Metallica: hommes en colère

Trois des quatre membres de Metallica : Robert... (AP, Evan Agostini)

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Trois des quatre membres de Metallica : Robert Trujillo, James Hetfield et Kirk Hammett. «Hardwired... To Self-Destruct, c'est un état des lieux sur la condition humaine, ose Kirk Hammett. On fait parfois des choses, même si on sait qu'elles sont mauvaises pour nous.»

AP, Evan Agostini

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Nicolas Pratviel, Edouard Guihaire
Agence France-Presse
Paris

De nouveau sur le devant de la scène après huit ans d'absence, avec Hardwired... To Self-Destruct qui marque un retour au thrash metal de leurs débuts, Metallica laisse rejaillir toute sa «colère», bien déterminé à poursuivre son règne sur le hard rock.

«Nous sommes quatre hommes en colère», affirme sans ambages Kirk Hammett, le guitariste soliste aux cheveux longs bouclés grisonnants, alors qu'est sorti le 10e album du groupe vendredi.

«La raison pour laquelle j'ai commencé à jouer de la musique, c'était pour exprimer cette colère», explique le Californien de 53 ans qui a rejoint le groupe en 1983, deux ans après sa création. «C'est également le cas pour James [Hetfield, chanteur, guitariste], Lars [Ulrich, batteur], mes amis, mes frères. Des choses nous sont arrivées dans nos vies qui ont provoqué cette colère.»

L'album de 12 titres traduit ce sentiment à fleur de peau. Le premier morceau Hardwired donne le ton. Ce titre ultra rapide, sans concession, aux paroles décadentes («On est vraiment dans la merde [...] Programmés pour s'autodétruire») rappelle l'énergie du tout premier opus officiel de Metallica, Kill'Em All.

«Hardwired... To Self-Destruct, c'est un état des lieux sur la condition humaine, ose Kirk Hammett. On fait parfois des choses, même si on sait qu'elles sont mauvaises pour nous. Parce que nous sommes programmés pour avoir cette part sombre, mauvaise, en nous. Et à l'extrême, il y a des gens qui finissent par s'autodétruire, car ils n'en peuvent plus de leur condition.»

Un album exutoire

Le second titre, Atlas Rise!, rappelle Master of Puppets (1986), un des hymnes historiques du heavy metal, ce genre musical que le groupe a contribué à créer. Sans être aussi épique que son aîné, le morceau de plus de six minutes alterne habilement passages chantés, instrumentaux et les fameux solos de guitare de Hammett, fidèle à sa pédale wah-wah et à son jeu en legato.

«Ma colère s'exprime dans ma façon très agressive de jouer de la guitare, explique-t-il. Si je ne change pas régulièrement mes cordes, je les casse. Il m'est arrivé de me couper à la main. Mais j'ai toujours joué de cette façon parce que ça me permet de me sentir mieux.»

Pour les membres de Metallica, l'exutoire que semble constituer cet album ne les empêche pas de ralentir un peu la cadence sur Halo on Fire dans lequel le chant d'Hetfield se fait plus aérien, plus nuancé. Rien de comparable toutefois à, la ballade à succès du Black Album (1991), le plus vendu du groupe à ce jour (30 millions).

«On voulait créer quelque chose de simple, direct, agressif. Nos chansons sonnent comme certaines des cinq premiers albums. Mais celui-ci n'est pas une copie carbone ou un ersatz. Revenir aux sources de notre inspiration, oui, mais avec l'intention aussi de créer quelque chose de nouveau», dit Kirk Hammett.

Metallica ne cache pas son ambition. «On veut rester les meilleurs, rester des conquérants, assure Hammett. J'aimerais qu'il y ait plus de musiciens comme nous dans le monde!»

Un pari gagné pour Steve Goldby, du site spécialisé Metaltalk.net. «Ca fait un sacré bout de temps que le groupe n'avait pas sorti un album aussi bon, dit le journaliste à l'AFP. Metallica est de retour, de manière carrément brillante avec un paquet de titres épiques.»

Des titres que le quatuor californien défendra sur scène lors d'une tournée prévue pour 2017.

Retour au Bataclan?

Un retour dans la salle de concert parisienne du Bataclan, qui vient de rouvrir un an après la meurtrière attaque djihadiste du 13 novembre 2015 est-il envisageable? En 2003, le groupe avait fait un concert, devenu un album live (Liberté, égalité, fraternité, Metallica!) sorti en avril, en hommage aux victimes.

«J'ai envie d'aller au Bataclan, là maintenant, assure Kirk Hammett pris par une émotion non feinte. Ma détresse a été profonde après ce qu'il s'est passé. Je suis encore très peiné. On a joué dans cette salle, on connaissait des gens. Une personne qui travaillait pour notre maison de disque a été tuée ce soir-là. C'est très difficile d'y repenser et ma colère est immense face à cela.»

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