Metallica: «On n'est pas parfait»

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Le chanteur et guitariste de Metallica, James Hetfield, s'est produit avec son groupe, mardi, à l'Opera House de Toronto.

La Presse canadienne, Mark Blinch

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(Québec) Quand il nous accueille dans sa chambre d'hôtel, Kirk Hammett est tout sourire. Le guitariste de Metallica a plus d'une raison de se réjouir. Non seulement la veille, lui et ses comparses ont enflammé l'Opera House, à Toronto, mais Hardwired... To Self-Destruct, qui vient de paraître, est le sixième enregistrement du groupe à trôner au sommet du palmarès Billboard.

Le concert dans la salle de Queen Street, comme les quelques performances que Metallica a pu faire ces derniers temps, a été une occasion de tester le nouveau matériel. Des compositions attendues, il va sans dire : huit années se sont écoulées entre Death Magnetic et Hardwired... To Self-Destruct. Ce n'est pas pour se faire pardonner cette longue attente, par contre, que Hammett, James Hetfield (voix, guitares), Lars Ulrich (batterie) et Robert Trujillo (basse) ont décidé de lancer un album double. Les 12 chansons se sont retrouvées là parce que la bande voulait qu'elles y soient et croyait à leur potentiel. La réaction du public aux pièces proposées en spectacle tend à lui donner raison...

«Je peux seulement juger de comment une chanson a bien fonctionné à partir de la manière dont on l'a jouée, mais je sais que [mardi soir], on les a jouées super bien et que l'accueil a été fantastique, observe Kirk Hammett. C'est toujours agréable de jouer et qu'il n'y ait pas des gens [en train de vous faire le doigt d'honneur] - parce que ça nous est arrivé par le passé! On n'est pas un groupe parfait, qui a toujours rendu les fans heureux. On a déjà écoeuré bien des gens!»

Résoudre les casse-têtes

Réussir à contenter les fans des débuts et ceux qui se sont ajoutés en cours de route, rester fidèle à ses sonorités d'hier tout en essayant autre chose... Voilà qui semble être un joli casse-tête créatif. Hammett admet volontiers que c'est le cas. Or il apprécie ce genre de défi et il est invariablement comblé lorsqu'il trouve des solutions à ces énigmes musicales...

«Le passé est en nous, affirme-t-il. Des albums comme Kill 'Em All, Ride the Lightning, les cinq ou six premiers font partie de nous et n'importe quand, on peut retourner à ces personnes que nous étions, qui ont rêvé ces albums; reprendre ces sentiments, ces influences et ces inspirations. Et c'est exactement ce que nous avons fait avec cet album : nous avons regardé ce que nous avions déjà fait pour puiser de l'inspiration dans le passé, avec l'idée de créer quelque chose de nouveau et d'unique. J'ai même fait ça jusqu'à un certain point avec mon jeu de guitariste soliste : sur Kill 'Em All, je m'étais pointé et je n'avais rien de préparé. J'ai pris le matériel qui existait et j'ai créé le reste dans l'instant. J'ai fait exactement la même chose pour cet album.»

Kirk Hammett a tout misé sur son jeu de... (La Presse canadienne, Mark Blinch) - image 2.0

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Kirk Hammett a tout misé sur son jeu de soliste.

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Quand on lui parle du téléphone intelligent qu'il a perdu à Copenhague, en 2014, le visage de Kirk Hammett s'assombrit et son langage corporel se transforme au point où l'on sent de la détresse et de l'impuissance. Le guitariste avait répertorié quelque 250 idées musicales sur son appareil et ne les avait pas sauvegardées ailleurs. Cela explique pourquoi Hammett n'a participé qu'à l'écriture de deux titres, dont l'un se retrouve sur la version deluxe uniquement.

«J'ai perdu mon téléphone, avec tous mes riffs et comme résultat, je n'avais à peu près rien à apporter pour contribuer à cet album, à ce cycle créatif, confie-t-il. Ça m'attriste, parce que je veux toujours collaborer avec le groupe. Je veux donner, je veux m'assurer d'être un membre actif et de remplir mon rôle. Et j'estime que mon rôle est d'arriver avec des riffs de guitare, des progressions d'accords, des idées de chansons et c'est quelque chose que j'ai toujours fait jusqu'à cet album. J'avais perdu toutes mes idées et soudainement, je me suis retrouvé dans une situation dans laquelle je n'avais jamais été auparavant. Dans de telles circonstances, vous n'avez pas des tonnes de choses à faire : vous devez accepter la situation et passer à autre chose.»

Continuer de progresser

Pour compenser, Hammett dit avoir tout misé sur son jeu de soliste. Il s'est assuré que son doigté soit à son meilleur, d'arriver en studio sans aucune idée préconçue et d'être invariablement ouvert pour capter l'inspiration du moment. Il faut dire que si on l'entend surtout dans un cadre métal, Hammett a des intérêts qui ratissent large, du jazz à la world jusqu'au classique. D'autre part, il a toujours eu un souci de se perfectionner, à commencer par ces années, durant la période de Ride The Lightning, où il sautait sur son vélo - il n'avait pas d'automobile à l'époque - et parcourait 40 kilomètres pour obtenir des leçons de Joe Satriani, dans un magasin de musique...

Il continue aujourd'hui de tenir une liste des chansons qu'il veut jouer et des techniques qu'il veut développer. Bref, il s'efforce de poursuivre son cheminement à titre de musicien et le prochain chapitre de cette évolution passera certainement par la tournée de Hardwired... To Self-Destruct

«[Ces jours-ci], on se réchauffe. C'est ce qu'il y a de bien en faisant paraître un nouvel album : on peut jouer du nouveau matériel pour les fans. Ils adorent quand on joue de nouvelles pièces, parce qu'on a été en tournée pendant près de six ans, alors il n'y avait plus tellement de compositions neuves qu'on pouvait faire... Jusqu'à maintenant!»

Concert intime: Québec sur la courte liste

C'est à l'Opera House de Toronto, une salle... (La Presse canadienne, Mark Blinch) - image 4.0

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C'est à l'Opera House de Toronto, une salle d'une capacité de 950 personnes, que se sont produits les rockeurs de Metallica mardi.

La Presse canadienne, Mark Blinch

Mardi, les quatre musiciens de Metallica s'offraient un rare concert intime dans la Ville reine. Le guitariste Kirk Hammett aime tellement jouer en salles, qu'il compte bien rééditer l'expérience et, s'il n'en tient qu'à lui, ce pourrait être à Québec.

«Québec le mérite. Les plus gros shows que nous avons donnés sur le continent nord-américain, c'était à Québec. Sérieusement. On adore Québec et on sait que Québec nous adore. Je vais mettre Québec sur la courte liste des villes qui méritent un concert intimiste, mais vous savez, on aimerait en faire partout. Par contre, il y a un moment où l'on doit se demander si c'est juste pour tous les autres fans qui n'ont pas de billets...» 

À Toronto, c'est à l'Opera House, une salle comparable à l'Impérial, que les rockeurs se sont produits. Dès 18h, ils étaient des centaines de mordus à faire la file sur Queen Street, puis sur Lewis Street. Dans les rangs, certains avaient commencé la fête à l'avance. D'autres se racontaient comment ils avaient réussi à mettre la main sur ces très rares billets - un peu moins de 1000 - que des revendeurs essayaient d'écouler jusqu'à 5818 $ sur le Web. «C'est Metallica comme à ses débuts, dans les années 80, on ne voit plus ça», s'enthousiasmait un fidèle, venu de l'Ohio. 

Aucune distraction, que la performance

Il est vrai qu'il y avait quelque chose de spécial à cette soirée, souligné par l'absence de l'habituelle intro The Ecstasy of Gold. En jouant dans une salle, plutôt que dans un aréna, Metallica ne faisait pas qu'un cadeau à ses fans les plus motivés, le groupe vérifiait ses différents rouages : il n'y avait aucun jeu de lumière élaboré, de fumée ou d'explosifs pour distraire la foule. Seules les qualités de la performance et de la musique étaient sous les projecteurs. 

«Dans des spectacles comme ça, on n'a pas besoin de pyrotechnie, car elle est toute là, sur la scène, commente Kirk Hammett. C'est bien quand nous sommes en toute proximité, car on peut se voir, sentir les vibrations l'un de l'autre, on peut se rencontrer et c'est bon pour la dynamique du groupe. Et c'est super quand on peut voir l'ensemble du public. En jouant dans de plus petites salles, vous sentez que vous communiquez avec tout le monde dans l'édifice.»

Les Américains ont proposé un concert presque identique à celui qu'ils ont donné le 18 novembre au House of Vans de Londres, et qui a été diffusé dans le Web, afin de célébrer la parution de Hardwired... To Self--Destruct. N'allez pas conclure que les gars étaient sur le pilote automatique : il y avait une excellente énergie sur les planches. D'accord, il y a bien eu un faux départ à One - James Hetfield s'était lancé, par erreur, dans le riff de Fade to Black, mais c'était plus drôle qu'autre chose. Du reste, la chimie y était et la machine grondait.

Comme Hardwired... To Self-Destruct vient juste de paraître et qu'il s'agit d'un album double, on s'attendait à avoir davantage de nouveau matériel. Au total, trois nouvelles pièces se sont insérées : Moth Into Flame, où l'on pouvait constater que les fans avaient assimilé les paroles, mais aussi l'énergique Hardwired et Atlas, Rise!

Du reste, l'efficacité des classiques demeure, qu'il s'agisse de l'incendiaire Master of Puppets, de For Whom the Bell Tolls ou de la toujours appréciée Enter Sandman

Au-delà de la proximité, qui a rendu la bande forcément plus humaine et accessible (James Hetfield a néanmoins renoncé à dialoguer avec certains fans, incohérents), il faut mentionner à quel point on a apprécié la sonorité d'une véritable salle de concert... 

Un show bien spécial, donc, d'autant que ce type de performance sera toujours rare dans le parcours de Metallica, popularité oblige.

Un batteur non loin de la guitare

Lars Ulrich... (La Presse canadienne, Mark Blinch) - image 6.0

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Lars Ulrich

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Dans la salle de répétition de Metallica, tous les musiciens font des suggestions sur ce que l'un ou l'autre pourrait apporter aux pièces. C'est ainsi que le batteur Lars Ulrich a développé une complicité particulière avec Kirk Hammett et qu'il va jusqu'à mettre son grain de sel dans les solos de ce dernier. «Il me donne un point de vue objectif sur mes solos de guitare, parce que je suis coupable de penser que tout ce que je fais est soit super bon ou formidable, alors que ce peut parfois être médiocre, raconte Hammett. Je crois que tous les musiciens peuvent vivre ça à un moment donné, car on devient si attaché à une idée qu'on peut perdre la vue d'ensemble et ça prend une autre personne pour vous donner l'heure juste. À la base, ce que Lars fait en m'aidant avec mes solos de guitare, il peut me dire : "Pourquoi tu n'irais pas dans le haut du manche, plutôt que dans le bas?" Et parfois ce sont des trucs auxquels je n'aurais même pas pensé. [...] Il me donne aussi des idées de batteur que j'utilise sur la guitare parce que j'aime jouer de manière percussive.»

Un film d'horreur de Kirk Von Hammett?

Metallica s'est aventuré dans le milieu du cinéma, avec le film Through the Never. Le bassiste Robert Trujillo, lui, a investi le milieu du documentaire, avec son excellent long métrage consacré au défunt Jaco Pastorius. Quand on sait comment Kirk Hammett est passionné par les films d'horreur, on peut se demander comment se fait-il qu'il n'ait pas encore signé son premier long métrage, lui qui a déjà publié un livre consacré à sa collection d'objets et de films du genre. «Je veux absolument faire un film. J'ai des idées de scénarios, je sais avec qui je veux travailler et je suis prêt à le faire. Il n'y a qu'un truc qui me retient : l'argent. Les vidéoclips ne coûtent rien. On en a fait 12 avec Metallica, mais les films coûtent toujours aussi cher, sinon plus que jamais. [...] Un de mes buts est de faire un film d'horreur, sinon deux, trois ou quatre. Et je n'en démords pas : à la première bonne occasion qui se pointera pour en faire un, je serai là!»

Répéter devant le fleurdelisé

Metallica s'est aventuré dans le milieu du cinéma, avec le film Through the Never. Le bassiste Robert Trujillo, lui, a investi le milieu du documentaire, avec son excellent long métrage consacré au défunt Jaco Pastorius. Quand on sait comment Kirk Hammett est passionné par les films d'horreur, on peut se demander comment se fait-il qu'il n'ait pas encore signé son premier long métrage, lui qui a déjà publié un livre consacré à sa collection d'objets et de films du genre. «Je veux absolument faire un film. J'ai des idées de scénarios, je sais avec qui je veux travailler et je suis prêt à le faire. Il n'y a qu'un truc qui me retient : l'argent. Les vidéoclips ne coûtent rien. On en a fait 12 avec Metallica, mais les films coûtent toujours aussi cher, sinon plus que jamais. [...] Un de mes buts est de faire un film d'horreur, sinon deux, trois ou quatre. Et je n'en démords pas : à la première bonne occasion qui se pointera pour en faire un, je serai là!»

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