel

Charlotte Cardin a eu droit à un baptême du feu pour son premier passage au Festival d'été, le 7 juillet 2016. La chanteuse et pianiste s'est en effet retrouvée à remplacer Brandi Carlile au pied levé, cette dernière étant forcée d'annuler sa présence en raison de mortalité dans sa famille. Cardin, qui devait jouer sur la petite scène du Coeur du FEQ, a chauffé les planches pour Peter Gabriel et Sting, rien de moins! Et elle s'en est vraiment bien tirée.

«Je n'étais pas terrorisée, mais c'est sûr que j'ai déjà été plus à l'aise, rigole Charlotte. C'était un gros truc, mais ça s'est tellement passé vite qu'on n'a pas eu le temps de le réaliser. Je pense que ç'a été une chance que tout se bouscule comme ça. C'est Brandi Carlile qui était censée ouvrir. Quarante-huit heures avant, on a su que c'était possible qu'on le fasse. Vingt-quatre heures avant, ç'a été confirmé... 

«C'était tellement précipité qu'on s'est dit qu'on jouerait le même show qu'on avait prévu pour la petite scène, car on n'avait pas le temps de refaire un show. On s'est juste dit que peu importe ce qui arrive, les gens vont avoir un niveau d'indulgence plus élevé, surtout que les conditions n'étaient pas top : il faisait 5 degrés Celsius, les micros ont lâché, il pleuvait! Et finalement, on a eu de super bons commentaires.

«Mais le mot d'ordre était on s'amuse et on en profite, c'est une once in a lifetime opportunity! Go, on fonce et peu importe ce qui arrive, on va être super fiers de l'avoir fait. Ç'a été un super beau show et une super soirée, après on a célébré, on était vraiment fiers de nous!»

Un album pour l'automne

Voilà un petit moment déjà que Charlotte Cardin planche sur son premier album. L'objectif est de le lancer à l'automne 2017. Entre-temps, elle continue de bosser sur le projet en compagnie de son gérant Jason Brando, qui est aussi son réalisateur. À quoi s'attendre? À un successeur logique de Big Boy, où l'on retrouvera peut-être une ou deux pièces du mini-album, mais, si c'est le cas, dans une nouvelle mouture, soit réenregistrées ou remixées. Charlotte précise : «Ça garde la même ligne directrice que le EP, donc des arrangements simples, assez dénudés, qui [mettent l'accent] sur la voix plutôt que plein d'autres éléments. Il y a des sons électro et une influence assez jazz, mais ça reste quand même assez pop en général. Mais sur l'album, il y aura des chansons à la guitare, chose qu'il n'y avait pas sur le EP, donc il y a des chansons qui sont un peu plus folk, un peu plus acoustiques.»




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