Simple Plan ou le défi de la durée

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Les gars de Simple Plan ont fait leurs devoirs avec Taking One for the Team, leur cinquième album, qui paraît vendredi.

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(Québec) Les gars de Simple Plan le savent très bien : plus le temps passe, plus ils doivent mettre les bouchées doubles pour conserver leur place dans l'univers de la pop. Ils ont donc fait leurs devoirs avec Taking One for the Team, leur cinquième album, qui paraît vendredi : plus de 80 pièces ont été composées pour que seules les 14 meilleures soient retenues. Même la date de parution a été reportée, jusqu'à ce que le quintette soit satisfait du résultat.

Au bout du fil, le chanteur Pierre Bouvier ne cache pas son excitation. Avec ses complices Chuck Comeau (batterie), David Desrosiers (basse), Jeff Stinco (guitares) et Sébastien Lefebvre (guitares), il est fin prêt à reprendre le collier, cinq ans après la sortie de Get Your Heart On!

Déjà, plusieurs simples ont circulé, présentant le groupe sous différentes facettes, y compris en territoire funk avec I Don't Wanna Go to Bed, doublé d'une version francophone. Si le groupe pop-punk a l'habitude de viser les palmarès, il ne néglige pas pour autant ses albums, avec lesquels il imprime son identité musicale et visuelle. Explications avec Pierre Bouvier.

Q Taking One for the Team est un album assez éclaté, où on trouve du rock, du funk, du reggae, des segments rétro et, bien sûr, la pop-punk propre au groupe. Vous souhaitiez cette diversité?

R La musique pop-punk, vraiment énergique, guitare, basse, drums, que tu peux jouer fort dans ta voiture, si tu as une mauvaise journée, c'est la musique qu'on va toujours aimer et toujours vouloir représenter, mais ça fait 20 ans et plus qu'on fait de la musique, alors, forcément, à titre d'auteur et d'interprète, on aime des choses différentes, des sons différents. On se rend compte qu'à l'âge qu'on a, on est capable de faire des choses différentes. On est des musiciens compétents, ma voix change, nos styles changent, alors on se met au défi pour surprendre les gens et se surprendre nous-mêmes et créer quelque chose d'excitant. Et aussi pour ne pas que l'album soit unidimensionnel et qu'après une fois que tu l'as entendu tu sois prêt à passer au prochain appel. 

Q Quand on regarde les réactions dans YouTube, ce ne sont pas tous les fans qui ont digéré I Don't Wanna Go to Bed. Ça vous a surpris?

R C'est un peu quelque chose qui se passe avec le groupe depuis les débuts. Parce que oui, on est un peu de la scène du Warped Tour, un peu plus alternatif, un peu plus punk, un peu plus rock, mais dès nos débuts, une chanson comme I'm Just a Kid était une chanson pop, à la base. [...] Il y a des sons à la radio qui ne sont plus ceux que Simple Plan a créé au début, alors on s'adapte à ça. Et je trouve ça le fun quand j'écoute la radio et que j'entends des pièces comme Uptown Funk, les nouvelles pièces de Justin Bieber ou Adele. Est-ce que c'est mon identité et je veux devenir ça? Non. Mais est-ce que je peux expérimenter et m'amuser avec ça? Oui, absolument... La réaction que ça crée, c'est difficile à entendre, parce qu'il y a des gens qui se permettent de dire des choses assez intenses dans Internet et il y a des fans qui adorent le band et qui sont extrêmes et prennent ça peut-être un peu trop au sérieux : c'est une chanson.

Q Chuck Comeau a déjà indiqué au Soleil que plus le groupe avance, plus les probabilités d'avoir du succès sont contre vous. Comment avez-vous travaillé pour renverser cette tendance-là? 

R C'est difficile de créer de l'excitation avec quelque chose que les gens connaissent déjà. Tu n'es plus le jeune nouveau qui amène quelque chose que les gens ne connaissent pas encore. Et pour nous, la seule façon de combattre ça, de passer cette difficulté-là, c'est avec les chansons. Il faut qu'elles soient encore meilleures. Et c'est pour ça qu'on prend tellement de temps à faire les chansons. J'aurais aimé ça sortir ce disque-ci en 2014. Pour le timing, ç'aurait été bien mieux. Mais c'est important d'avoir du matériel qui va faire que les fans qui nous connaissent vont dire : «Wow, je suis encore en amour avec ce groupe-là», et des fans qui ne nous connaissent pas vont dire : «C'est qui ces gars-là? C'est donc ben cool, c'est donc ben fresh comme son!» 

Q Parle-moi de la thématique sportive qu'on trouve sur la pochette et, aussi, sur l'album, où on peut entendre un commentateur sportif...

R C'est l'idée à Chuck. Il a beaucoup des concepts en termes de photoshoot, de look, de branding. On aime pousser ça à l'extrême. Il y a bien des groupes qui sont au point où on en est dans notre carrière et qui préféreraient engager un photographe, ils prennent une photo et c'est ça qui est ça et c'est bien correct. Mais Chuck aime pousser les concepts, et je crois que c'est ce qui fait que c'est spécial quand le fan va voir le disque et va l'acheter. C'est d'avoir quelque chose que tu peux ouvrir, que tu peux regarder, qui est divertissant, qui va te faire rire. Ce n'est pas juste une photo des gars. Ce n'est plus si spécial, parce qu'avec Instagram, tu peux en avoir plein de photos...

Q Tu es père de deux filles. Est-ce que ç'a changé la dynamique du band?

R Ça change un petit peu. Quand j'ai eu ma première fille, ma réaction était partagée : je voulais être là pour elle, à sa naissance. Je voulais voir tous ses moments, donc je me disais : «Tu ne peux plus faire de tournée, oublie ça.» Et, de l'autre côté, je me disais : «Au contraire, il faut que j'aie plus de succès, que je travaille encore plus pour lui montrer c'est quoi le travail et pour le gagne-pain, car il faut que je m'occupe d'eux.» Donc ç'a été inspirant, motivant pour travailler plus et, de l'autre côté, ça me rappelle qu'il faut prendre du temps off, on ne fait plus de tournées de cinq, six, sept semaines...

Q Depuis les débuts, vous avez réussi à demeurer la même équipe, sans qu'il y ait de changements. Quel est le secret de la durée?

R Je pense que c'est la communication. On aime tous ça être dans un groupe et on veut que le groupe continue. C'est notre passion, on a une vision, on aime les mêmes choses, mais c'est aussi d'avoir l'unité, la vision plus grande que si aujourd'hui je n'ai pas le goût de te voir, ça ne veut pas dire qu'il faut faire une rupture. [...] S'il y a des problèmes dans le groupe, on s'assoit, on fait des meetings. Et je dirais qu'on s'est rapproché dans les quatre ou cinq dernières années parce qu'on a fait toutes ces sessions de thérapie, si l'on veut : chaque fois qu'il y avait des problèmes, on s'est parlé et on s'est rendu compte que ça valait la peine de faire ça. Aujourd'hui, je crois qu'on est plus proches que jamais.

Simple Plan a non seulement interprété la chanson-thème... (Courtoisie) - image 2.0

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Simple Plan a non seulement interprété la chanson-thème du dessin animé What's New, Scooby-Doo?, mais il a aussi participé à un épisode.

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Le gars qui chante la chanson de Scooby-Doo

Simple Plan a toujours aimé faire des références à la culture populaire. Et même s'y tailler une place, lorsqu'il s'agit de séries télé. Ainsi, pour le vidéoclip I Don't Wanna Go to Bed, les musiciens se retrouvent dans l'univers de Baywatch, non sans une dose d'humour. Même David Hasselhoff y fait une apparition. Par le passé, le groupe s'est aussi retrouvé dans le monde de Scooby-Doo deux fois plutôt qu'une, en chantant une chanson pour le deuxième long métrage avec comédiens consacré à l'équipe d'enquêteurs, mais également en entonnant la chanson-thème de la série de dessins animés What's New, Scooby-Doo? - où ils ont aussi fait partie d'un épisode. 

«Il faut trouver des façons de rejoindre le public et quand on regarde aujourd'hui, il y a tellement de musique, tellement de choses qui bombardent les gens à gauche et à droite qu'il faut trouver des choses qui vont créer une étincelle, de la curiosité», indique Pierre Bouvier.

«C'est drôle parce que c'est le genre de chose qui va permettre de rejoindre des gens qui n'auraient peut-être pas réagi ou n'auraient jamais entendu la pièce autrement. J'habite aux États-Unis maintenant, et mes voisins d'en face ont de jeunes enfants de 9 ou 10 ans. Pour eux, ils me connaissent comme le gars qui chante la chanson de Scooby-Doo. Alors, c'est de cette façon-là, avec des choses qui sont le fun à faire, pour nous, qu'on peut rejoindre des gens et être un peu plus spécial qu'être juste un band qui fait de la musique.»

Simple Plan avec Nelly - I Don't Wanna Go To Bed

Retour au Festival d'été?

Simple Plan a l'habitude des concerts extérieurs au Québec. Le groupe est venu à plusieurs reprises à Festivent et avait donné un spectacle très couru au Festival d'été de Québec, le 11 juillet 2011. Maintenant que les musiciens ont un nouvel album sous le bras, les reverra-t-on sur les plaines d'Abraham? Pierre Bouvier a tendance à acquiescer... «C'est sûr que le Festival d'été a été une de nos plus belles expériences en tant que groupe. On a joué je ne me souviens plus en quelle année, il y avait 150 000 personnes et c'était notre plus grand spectacle à vie. Et la foule à Québec... Je pense qu'on a une belle relation avec le Festival d'été. Je pense qu'on va revenir. De là à dire quand, si c'est cet été ou l'été prochain, je ne sais pas, mais c'est sûr que c'est quelque chose qu'on aimerait répéter.»

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