L'exercice thérapeuthique de Koriass

Koriass, alias Emmanuel Dubois, reconnaît qu'il a exagéré certains... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Koriass, alias Emmanuel Dubois, reconnaît qu'il a exagéré certains constats et certaines émotions dans l'élaboration de son concept d'album. Mais tout part d'un fond de vérité.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le rappeur Koriass n'a jamais été trop du genre à se ménager ni à mâcher ses mots. Dans son nouvel album, il ne fait pas exception à sa règle en choisissant de mordre dans le thème du narcissisme... Et en plaçant son amour-propre sur la sellette.

L'artiste résidant dans Limoilou met d'emblée cartes sur table dans le livret de Love suprême, son quatrième disque arrivant dans les bacs - et sur les planches du Cercle - ce vendredi. «La recherche d'approbation est une plaie dans mon existence et m'empêche souvent d'être productif et honnête dans ma création», confie-t-il dans les remerciements de cet album, qu'il qualifie «d'exercice thérapeutique», de «réévaluation» de ses «intentions réelles en tant qu'artiste» et de «rappel» de sa «mortalité». Rien de moins. 

En entrevue, Koriass (Emmanuel Dubois dans la vie de tous les jours) reconnaît qu'il a exagéré certains constats et certaines émotions dans l'élaboration de son concept d'album. Mais tout part d'un fond de vérité. «Je trouve très difficile de créer sans me soucier de ce que les gens vont en penser. Ça peut devenir castrant», explique le rappeur, qui dit avoir appris à faire la part des choses avec le temps. 

«Au début, j'avais de la misère à dire non, raconte-t-il. J'avais du mal à m'affirmer en tant qu'artiste quand il y avait d'autres gens d'impliqués. Ça pouvait juste être un détail dans un vidéoclip ou dans les arrangements... J'ai fait des trucs qui ne me satisfaisaient pas à 100 % et que j'ai regrettés par la suite.»

Koriass ne nie pas que son processus artistique demeure toujours empreint d'une certaine douleur. «Mais je me suis fait confiance et je me suis botté le cul à un moment donné, avance-t-il. Prendre du recul, faire confiance à l'oreille des autres et prendre ça un peu moins au sérieux, ça aide aussi...»

Arrogance et sensibilité

Pour ses nouvelles pièces, Koriass s'est notamment associé à Philippe Brault (Pierre Lapointe, Salomé Leclerc et Cie) à la réalisation. «Je voulais qu'il y ait un apport organique sur l'album. Je voulais qu'il y ait beaucoup de trucs joués live par un musicien de talent. Moi, je suis plus un gosseux de musique qu'un musicien accompli», décrit celui qui partage le micro avec Sabrina Halde de Groenland sur une pièce ainsi qu'avec Loud et Lary Kidd (de Loud Lary Ajust) sur deux autres, mais séparément. Il s'offre aussi un échantillonnage un peu décalé des Soeurs Boulay sur Blacklights, inspirée de la mort d'une amie.

Vous voulez y aller?

  • Qui: Koriass (Brown en première partie)
  • Quand: le vendredi 5 février à 21h
  • Où: Le Cercle
  • Billets: 25 $
  • Info: le-cercle.ca

Koriass - Zombies

Dans son envie de travailler le sujet du narcissisme, Koriass crée avec Love suprême une progression dramatique en mode hip-hop. Son alter ego Korey Hart lance les hostilités au sommet de l'arrogance avant de se faire remettre à sa place par la voix au ton paternaliste de Gilbert Sicotte. Le comédien ponctue l'album d'intermèdes poussant en bas de son piédestal le personnage du rappeur, qui se prend ici et là pour un dictateur. «Il y a quelque chose de la Corée du Nord et des régimes totalitaires qui me fascine», note Koriass, qui calque au final «en l'assumant complètement» le titre de son album sur celui de l'oeuvre phare de John Coltrane. 

«Ça va avec le concept. Il y a une arrogance à s'approprier le titre d'un album de jazz légendaire pour un disque de rap québécois. C'est comme essayer de penser que je pourrai peut-être un jour accoter ce musicien génial là», précise Koriass, qui changera de ton à mesure que les rimes défilent sur son album. En quête du «hall of fame» au début, il ne recherchera «que du love» à la fin. 

«J'ai toujours été vulnérable dans mes textes, rappelle-t-il. J'ai toujours montré une certaine sensibilité par rapport à d'autres rappeurs qui sont moins à l'aise de le faire. C'est un milieu qui est très orgueilleux, très mâle alpha...»

S'il ne renie pas le côté sensible de sa plume, le père de famille - qui a fait le voyage de la métropole vers la capitale par amour - se réjouit à l'idée de rebrasser la cage sur scène, après l'aventure plus sombre de l'album Rue des Saules.

«Les nouvelles sont vraiment des chansons de show, clame-t-il. Il y a une lourdeur et une rythmique... Je pense que les gens vont embarquer dans le côté physique de la chose.»

Lancement des Francouvertes

Avec le rappeur Koriass et le rockeur Vincent Peake (Groovy Aardvark, Grimskunk) comme ambassadeurs, les Francouvertes célèbrent leur 20e anniversaire cette année. La nouvelle mouture du concours destiné à la relève musicale (qui a notamment couronné Les Soeurs Boulay, Bernard Adamus, Damien Robitaille et Loco Locass au fil des ans) sera lancée lundi avec le dévoilement de la programmation complète. Les premières vitrines seront présentées le 15 février au Lion d'Or, à Montréal. Le gagnant sera choisi le 9 mai, au terme de la finale tenue au Club Soda.

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